Journal du 18 octobre 2002

Démission d'Edouard Leveau
La crise !

Dans un courrier reçu jeudi par les élus (voir ci-dessous), Edouard Leveau annonce sa démission de son poste de maire. Une réaction à la défaite de sa femme aux cantonales et le résultat d’une crise aiguë au sein de son équipe municipale. Cette annonce est un véritable coup de tonnerre dans le paysage politique local.

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe dans les rangs de la majorité municipale. Jeudi midi, chacun des co-listiers d’Edouard Leveau a reçu un courrier signé de la main du maire, annonçant sa démission et… sa volonté de se représenter. Officiellement, on présente cette décision comme une réorganisation technique au sein de l’équipe municipale. Et pourtant, le mal est évidemment plus profond que cette seule nécessité de recadrer l’action de certains membres de l’équipe. En clair, certains adjoints jugés peu efficaces, ou insuffisamment solidaires, vont passer à la trappe, au profit de conseillers municipaux qui verraient ainsi leurs responsabilités élargies. Pourtant, on sait qu’Edouard Leveau a bel et bien envisagé de tout plaquer, la désillusion subie dimanche dernier après la défaite de sa femme dans la cantonale étant trop difficile à accepter. D’ailleurs, pendant l’entre-deux tours, certains de ceux qui le connaissent bien témoignaient que le maire de Dieppe pourrait bien avoir une telle réaction d’orgueil si Annick venait à être battue. Et comme ce fut le cas… lundi soir, Edouard Leveau annonçait sa décision de tout laisser tomber avant de se rétracter.

Mais la crise qui agite le cœur même du conseil municipal est bien plus profonde et couvait depuis plusieurs semaines déjà. La désignation d’Annick Leveau pour être candidate à la cantonale et la manière même dont l’annonce a été faite dans nos colonnes ne faisant qu’envenimer le climat. La défaite de dimanche dernier face au candidat du Parti communiste dont la nouvelle majorité municipale se plaisait à dire qu’il était définitivement mort à Dieppe, aura été la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Lundi soir, la crise contenue depuis de longues semaines s’est transformée en crise ouverte. Edouard Leveau s’en serait ainsi vertement pris à ses adjoints, les accusant d’être la cause de la défaite de sa femme à la cantonale. Sa réplique à ce résultat inattendu pour lui a été cinglante puisque le maire aurait alors indiqué qu’il avait décidé de démissionner et que ses adjoints avaient intérêt à accepter sa décision. Patrick Hoornaert, adjoint au maire chargé du personnel municipal et de la sécurité, qui figure certainement dans l’oeil du cyclone après avoir été candidat au premier tour sous l’étiquette UDF, a alors pris l’initiative de réunir plusieurs adjoints pour discuter sereinement de la situation. « J’ai réuni onze adjoints et ensemble, nous avons produit une motion pour demander au maire de rester, mais aussi de recadrer l’action de plusieurs membres du personnel — et non des moindres puisqu’il s’agirait du directeur de cabinet et du directeur général des services —. Nous avons invité le maire à discuter de ce texte. Un rendez-vous a même été pris pour jeudi soir 19 h après de multiples appels auprès de ses attachés parlementaires. Et voilà que jeudi dans la matinée, j’apprends que l’ensemble des conseillers municipaux et des adjoints vont recevoir un courrier du maire. »

Ce courrier que nous publions ci-contre précise que le maire a envoyé une lettre officielle au Préfet, lui annonçant sa décision de démissionner de son siège de maire. Mais Edouard Leveau ne démissionne pas pour autant de son siège de conseiller municipal ce qui sous-entend qu’il souhaitera finalement rester maire et donc se faire réélire par son conseil. Son ambition se limiterait donc à faire le ménage parmi ceux de ses adjoints qu’il ne considère pas comme assez loyaux. Compte tenu de son appartenance à l’UDF, Patrick Hoornaert est évidemment dans le collimateur, au même titre que certains autres qui ne seraient plus dans les petits papiers du maire depuis plusieurs mois déjà. C’est le cas de Frédérique Loos, l’adjointe à la culture « mise au placard » et privée de ses prérogatives. D’autres encore seraient concernés à plus ou moins grande échelle, Françoise Billiez pour ne citer qu’un seul cas. Et pourtant, la maire-déléguée de Neuville, bien qu’elle n’en pense pas moins, a toujours su garder sa langue.

