Journal du vendredi 30 août 2002

Festival du cerf-volant
Le programme officiel pour ne rien manquer

Classé parmi les trois plus grands rendez-vous cervolistiques du monde, le festival international de Dieppe qui se tiendra du 7 au 15 septembre prochain aura pour thème et pour fil conducteur «Mythes et légendes“ qui augure un spectacle culturel et artistique haut en couleurs.

Plus de 1500 cerfs-volistes sont ainsi attendus tout au long de cette semaine, dont 32 délégations officielles étrangères (représentant les cinq continents) parmi lesquelles des pays qui jamais encore n’étaient venues. Ce sera le cas de Bali, de la Nouvelle Acadie au canada, tous les deux invités d’honneur, ou encore de la Lituanie ou du Guatemala.

Le thème général à la manifestation va permettre aux cerfs-volistes de l’adapter selon leurs particularismes pour s’exprimer tant du point de vue artistisque que technique. Pour le publicn, ce sera l’occasion d’approfondir ses connaissances des traditions.

Création dieppoise

Pour la première fois, le festival réunira également les plus grands créateurs mondiaux qui mettront en commun leurs singularités, leurs connaissances et leur imagination artistique pour réaliser une œuvre commune. Le public sera invité à suivre l’évolution de cette création à la fois lans l’atelier des créateurs et dans les airs. Une fois terminée, cette œuvre monumentale deviendra l’ambassadrice du festival de Dieppe à travers le monde entier pour faire la promotion du prochain festival.

Parce cette douzième édition du festival est résolumlent tournée vers le public le vaste possible, le programme mis sur pied est extrémement dense. Tous les jours, du 7 au 15 septembre, et de 9h à 19h, les huit hectares des pelouses du front de mer accueilleront quantité d’animations et de prestations.

A ne pas manquer, les très spectaculaires combats géants (tous les jours) et le vol de nuit le samedi 14 septembre à partir de 22 heures.

parce que les enfants c’est le rêve, et parce le cerf-volant c’est magique, le festival a réservé un espace pour les plus jeunes qui pourront toucher de près l’art du vcerf-volant en construisnt leur propre engin avant d’apprendre à le faire voler et à le manier.

Le festival sera enfin un savant mélange de tradition et de modernité avec en particulier des démonstrationbs de cerfs-volants destinés à des prises vue aériennes ou à la réalisation de film vidéo.

La coupe du monde de vitesse permettra enfin de décvouvrir les techniques les plus innovantes. Un radar installé sur place permettra de mesurer instantanément les vitesses atteintes et les renverra vers un panneau lumineux. A voir ! 

P. R

Pour accéder au site du festival

Par le train :
Pendant les deux week-ends du festival (samedi 7 et 14 et dimanche 8 et 15 septembre), le coût du billet Rouen-Dieppe est fixé à 5 euros. Cette opération est mise en place par la Région Haute Normandie et la SNCF.

En voiture :
La circulation et le stationnement restent inchangés en semaine. Cependant ils sont réglementés durant les week-ends : la circulation et le stationnement seront interdits surle boulevard du Maréchal Foch (le long des galets sur le front de mer). Des parkings de délestages se tiendront Quai de Norvège sur le port de commerce avec navettes gratuites jusqu’à l’Office de tourisme de 9h00 à 20h00 les week-ends, et jusqu’à minuit le samedi 14 pour le vol de nuit.

Sur place :
Une fois sur place, les personnes munies d’un titre de transport SNCF pourront également bénéficier d’un tarif préférentiel pour la location de vélos.

Deux heures coûteront 1 euro, la demi journée 2 euros, et la journée 3 euros. Les vélos pourront être loués dès votrr arrivée à la gare, pour vous rendre aisni tranquillement jusqu’au front de mer où les places de stationnement pour les voitures seront rares...

Demandez le programme

Chaque jour, un thème particulier sera mis à l’honneur avec en particulier, le lundi 9, les Arches, les trains et la verticalité, le mardi les cerfs-volants historiques, le mercredi, ce sera la journée des enfants, le jeudi les cerfs-volants miniatures et les géants, le vendredi les cerfs-volants sonores.

Le programme détaillé :

