Journal du 24 décembre 2002

A partir de l'été prochain
Déchets : il va falloir trier !

Une poubelle supplémentaire ou des sacs plastiques de couleur pour ceux qui n’ont pas la place : à partir de l’été prochain, il faudra trier ses déchets. Avec des années de retard, Dieppe se met enfin au tri sélectif. Sur les 19 000 tonnes de déchets brûlés chaque année, la Ville espère récupérer verre, papier, ferraille, plastiques, pour recycler environ 10 à 15 % des déchets produits.

Les déchets ménagers des Dieppois sont actuellement brûlés dans l’usine d’incinération Inova, à Rouxmesnil-Bouteilles. En tout, 19 000 tonnes partent chaque année en fumée, soit 540 kilos par habitant, auxquels il faut ajouter 220 kilos qui sont récupérés à la déchetterie.

Résultat : l’usine fume beaucoup - il a d’ailleurs fallu investir pour filtrer les fumées et limiter les rejets toxiques, notamment la dioxine -, et cela coûte cher : 93 euros (610 F) la tonne incinérée payée par la Ville. Un prix qui a d’ailleurs augmenté avec l’installation de la nouvelle cheminée, qui nécessite des traitements en permanence : il était de 58,7 euros la tonne avant 2001. Aujourd’hui, le prix de la tonne incinérée revient pour la Ville à 50 euros par habitant...

« Recycler 10 à 15 % des déchets »

Les conséquences écologiques du tout incinération ne sont pas non plus satisfaisantes. Outre la production de rejets plus ou moins toxiques - selon que l’on est technicien de l’incinération ou écolo - le gaspillage de matières premières est évident : verres, papiers, cartons, plastiques, boîtes métalliques ne produisent que du mâchefer quand ils sont incinérés. Lequel mâchefer finit à Dieppe empilé dans la zone des Graves de Mer. Si elles étaient récupérées, triées, revendues et recyclées, ces matières premières connaîtraient une deuxième vie.

Mais la Ville semble enfin décidée à dire « halte au gaspi ». Dès juillet prochain, le tri sélectif des déchets sera mis en place dans toute la ville. Une poubelle supplémentaire (sur roulettes) sera mise à la disposition des habitants, voire des sacs plastiques de couleur pour ceux qui habitent dans des zones d’habitat concentrés, comme le centre-ville ou les immeubles collectifs.

Une poubelle en plus

Dans cette poubelle supplémentaire (ou ce sac plastique), qui sera ramassée une fois par semaine, les Dieppois seront invités à déposer tous les emballages propres et secs, papiers, cartons, boîtes métalliques et bouteilles en plastique. Ceux-ci seront triés par une entreprise spécialisée. Les autres déchets, dits « putrescibles » ou « sales » seront déposés dans la poubelle traditionnelle, qui sera toujours ramassée deux fois par semaine et et dont le contenu sera incinéré.

Quant au verre, il devra être apporté dans l’un des 70 conteneurs qui seront installés aux quatre coins de la ville (au lieu de 28 actuellement). Enfin, les déchets verts, les encombrants et les déchets spéciaux pourront, comme c’est déjà le cas, être apportés à la déchetterie (une fois par semaine pour les déchets verts, une fois par mois pour les autres).

« Notre objectif est de récupérer et recycler 10 à 15 % des déchets produits par les Dieppois, soit 1 900 à 2 500 tonnes par an » expliquait vendredi Martine Marsault, la directrice du Centre technique municipal, lors d’une journée de sensibilisation organisée à l’intention des élus. De l’usine d’incinération à la déchetterie en passant par le centre de tri et d’enfouissement de Fresnoy-Folny, les élus de Dieppe, mais aussi ceux de la future communauté d’agglomération, ont pu voir ce que devenaient nos ordures. Un parcours qu’il va falloir modifier en changeant les habitudes...

O.B.

L’or de nos poubelles

- 32 000 tonnes incinérées chaque année à l’usine d’incinération, dont 19 000 T pour la seule ville de Dieppe.

- 93 euros (610 F) pour traiter une tonne de déchets (87,6 euros d’incinération et 5,4 euros pour éliminer les mâchefers).

- 1 767 000 euros : coût actuel de l’incinération.

- 327 724 euros : économie réalisée chaque année sur l’incinération si la collecte sélective fonctionne (267 000 euros par la réduction du tonnage, et réduction de 3,76 euros la tonne incinérée par la baisse de la TVA de 19,6 à 5,5 % pour les communes qui trient).

- 1 445 400 euros : coût d’investissement pour la collecte sélective (857 590 euros pour la ville, avec subventions du conseil général, de l’agence pour la défense de l’environnement et la maîtrise de l’énergie et de l’organisme agréé Adelphe).

- 70 conteneurs à verre (un pour 500 habitants) : c’est le nombre qu’il faut pour récolter correctement le verre. Il n’y en a actuellement que 28.


Archives 1998   Archives 1999   Archives 2000  Archives 2001  Archives 2002  Recherche   Accueil