| Bien décidée à défendre maisons
d'habitation et qualité de vie, l'association nouvellement créée reste vigilante avec
le soutien des élus. Une décision sera prise prochainement. Une
nouvelle réunion de l'association d'opposition au projet d'aménagement sur place (ASP)
de la RN 27 a mobilisé les riverains de Sauqueville, du Bas de Tourville-sur-Arques et
les élus.
Tous ont ainsi affirmé leur opposition au projet qui viserait, entre autres, à
supprimer purement et simplement une douzaine de maisons d'habitation.
Le président, Daniel Macquet, a rappelé les différentes actions menées par
de l'association depuis sa constitution, le 10 octobre dernier: courriers au conseil
régional, conseil général, aux maires des communes concernées et aux associations de
défense de l'environnement. Il a rappelé encore les multiples nuisances et impacts qu'un
tel projet aurait sur l'environnement.
« Notre conseil municipal s'est réuni et s'est opposé avec une grande
fermeté au projet », a déclaré Denis Beaucamp, maire adjoint, rappelant encore que le
maire Annie Pimont a invité le député-maire de Dieppe, Edouard Leveau, à venir sur le
site.
Engager rapidement la
procédure
des travaux
« Le jour de mon installation au conseil général, je suis
intervenu pour dire mon opposition. J'ai rencontré également le Dr Delcourt,
vice-président du conseil général pour l'arrondissement et sollicité l'organisation
d'une table ronde pour engager la procédure de travaux pour la variante "A",
afin de ne pas perdre les crédits inscrits au contrat de plan », explique pour sa part
Sébastien Jumel, conseiller général de Dieppe-Ouest.
L'ancien député-maire de Dieppe, Christian Cuvilliez, pour sa part, s'est dit
choqué d'apprendre le revirement d'Edouard Leveau.
« En 1999, la décision avait été unanime. L'idée du tracé sur place avait
bien été évoquée mais abandonnée. L'unanimité s'était faite pour la variante
"A". On ne cassait aucune habitation et une indemnité avait été étudiée
pour les agriculteurs. Nous avions aussi obtenu que l'enquête publique commence cette
année, alors on ne comprend pas pourquoi tout a été remis en cause. Si le problème
n'est pas réglé dans le cadre du contrat de plan qui se termine dans trois ans, nous
perdons les crédits de l'Etat et de la Région. Il faudra alors se battre à nouveau pour
obtenir l'inscription des travaux au plan suivant. C'est une solution inacceptable »,
déclare Christian Cuvilliez qui ne veut plus perdre de temps.
« L'enquête publique doit se faire en 2003, les expropriations et
indemnisations en 2004, le début des travaux en 2005 », ajoute-t-il.
Contre également le projet d'aménagement sur place, les maires.
Bernard Bazile, maire de Saint Aubin sur Scie affirme que son conseil municipal
et lui-même refuseront laménagement sur place. « Nous donnerons notre plein
accord pour le fuseau "A", c'est la position que je défendrai. »
Les Tourvillais consultés
A Tourville-sur-Arques, Claude Métais entre deux maux doit
choisir le moindre.
« Je ne peux qu'être contre le projet sur place car un maire ne peut accepter
qu'un quartier de sa commune soit rasé pour les besoins de la circulation. En premier
lieu, je défendrai le maintien de vos habitations », explique-t-il à l'adresse de ses
administrés du Bas de Tourville.
Alors obligé de se rallier à la variante "A", le maire de Tourville
affirme que cela ne veut pas dire qu'il acceptera cette solution, sans consultation.
« Il n'y a pas que les cultivateurs à Tourville, mais aussi un village calme
et des habitants qui ont choisi de s'y installer pour y goûter la tranquillité. Or, la
deux fois deux voies passera à 250 m des habitations et la route fera les trois quarts du
tour du village. Je ne laisserai pas passer cela ainsi », affirme encore Claude Métais,
qui envisage dorganiser une consultation auprès de ses administrés.
Le lendemain de la réunion, Sébastien Jumel rencontrait le sous-préfet,
Louis-Michel Bonté, qui confirmait qu'après étude de la proposition préconisée par
Edouard Leveau, à savoir le projet d'aménagement sur place, il apparaissait plus
d'inconvénients que d'avantages.