Samedi 7 septembre : 14h, cérémonie d’ouverture, 15h présentation des nouvelles délégations et des délégations à l’honneur, 15h-19h manche de préparation à la coupe du monde de cerf-volant de combat, combat géant en fin de journée, 15h-19h manche finale du championnat de France de free-style, 16h-18h démonstrations de cerf-volant pilotable. Dimanche 8 : 9h-11h et 17h-19h démonstration de cerf-volant de traction, 10h-12h envol de présentation des participants au concours de création, 11h-17h manche finale du championnat de France de free-style, 10h-19h manche finale de préparation de la coupe du monde de cerf-volant de combat, 11h-13h et 16h30-17h30 ballets de cerfs-volants acrobatiques, 14h-16h démonstrations de cerfs-volants pilotables, 10h envol des arches et des trains de cerfs-volants. Lundi 9 : animation sur le thème de la verticalité, Mardi 10 : Cerfs-volants historiques, Mercredi 11 : Journée des enfants, Jeudi 12 : Cerfs-volants géants et miniatures, vendredi 13 : cerfs-volants sonores, samedi 14 : 9h-19h : manche finale de préparation de la coupe du monde de cerfs-volants de combat, concours de photographie aérienne, concours de cerfs-volants miniatures, 9h-19h open de vitesse, 11h-13h envol de cerfs-volants historiques et miniatures, 12h-16h cerfs-volants pilotables, 16h présentation finale de la routine artistique, 14h envol de l’œuvre commune réalisée par les créateurs, 18h envol des Dieppois, 22h vol de nuit. Dimanche 15 : 11h final des enfants, 13h30 envol du «Parchemin du Vent», 14h envol des lauréats du concours de création «Mythes et Légendes», 14h30 demi-finales et finale de la coupe du monde de cerfs-volants de combat, 16h grand combat de Rokkaku, 16h30 grand final. (Programme non exhaustif sous réserve de modifications.)

L’acadie, invité d’honneur

Les “cousins“ de la Nouvelle France ont découvert la passion du cerf-volant grâce à Dieppe. Ils seront l’une des deux délégations (avec Bali) invitées d’honneur du festival. Un honneur et une chance...

Contrairement aux pays Asiatiques où le cerf-volant figure au patrimoine culturel et artistique, le Canada ne l’a découvert que récemment. Mais la rencontre allait prendre des allures de véritable coup de foudre. Et c’est à Dieppe-Canada, en Nouvelle Acadie que l’activité va prendre son envol, sur la terre e la Nouvelle france comme on l’appelait lorsque de valrux marins, quand les plus grands aventuriers ont quitté les ports de Dieppe-France, de Rouen ou de Fécamp pour aller conquérir le Nouveau Monde.

Un art inconnu au Canada

L’influence de Dieppe-France est évidemment pour beaucoup dans la naissance de cette tradition cerf-voliste Canadienne. Ted Gaudet, président du Club de cerf-volant de Nouvelle Acadie souligne d’ailleurs que Dieppe-Canada n’aurait jamais pu créer son propre festival (une fois tous les deux ans en alternance avec lme nôtre) sans le soutien et l’appui de tous les instants de «nos cousins Français... Nous cherchions une niche pour organiser un festival d’été dans notre communauté, et c’est chez vous que nous avons puisé l’idée en découvrant le cerf-volant et sa magie. C’est quelque chose de nouveau au Canada, contrairement aux Etats-Unis, surtout dans les Etats du Sud, dont la Californie, où il existe une tradition plus ancienne.»

Pour Ted Gaudet, être l’un des deux invités d’honneur du festival international de Dieppe, «c’est un véritable honneur, et une chance aussi, car nous comptons bien venir chez vous pour apprendre...»

Et on ne pourra pas les manquer les cerf-volistes Canadiens dans les rues de Dieppe du 7 au 15 septembre, car les douze membres qui composent la délégation — sur les 15 que compte le club en Nouvelle Acadie — porteront tous une «Jaquette jaune vif» visible de très loin. «pour nous, l’objectif est de nous faire connaître et, surtout, de faire connaître notre propre festival pour attirer des cerf-volistes du monde entier lors de notre prochain festival.» L’ambition des Canadiens est de devenir le pendant des Dieppois de France de l’autre côté de l’Atlantique pour que chaque année, Dieppe devienne la capitale mondiale du Cerf-Volant.

Puisqu’ils débutent, les Canadiens n’onbt pas encore, à proprement parler de spécialité, «mais nous nous mettons à la fabrication. Nous cherchons également à faire de nos engins des œuvres d’art en les peignant à notre façon.»

Au delà du festival, la participation des Canadiens sera une nouvelle pierre posée dans la construction d’un vrai jumelage entre Dieppe-France et Dieppe-Canada.

P. R

Les Acadiens, colons d’une terre vendue à l’ennemi

Ces Français oubliés

En parlant de l’Acadie, du Canada et de la Louisiane, de l’embouchure du Saint-Laurent à celle du Mississippi, en regardant sur les vieilles cartes l’étendue des anciennes colonies françaises en Amérique, je me demandais comment le gouvernement de mon pays avait pu laisser périr ces colonies qui seraient aujourd’hui pour nous une source inépuisable de prospérité.» En rédigeant ses Mémoires d’outre-tombe, Chateaubriand pointait du doigt l’une des plus grosses erreurs de stratégie géopolitique de la France.

En des temps où nul ne songeait à mettre un drapeau sur ces terres fertiles, exploitées par les indiens abénakis et micmacs, à une époque où les eaux poissonneuses faisaient seules le bonheur des pêcheurs bretons, basques et normands, l’Acadie était une contrée sans limite, pays de terres et de mers, d’îles, de fleuves et de rivières propices à toutes les aventures. Jusqu’à ce que Jehan Ango armât un brick qui quitta Dieppe en 1509. Le navire ramena, pour la première fois en France, des indiens originaires des terres neuves, avec armes et barques. Cet épisode marqua le début de la conquête de l’Acadie, même si c’est le florentin Verrazano, mandé par François Ier qui explora les actuelles provinces maritimes du Canada.

