Journal du 11 octobre 2002

Les handicapés à la gare
Un parcours semé d'embûches

Etre autonome. C’est tout ce que désire Frédéric Noël. Ce Dieppois qui se déplace en fauteuil roulant se heurte pourtant chaque jour à de nombreuses difficultés, comme lorsqu’il s’agit de prendre le train. La SNCF a fait des efforts d’aménagements en gare de Dieppe mais il existe encore des points noirs…

Prendre le train, quoi de plus facile quand on est debout sur ses deux jambes. Mais quand on se déplace en fauteuil… le parcours du combattant débute. Frédéric Noël en connaît un bout sur la question. Ce Dieppois, correspondant de l’Association des paralysés de France, l’APF et membre du Collectif Dieppois handicapé, voyage régulièrement sur la ligne Dieppe-Paris. Il reconnaît que la SNCF a fait des efforts en gare. « L’accueil des personnes handicapées à Dieppe est très satisfaisant. Il n’y a aucun problème. Si on prévient 24 heures à l’avance à la gare, ils se chargent de contacter les gares de correspondance et celle d’arrivée pour notre prise en charge », explique-t-il. « Nous disposons également d’un fauteuil élévateur et un fauteuil mécanique pour l’accès au train, alors qu’auparavant le personnel devait porter la personne dans son fauteuil », précise Max Vigné, le chef de gare. Des toilettes accessibles ont également été mises en place il y a 7-8 ans.

Malgré tout, il reste de nombreux points noirs pour que l’accès des personnes handicapées s’améliore nettement. Toutes les difficultés débutent dès le parking. Aucune place signalée pour les handicapés sur celui qui se trouve devant la gare, normalement destiné à un stationnement de courte durée (le temps de prendre un billet ou de déposer une personne). Pas de bateau non plus sur le trottoir pour accéder au hall d’accueil. « Ce parking-là n’est plus géré par la SNCF. Mais deux places sont spécialement réservées sur le grand parking sur le côté », note le chef de gare. « Mais elles ne sont pas signalées quand on arrive devant la gare », remarque à son tour Frédéric Noël.

Guichets hors de portée

Une fois garée, la personne en fauteuil se trouve face à un autre obstacle. Pour prendre son billet, guichets et bornes automatiques sont hors de portée. « Les guichets ne sont pas à la hauteur. Il faudrait qu’il y en ait au moins un qui soit abaissé ». Finalement arrivée sur le quai, une demi-heure avant l’heure du train pour pouvoir être prise en charge par les agents SNCF, la personne en fauteuil peut monter dans le train grâce à l’élévateur. « A Dieppe, c’est assez simple. Mais le problème se situe désormais dans les petites gares toutes automatisées comme celle de Longueville, où il n’y a pas de personnel. Les voyageurs en fauteuil sont donc obligés d’aller à Rouen pour prendre le train », note Frédéric Noël. « On ne peut jamais voyager en autonomie complète », déplore-t-il.

Et que dire des voyages réalisés à deux pas des toilettes, faute de place assez large dans les compartiments des vieilles michelines. Les anciens trains ne sont plus adaptés. C’est ce qui a d’ailleurs valu, il y a quelques semaines, à un membre de l’APF et à ses amis de voyager dans le wagon à bagage sur la ligne Paris-Le-Havre, leurs fauteuils ne passant pas les portes des compartiments. « Dans les nouveaux TER, c’est plus pratique, la place personne handicapée est assez vaste », commente le correspondant local d’APF avant de reprendre : « Il y a tout de même des problèmes avec les toilettes. les personnes qui se déplacent en fauteuil électrique ne peuvent y entrer. C’est un de mes regrets. Quand ils font des études par exemple pour les TER, ils devraient faire appel à l’APF. Ce serait plus simple que de voir ce qui ne va pas quand tout est fini ».

V.G.

460 000 euros investis par la SNCF

La SNCF s’efforce depuis plusieurs années de rendre les gares accessibles pour les personnes handicapées. 460 000 euros ont été investis depuis 1997 dans des équipements spécialisés. Ainsi Dieppe, en 2000, en même temps que les gares d’Argentan et d’Alençon, a été équipée d’élévateurs pour fauteuils roulants. Les quais de certaines gares comme celle de Rouen ont été abaissés et des toilettes automatiques accessibles installées.

Par ailleurs une charte de partenariat entre le comité de coordination des associations de handicapés de Haute-Normandie et la SNCF a été signée pour le transport des personnes à mobilité réduite. La direction SNCF de Rouen y a inscrit son engagement dans plusieurs actions pour 2002 pour la modernisation de plusieurs sites.

Un numéro vert national, SNCF accessibilité service, permet également d’obtenir grâce à un serveur vocal, des informations bien utiles pour préparer le voyage: 0800 15 47 53.


Archives 1998   Archives 1999   Archives 2000  Archives 2001  Archives 2002  Recherche   Accueil