Journal du 22 octobre 2002

La Cité de la mer a accueilli la fête de la science
Le littoral passionne les chercheurs

Pour la première fois, la Cité de la mer a accueilli la fête de la science à Dieppe. Pendant trois jours, ateliers, expositions et conférences sur la thématique de la mer ont été proposés au public qui a largement répondu présent. Le millier de visiteurs a été dépassé à la grande satisfaction des organisateurs.

Plus de 80000 visiteurs et près de 600 bénévoles mobilisés. L’an passé au parc des expositions de Rouen, l’Odyssée 21 avait connu le plein succès à l’occasion du dixième anniversaire de la fête de la science. Cette année, la région Haute-Normandie espérait faire autant si ce n’est mieux avec, ce week-end, un nouveau rendez-vous dédié à la science.

Pour cette édition 2002, pas de grand rassemblement, mais cinq villages installés au Havre, Rouen, Caudebec-lès-Elbeuf, Evreux et Dieppe afin de promouvoir et de diffuser la culture scientifique, technique et industrielle sur l’ensemble du territoire haut-normand.

Dragage: les conséquences

A Dieppe, plus d’un millier de visiteurs ont poussé les portes de la Cité de la mer ces vendredi, samedi et dimanche. Pour la première fois, le musée maritime accueillait la manifestation dans ses murs. Une initiative dont s’est félicité le président, Eric Tavernier, qui espérait « que certains profitent de l’occasion pour découvrir les richesses exposées tout au long de l’année à la Cité de la mer ».

Déployés sur trois niveaux, animations, ateliers, expositions et conférences ont été proposés gratuitement au public. Dans le nouvel espace falaises, galets et environnement, les visiteurs ont eu une attention toute particulière pour le projet du Gis (groupement d’intérêt scientifique). Initié à la fin de l’année 2002, il portera sur l’exploitation des granulats marins et ses conséquences. Une étude menée pendant trois années par des chercheurs des universités de Caen, Rouen, Le Havre et Boulogne-sur-Mer. Objectif: « Analyser depuis Dieppe les conséquences du dragage sur les populations marines », confie Louis Daridon, ancien exploitant de granulats marins.

Car si les scientifiques ont aujourd’hui la certitude que les fonds marins se régénèrent malgré le dragage, « ils ne savent pas l’influence que ce dragage a sur les ressources halieutiques », confie Louis Daridon. Comment ces ressources sont-elles perturbées pendant et après l’extraction des granulats marins? Le dragage représente-t-il un danger? Les scientifiques devront répondre à ces questions avant que les pouvoirs publics autorisent ou non l’exploitation massive des granulats marins.

Le bienfait des algues

Chargée d’étude pour le Critt (centre régional des innovations, des transformations et des technologies), Célia Guérin a présenté son travail sur les algues de la Manche. En 1998, 2001 et 2002, le Critt s’est en effet intéressé au suivi des algues et micro-organismes vivant dans les circuits secondaires de refroidissement des centrales thermiques de la Manche. « Ces observations nous ont permis d’établir un profil de paramètres (N.D.L.R.: météo, marée, température de l’eau, etc.) qui pourraient favoriser l’arrivée massive d’algues dans ces circuits », explique la jeune femme.

Autre atelier plus ludique celui-ci, proposé dans les laboratoires de la Cité de la mer: la réalisation d’un flanc à base d’algues. « Une quinzaine d’algues vivent sur nos côtes et la plupart des personnes ne connaissent pas leurs bienfaits », confie Célia Guérin. Elles sont pourtant présentes partout: dans l’alimentation, les produits cosmétiques et l’industrie pharmaceutique. Des informations qui en ont étonné plus d’un.

M. DS.


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