La question qui se pose aujourd’hui est bien celle de l’avenir du conseil municipal et par voie de conséquence l’avenir de la Ville. Plusieurs hypothèses sont envisageables, la première étant qu’Edouard Leveau gagne son pari en s’assurant à nouveau la majorité au sein de son groupe. Auquel cas, il se débarrasse des « gêneurs » et poursuit son mandat. La seconde, il est désavoué par une majorité de son équipe et c’est un nouveau maire qui est élu. On en connaît qui ne diraient pas non… Troisième hypothèse, un quart du conseil municipal, opposition comprise, démissionne et alors, c’est l’ensemble du conseil qui saute. La décision appartiendrait alors aux Dieppois qui devraient retourner aux urnes.

Les prochains jours, avec notamment le prochain conseil municipal qui devrait aborder la question du nouveau maire, vaudront sans aucun doute le déplacement.

P. R. avec E.B. et V. G.

Christian Cuvilliez :

« C’est l’esprit de clan qui l’emporte »

A l’annonce de la nouvelle, Christian Cuvilliez, conseiller municipal de l’opposition, analyse le sujet. « Cela confirme ce que je pensais, c’est l’esprit de clan qui l’emporte sur l’intérêt général. Rien n’a jamais été possible pour travailler avec la majorité. Nous avons des leaders sectaires et passéïstes qui veulent mener une politique de notables.

Si cette annonce se confirme, je ne demanderai pas la démission du maire mais celle de l’ensemble de la majorité. Il ne faut pas que cela se limite au simple microcosme du clan ».

Visiblement, l’ancien député-maire de Dieppe va profiter de cette brèche pour tenter de reposer des jalons. Avec ceux qui ont déjà été posés dimanche dernier par Sébastien Jumel, il semble qu’une nouvelle ouverture se profile pour la gauche… 

Jean Beaufils :

« Les Dieppois n’ont plus confiance »

Jean Beaufils, conseiller municipal de l’opposition et ancien député, considère que le permier magistrat dieppois est en train de tirer les leçons du second tour de la cantonale partielle.

« Edouard Leveau tire les conséquences de deux grands événements. Le premier est celui de la politique qu’il a menée avec son équipe. Une politique où les grands dossiers sont au point mort et où la ville s’endort.

Le second événement, c’est la condamnation de la méthode utilisée pour désigner sa propre femme à sa succession. Une méthode qui, il faut bien le dire, est assez détestable.

Les Dieppois n’ont plus confiance et même au sein de sa propre équipe, on sent qu’il y a aussi une perte de confiance ».

Daniel Lefèvre :

«Il fallait faire ça avant»

Daniel Lefèvre, conseiller général du canton de Dieppe-est, n’a pas paru très étonné à l’annonce de cette nouvelle qui secoue l’échiquier politique dieppois. «Ça ne me surprend pas trop. Il doit tirer les conséquences de l’élection de dimanche. En même temps, ça peut se comprendre, Edouard Leveau est un homme fatigué qui a voulu tenir et tenir encore.

C’est dommage, on a perdu Dieppe-Ouest. Edouard aurait sans doute dû prendre cette décision avant. Je le lui avais conseillé et je l’avais conseillé aux instances départementales. Si ça avait été fait avant, nous n’en serions sans doute pas arrivés là», explique-t-il.

Visiblement, la décision était dans l’air depuis le revers essuyé dimanche par son épouse. Et au sein même de la majorité départementale, la démission du maire de Dieppe semblait pressentie.

Les raisons d’une défaite

Enquête à l’UMP

La crise couvait avant les élections et le résultat de dimanche dernier a évidemment fait resurgir la tension. D’ailleurs, dès lundi soir, le bureau municipal réuni autour du maire de Dieppe a tourné vinaigre au point d’amener Edouard Leveau à annoncer sa démission avant de se rétracter en partie (lire en page 6 et 7). Pour autant, lundi et mardi, alors que le conseil général était réuni en session plénière, les commentaires allaient bon train dans les rangs de la majorité de Charles Revet qui avec la défaite d’Annick Leveau a perdu un siège.