« Le sous-préfet a repris l'ensemble des arguments avancés par l'association
des riverains et dit qu'il s'opposerait à ce projet, préconisant le tracé par le haut.
J'ai obtenu qu'une réunion ait lieu, dans la configuration de celle qui s'était tenue en
1999, afin de revalider officiellement le projet "A", passant par le plateau et
établir un calendrier clair, l'objectif étant de lancer l'enquête publique en 2003 »,
explique encore le nouveau conseiller général.
« Nous verrons par la suite comment affiner le plan de financement entre
l'Etat, la Région et le conseil général », ajoute-t-il encore.
Pour lui, les dernières nouvelles sont donc encourageantes.
« La situation est rassurante pour ceux qui se sont mobilisés et pour nous qui
défendrons l'idée de ne pas perdre les crédits ».
Samedi 9 novembre, c'est Daniel Macquet qui rencontrait Edouard Leveau.
« J'ai été très surpris de son attitude, assurant qu'il n'était pas
l'instigateur du projet d'aménagement sur place », souligne Daniel Macquet.
Edouard Leveau a cependant affirmé qu'il respecterait l'avis de la DDE et des
maires concernés et qu'il n'irait pas à l'encontre de leur décision, souhaitant que
tous les projets soient examinés.
Décision prochaine
Il semble en dernier ressort que l'aménagement sur place
sera bel et bien abandonné au profit de la variante "A" qui traversera la
vallée de la Scie sur un viaduc, coupant le bois d'Ecorcheboeuf, la plaine de Tourville,
la RD 915 entre Beaumais et Tourville, pour rejoindre la descente au-dessus
d'Arques-la-Bataille.
La décision devrait intervenir dans les prochaines semaines.
En attendant, à l'association comme chez les élus, on reste vigilants.
La P.R.A.E.
Préserver lagriculture, la faune et la flore
L'association créée en 1998 compte une
cinquantaine d'adhérents qui eux sont concernés par le tracé "A " de la RN
27, empruntant le plateau.
Nous comprenons bien sûr qu'il n'est pas agréable de voir sa maison
d'habitation disparaître, tout comme son exploitation qui constitue un outil de travail
», reconnaît le président Hubert Tesson.
« Actuellement, avec le trafic de la RN 27, ces maisons subissent des nuisances
importantes en bruit et pollution. Dans l'hypothèse du doublement de la voie actuelle,
elles se retrouveront coincées entre la falaise et la route nationale et les
propriétaires de ces habitations peuvent être indemnisés au même titre que les
agriculteurs ou les commerçants lors d'une éventuelle expropriation », explique-t-on au
bureau de l'association.
La P.R.A.E. fait encore état des conséquences du tracé "A": En cas
d'orage avec le déversement de 50 mm sur les 40 ha que va couvrir la deux fois deux
voies, de fortes répercussions se produiront au niveau des inondations sur les vallées
de Sauqueville, Tourville et Saint-Aubin-sur-Scie.
Par ailleurs, la P.R.A.E. estime encore qu'un tel tracé perturberait la faune
et la flore, notamment le bois d'Ecorcheboeuf, troublant aussi la quiétude de la
communauté de l'Arche qui compte vingt-cinq personnes handicapées installées dans un
cadre choisi pour son environnement géographique.
L'association s'interroge encore sur le coût du tracé. Il en coûterait
dix-sept millions d'euros en plus si le choix se porte sur le tracé "A".
« Le coût est un critère important pour le choix d'un tracé, un critère
souvent mis en avant par les responsables de l'Etat, et puis cest l'argent du
contribuable », pense-t-on encore à l'association qui soulève encore un autre
problème, celui de la construction d'un viaduc dont le coût très important ne pourrait
permettre que sa réalisation pour moitié dans un premier temps, provoquant ainsi un
goulot d'étranglement très dangereux.
« Bien sûr, un remembrement restructurera les exploitations touchées, d'une
autre façon, mais elles ne retrouveront pas la rentabilité d'une exploitation façonnée
par une ou deux générations », explique Hubert Tesson.
« Quoi quil en soit, nous utiliserons tous les recours possibles et nous
ferons le nécessaire pour essayer de conserver notre outil de travail », poursuit le
président.
Début décembre, la P.R.A.E. organisera une réunion d'information sur les
problèmes d'inondations qui peut amener à choisir le tracé "A". |