Journal du 29 octobre 2002

Quatorze emplois menacés dans le port de Dieppe
Quel avenir pour le personnel du service dragage ?

Les quatorze officiers et marins du service dragage du port de Dieppe sont inquiets. Leur drague trop vétuste doit perdre son autorisation de navigation en février prochain. En remplacement, depuis six mois, on leur annonçait l’arrivée de la Maqueline, un bateau adapté aux besoins du port. Finalement pour des raisons économiques, le ministère en aurait décidé autrement. Mais rien ne semble prévu pour le personnel qui reste à quai sans information sur son avenir. Un préavis de grève a été déposé pour jeudi.

Le ciel s’assombrit au-dessus des têtes des quatorze membres du service dragage du port de Dieppe. Quel avenir leur réserve-t-on ? Ils viennent de prendre un gros coup de massue : l’annonce de la décision que viendrait de prendre le ministère de l’Equipement de ne plus attribuer au port de Dieppe « la Maqueline ». Cette drague actuellement utilisée à Bordeaux devait rallier Dieppe au début de l’année prochaine pour remplacer l’actuel bateau dieppois. Jugé trop vétuste, ce dernier se verra retirer en février prochain son autorisation de naviguer, à moins que de très importants travaux sur son étrave ne soient réalisés. Sans drague, c’est la fin du service dragage de Dieppe qui semble annoncée.

« En fait, le schéma directeur du GIE dragage Ports de 1998, (Ndlr : ce dernier est propriétaire des dragues françaises) prévoyait la disparition de notre service fin 2004 », explique Didier Lefèvre, le délégué des officiers du service dragage de Dieppe. Mais après étude du dossier, l’échange de nombreux courriers et la mobilisation du service, une solution semblait finalement avoir été trouvée : la Maqueline de Bordeaux, aux caractéristiques techniques idéales pour qu’elle soit utilisée à Dieppe y serait transférée, et elle serait à son tour remplacée sur la façade Atlantique par l’Opale, un bateau plus important.

« Et voilà à peu près six mois, notre direction nous a informés que l’arrivée de la Maqueline était évoquée plus précisément pour fin 2002 début 2003. Ce qui était toujours confirmé jusqu’à lundi (Ndlr : de la semaine passée) », raconte Didier Lefèvre. « Or lundi, au ministère, on nous annonce qu’on n’a plus la Maqueline suite à un vague d’économies. Il est donc décidé de se replier sur le schéma directeur de 1998. La Maqueline restera donc à Bordeaux. En 48 heures, on s’aperçoit qu’il y a un revirement de situation et on nous annonce ça à trois mois de l’échéance », lance-t-il.

Préavis de grève

« Que vont devenir les marins… On nous retire les bateaux mais on ne prévoit rien pour le personnel », ajoute-t-il. Cette inquiétude, les représentants du personnel d’exécution et d’officiers sont allé la dire lors de la petite cérémonie organisée au sein de la DDE Maritime pour le départ de son directeur Thierry Hubscher, jeudi dernier, en présence de l’ingénieur départemental. Ils ont également frappé aux portes des élus pour se faire entendre. « Le maire, Edouard Leveau, a contacté le cabinet du ministère qui lui a répété que la décision n’était pas définitivement arrêtée. Nous avons également rencontré Sébastien Jumel, conseiller général. Il a d’ailleurs envoyé un courrier au ministre lui demandant l’organisation d’une table rondesous l’autorité de M. le Préfet. » Mais à l’heure actuelle, aucune information sur leur avenir n’a transpiré. Les représentants du personnel ont également obtenu une rencontre avec M. Paul, directeur du GIE dragage. La date devrait être fixée rapidement.

« Nous avons donc déposé un préavis de grève de 24 heures reconductible, pour jeudi », précise le délégué du personnel. Et on murmure en coulisse qu’un possible blocage des activités du port ne serait pas à exclure. Affaire à suivre…

Véronique Guiborel

Christian Cuvilliez :
« Cette décision est contradictoire au maintien du transmanche »

Le dossier ne date pas d’hier et à l’époque, Christian Cuvilliez avait obtenu de Jean-Claude Gayssot que la Maqueline vienne a Dieppe.

Aujourd’hui, aux côtés de Sébastien Jumel, l’élu communiste se soulève contre cette décision.

«Nous protestons contre ce changement de stratégie. Bien sûr, nous n’avions pas obtenu un accord définitif mais nous avions tout de même une option très forte.

L’arrivée de la Maqueline est importante à plus d’un titre. Il y a deux problèmes, un problème d’emploi avec un équipage à reclasser et un problème de maintien des profondeurs du port. La Maqueline doit venir puisque de toute façon, la drague actuelle doit partir à la casse à la fin de l’année. Il faut maintenir les profondeur du port. Le transmanche en est tributaire.

Cette décision est incompréhensible et contradictoire au maintien du transmanche.

Une fois de plus, c’est le port de Dieppe qui se porte mal», explique Christian Cuvilliez.

Un courrier a été adressé au préfet et au ministre dans lequel Sébastien Jumel et Christian Cuvilliez expriment leur mécontentement et réclament la venue de la Maqueline.

E.B.

DDE Maritime :
« Rien n’est encore décidé au niveau du ministère »

Ce n’est encore qu’une hypothèse d’étude que le bateau ne monte pas à Dieppe. Mais il est vrai que le bruit court au ministère », commente Florence Richard responsable de la subdivision maritime à la DDE de Dieppe. Malgré tout elle comprend l’inquiétude du personnel et le fait qu’il se montre vigilant par rapport à l’avenir des emplois. « Car malgré tout, ce n’est pas une hypothèse loufoque, mais rien n'est encore définitivement décidé au niveau du ministère. Nous sommes actuellement en négociations. On devrait en savoir plus cette semaine », confie-t-elle.

Et l’actuelle drague ne pourrait-elle pas subir quelques réparations pour rester à Dieppe ? « Non, ce n’est pas possible pour des questions de sécurité. Beaucoup trop de travaux sont nécessaires. Nous n’obtiendrons pas l’agrément du bureau Véritas. Et nous avons déjà eu des dérogations », conclut-elle.


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