Un siège qui risque de peser lourd dans la balance en 2004 lorsque l’assemblée départementale subira un nouveau renouvellement qui devrait lui être moins profitable que celui qui fut opéré en 2001. Bref, la majorité actuelle pourrait bien tomber. D’où des commentaires acerbes quant au résultat dieppois qui fragilise ainsi Charles Revet par effet de ricochet. Sur le plan local aussi les langues se délient depuis dimanche, certains membres de l’ex RPR et de l’UMP se risquant à critiquer ouvertement le choix de la candidate investie officiellement.

En cause également le choix même d’Eouard Leveau d’abandonner son siège au Département, un choix qui conduisait à l’organisation de nouvelles élections avec le risque - confirmé depuis dimanche - de les perdre.

« Si Edouard Leveau avait abandonné son fauteuil de maire, il n’y avait pas de nouvelles élections au sein même du conseil municipal… » commente ainsi un membre UMP du Conseil général. « Edouard Leveau a fait le mauvais choix et s’est ensuite trompé en imposant la candidature de son épouse » poursuit l’élu qui ne souhaite pas que son nom apparaisse compte tenu de l’ambiance trop tendue à son goût.

Des propos que Bruno Devaux, secrétaire départemental du RPR, veut pourtant tempérer. « Le choix de la candidate était un choix collectif, sa défaite est donc une défaite collective. Il faut arrêter de tirer sur l’ambulance. Annick Leveau était une candidate de valeur, bien introduite dans le milieu dieppois. De surcroît, elle a été désignée à l’échelon local et aussi par les instances départementales. Elle a enfin reçu le soutien de la majorité départementale de Charles Revet. Si les gens n’étaient pas d’accord sur le choix d’Annick Leveau, il aurait fallu le dire avant. Il ne faut pas sauter du bateau au premier coup de vent. Maintenant, il ne sert à rien de polémiquer. » insiste le patron de l’ex-RPR dans le Département. « En revanche, cette défaite doit amener Edouard Leveau à en tirer les conséquences. »

P. R. et Ch. Q.

André Gautier, secrétaire général du groupe
"Unis pour la Normandie"

« J'avais pourtant prévenu… »

Depuis dimanche dernier et l'élection de Sébastien Jumel au poste de conseiller général sur Dieppe-Ouest, André Gautier ne décolère pas. A 37 ans, ce Dieppois qui est l'actuel secrétaire général du groupe « Unis pour la Normandie » au conseil régional travaille aux côtés de Jean-Paul Gauzès. Candidat à la candidature voici quelques semaines, il avait anticipé face au comité de circonscription du RPR, ce qui s'est produit dimanche dans les urnes.

André Gautier note en préambule qu' « il nous fallait un candidat pour représenter le renouveau et nous avons préféré opter pour la stratégie de l'épouse. C'est une idée de faire de la politique qui a vécu. Pour preuve ce qui vient de se passer sur les cantons de Tôtes et de Dieppe-Ouest. Lorsque je me suis présenté face au comité de circonscription du RPR voici quelques semaines, j'ai été le seul à exprimer mes interrogations les yeux dans les yeux, face à Edouard et Annick Leveau ».

Le secrétaire du groupe « Unis pour la Normandie » est engagé depuis 1981 et il a bataillé face au PC, aux côtés de Jean-Louis Bourlanges puis d'Edouard Leveau : « Je pressentais un vote sanction pour le cas où Mme Leveau serait candidate. C'était prendre un risque énorme. Je savais que les Dieppois allaient rejeter cette candidature. Dimanche dernier, ils n'ont pas voté pour Sébastien Jumel mais contre Annick Leveau. C’est le vote sanction que je redoutais. J'avais pourtant prévenu mais je n'ai pas été entendu ».

Pas de doute pour André Gautier, « ce fut une erreur de casting. On a rayé d'un trait de plume des années de travail et de militantisme. Edouard Leveau a mis le PC à genoux et il l'a remis en selle quelques mois plus tard. A droite, Edouard Leveau est seul à exister politiquement sur la circonscription. Malheureusement, il sort affaibli de cette élection parce que c'est son épouse qui a perdu. Mais il ne doit pas être le seul à porter le poids de cette erreur de choix politique : son entourage et Charles Revet ont aussi une grosse part de responsabilité ».