Anglais et Français semblaient tout autant intéressés par ces terres immenses. Mais à l’inverse des Britanniques qui armèrent leurs navires de mercenaires, flibustiers et aventuriers de toutes sortes, les Français mirent rapidement en place une tentative de colonisation. Lorsqu’Henri IV fut assassiné (en 1610), les Français avaient fondé deux colonies en Amérique du nord : Port-Royal en Acadie et Québec en Nouvelle France et les Anglais simplement Jamestown, en Virginie. C’est alors que les Dieppois furent écartés provisoirement de la conquête de l'Acadie. Farouches calvinistes, nos ancêtres armateurs refusaient d’emmener outre-Atlantique les jésuites chargés de christianiser les «sauvages» de la Nouvelle France. Marie de Médicis fit racheter la part des armateurs dieppois. La cité qui découvrit en partie ces terres fut écartée de sa conquête. En quelques décennies, les marins dieppois furent supplantés par les navigateurs de Saint-Malo et de la Rochelle.

En 1636 arriva en Acadie une nouvelle vague de colons et de jeunes ménages recrutés en Champagne, en Charolais, en Anjou ou en Touraine. Ces nouveaux venus formèrent les racines du peuple acadien. Bâtisseurs et travailleurs acharnés, ils exploitèrent habilement des terres fertiles. Ils vécurent en bonne entente avec les indiens abénakis et micmacs. Au contraire des Anglais qui ne vivaient que par la ruine et dans le larcin. Si les Acadiens furent à jamais fidèles au royaume de France, ces colons ignoraient tout des préoccupations de la métropole qui tour à tour s’intéressa où ignora totalement ces terres lointaines.

Le grand dérangement

La guerre de succession d’Espagne constitua ainsi le début de la fin de l’Acadie. L’expansionnisme monarchique de Louis XIV tournait à l’obsession. Tandis qu’en Europe, les grandes puissances se combattaient sur toutes les terres, la France abandonna ses projets américains. Le harcèlement des Anglais contre les Acadiens finit par payer. En 1710, la petite capitale acadienne de Port-Royal tombait sous le siège britannique, dans un rapport de forces particulièrement inégal. Officiels et militaires durent rentrer. Les civils pouvaient rester sur leurs terres à condition d’allégeance à Sa Majesté britannique. L’arrière pensée des Anglais était claire : déporter les familles acadiennes catholiques et les remplacer par des familles anglaises protestantes. Lorsque la France abandonna l’Acadie à l’Angleterre, en 1713, la population française de ce territoire mal défini était d’environ 2 250 personnes réparties en 500 familles.

Les Acadiens habitaient des terres riches qu’eux et leurs aïeux avaient déchiffré. On leur demandait maintenant de quitter ces terres, d’aller en déchiffrer d’autres, de se soumettre à la couronne britannique. Ils s’engageaient simplement à vivre en paix sur les terres de leurs ancêtres devenus territoires britanniques mais ne pouvaient renier ni leur roi, ni leur nationalité française, ni leur religion, ni leur langue. Embarrassés par ces Acadiens paisibles, les Anglais repoussèrent sans cesse le moment d’en découdre.

En 1755, les Britanniques entamèrent une chasse aux sorcières. Ce fut le Grand Dérangement. Vingt-quatre navires exilèrent cinq mille hommes, femmes et enfants qui ne revirent jamais plus l’Acadie. Grâce au soutien des abénakis ou des micmacs, certains furent épargnés sans pour autant prêter serment. Leurs descendants sont les Acadiens qui vivent sur les actuelles provinces maritimes du Canada. Après de multiples jeux de hasards et de rebondissements incessants, les Acadiens furent en partie déportés en Louisiane, qui fut leur premier centre d’accueil. Quatre-vingts familles environ seront installés à Belle-Ile à partir de 1766.

Contre vents et marées ces Acadiens, dont trop peu de Français connaissent l’existence, ont su préserver leur religion catholique et la langue française, de la Louisiane au Canada.

Alexis Thomassin

Bali et ses danseuses

Pour la première fois à Dieppe, une délégation de quatorze Balinais participera au festival international. Ils présenteront des cerfs-volant traditionnels et animeront également le festival durant toute la semaine au travers de spectacles et de danses traditionnelles. Des danseuses accompagnées d’un orchestre de Gamelans instrument en bambou typique de Bali. Les Balinais présenteront notamment le Kecak, danse mystique nocturne aux tonalités fascinantes. Agrémentée par un chœur d’hommes assis en cercle, une danseuse prend place au milieu et s’inspire des danses à transes. Il y aura aussi le Joged, une danse de flirt très amusante et coquine...

A ne pas manquer.

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