Et André Gautier de conclure : « Edouard Leveau doit tirer les conclusions de cet échec et préparer l'avenir en ouvrant son champ de vision. Ce sera indispensable pour remporter les municipales de 2007. De mon côté, je suis toujours prêt à m'engager à ses côtés avec d'autres jeunes ».

Franck Wilkinson,
attaché parlementaire d'Edouard Leveau

« Pas de procès d'intention »

Jeune attaché parlementaire d'Edouard Leveau à son bureau parisien de l'Assemblée Nationale, Franck Wilkinson refuse de mettre la défaite des cantonales sur le compte du choix du candidat. Pour lui, les explications à ce revers sont ailleurs et il s'en explique.

« Il ne faut pas faire un procès d'intention quant à la candidature d'Annick Leveau sur cette élection cantonale de Dieppe-Ouest, note en préambule Franck Wilkinson. Annick Leveau a été choisie par le comité de circonscription du RPR et les Dieppois se sont prononcés dimanche dernier. Il faut prendre acte de leur choix. Maintenant, comme après chaque défaite, il faut se regarder dans un miroir ».

Depuis son bureau parisien, Franck Wilkinson retient trois points pour expliquer ce revers de la droite locale : « D'abord, je constate que les Dieppois ont considéré que Sébastien Jumel était le meilleur candidat puisque c'est lui qui s'est imposé. Ensuite, je pense que nous n'avons pas récolté les fruits de 18 mois de gestion municipale. Les Dieppois ne se sont pas aperçus du travail accompli, sans doute parce que nous avons péché dans la communication ».

« Enfin, et c'est ma troisième explication à notre défaite, le canton de Dieppe-Ouest était détenu depuis 1989 par Edouard Leveau. A ce titre, de nombreux électeurs de droite ont jugé bon de ne pas se rendre aux urnes, considérant que le canton était gagné d'avance. Je ne peux pas croire que le PC ait recueilli 53 % des suffrages sur ses idées. Il a obtenu ce résultat par défaut de participation dans nos rangs ».

Jean Bazin, attaché parlementaire d'Edouard Leveau

« Une défaite profondément injuste »

Militant au défunt RPR - devenu UMP - depuis 1988 et la réélection de François Mitterrand à la tête du pays, Jean Bazin (29 ans) est « carté » depuis une dizaine d'années.

Attaché parlementaire d'Edouard Leveau sur Dieppe, Jean Bazin tente de comprendre la défaite d'Annick Leveau aux élections cantonales. Il juge ce revers « profondément injuste au regard du bilan d'Edouard Leveau comme conseiller général et de la campagne de terrain menée par Mme Leveau ».

Jean Bazin ne s'en cache pas, il est « surpris par la défaite des cantonales et plus encore par son ampleur. Quand je vois le nombre de personnes
qu’ Edouard Leveau a pu recevoir et aider avec le conseil général, il y a une forme d'injustice. Depuis 1989, son bilan de conseiller général était remarquable. N'oublions pas tout le travail qui a été fait, notamment sur le dossier du transmanche ».

Pour Jean Bazin, « cette défaite tient notamment au fait qu'il s'agissait d'une élection partielle, laquelle se déroulait 18 mois après les municipales. Nous avons trouvé une situation difficile à gérer sur la ville de Dieppe. Les habitants s'impatientent mais nous ne pouvons pas tout faire en même temps. Antoine Rufenacht a connu la même chose au Havre. Elu maire en 1995, il a trouvé un vaste chantier. La liste qu'il conduisit aux élections régionales trois ans plus tard fut largement battue sur Le Havre. Mais cela n'a pas empêché M. Rufenacht de mener à bien ses projets et d'être facilement réélu lors des dernières municipales. Il a fallu du temps pour que les Havrais se rendent compte du travail accompli ».

Candidat à la candidature face au comité de circonscription du RPR, Jean Bazin avait recueilli 10 voix (contre 23 à Annick Leveau, 2 à Laurent Martin et 2 à André Gautier) : « Je m'étais présenté face aux militants pour montrer ma disponibilité au service de Dieppe, explique-t-il. Annick Leveau fut choisie démocratiquement et sa candidature était légitime. Tout comme celle de Patrick Hoornaert qui était aussi légitime pour l'UDF. Nous n'avons aucun regret à avoir sur la candidature d'Annick Leveau. ». Et Jean Bazin de conclure : « Je reste persuadé que cette défaite n'hypothèque en rien les municipales de 2007. J'ai confiance en Edouard Leveau pour répondre aux attentes des Dieppois et réenclencher la machine… »

Laurent Martin, adjoint au tourisme

« Il fallait lancer un jeune »

Adjoint au tourisme à la ville de Dieppe, Laurent Martin (36 ans) ne pratique pas la langue de bois. Militant du défunt RPR depuis l'âge de 11 ans et « carté » depuis dix ans, l'ancien président dieppois de l'UNI avait fait acte de candidature pour cette élection cantonale. S'il s'est rangé derrière Annick Leveau après le choix du comité de circonscription du RPR, il se déclare aujourd'hui amer…

« Je savais que la désignation d’Annick Leveau ne constituait pas le bon choix, tranche d'emblée l'adjoint au tourisme. Pour autant, jamais je ne pouvais penser que nous aurions perdu cette élection. Je me suis rallié à la volonté de l'équipe locale et j'ai fait mon devoir de militant. J'espère maintenant que tout le monde va se mettre au travail pour analyser cette défaite. Chacun doit prendre ses responsabilités. Face à la désaffection qu'ont les Français pour la politique, il fallait profiter de cette élection pour lancer un jeune. Le PC a su le faire mais pas nous. C'est dommage et anormal ».

Abasourdi par le score réalisé par Sébastien Jumel dimanche soir, Laurent Martin note que « Mme Leveau n'a pas réussi à rassembler au-delà des clivages politiques comme Édouard Leveau sait le faire. Cela s'est vérifié dans les bureaux de gauche où le PC enregistre un surdosage de ses voix. Avec un candidat plus jeune de rassemblement, nous aurions peut-être fait aussi bien dans les bureaux de droite et un peu mieux dans les bureaux de gauche. Malgré tout, je ne sais pas si cela aurait été suffisant… »

Laurent Martin note encore que « nous aurions pu choisir un candidat faisant partie de la majorité municipale afin qu'il mette en avant le travail réalisé depuis 18 mois sur Dieppe. C'était une façon de communiquer sur ce qui a été fait et sur ce qu'il reste à faire ».

Fermement décidé à repartir au combat, Laurent Martin souhaite que « nous envoyions des signes forts à la population dieppoise. Cette défaite constitue peut-être un mal pour un bien mais il y aura des erreurs à ne pas reproduire si nous voulons conserver la mairie en 2007 ».

 

La lettre

 

Dieppe, le 16 octobre 2002

Edouard Leveau
Maire de Dieppe
Député de la Seine-Maritime

A

Monsieur et Madame les Adjoints
Et Conseillers municipaux

Cher(e) Collègue,

Je viens de rédiger un courrier à Monsieur le Préfet pour lui demander de bien vouloir accepter ma démission de mon poste de Maire de Dieppe et je tenais à vous en faire part.

En effet, depuis plusieurs mois, j'ai constaté une véritable opposition interne à la politique de changement au sein de la mairie de Dieppe.

Conscient des responsabilités qui m'ont été confiées en mars 2001, je souhaite pouvoir compter sur une équipe nouvelle, profondément remaniée, et instaurer un mode de fonctionnement impliquant d'avantage l'ensemble des conseillers de la Majorité.

Je tiens également à vous préciser que je renouvelle ma totale confiance aux membres du cabinet, au Directeur Général des Services, ainsi qu'au Directeur de la Communication qui travaillent dans le sens que nous avons défini.

Je pense que nous allons devoir affronter quelques turbulences que nous franchirons ensemble avec le seul souci de l'intérêt de Dieppe et des Dieppois.

Veuillez agréer, Cher(e) Collègue, l'expression de ma considération distinguée.

Edouard Leveau


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