| Les quatorze officiers et marins du
service dragage du port de Dieppe sont inquiets. Leur drague trop vétuste doit perdre son
autorisation de navigation en février prochain. En remplacement, depuis six mois, on leur
annonçait larrivée de la Maqueline, un bateau adapté aux besoins du port.
Finalement pour des raisons économiques, le ministère en aurait décidé autrement. Mais
rien ne semble prévu pour le personnel qui reste à quai sans information sur son avenir.
Un préavis de grève a été déposé pour jeudi. Le ciel
sassombrit au-dessus des têtes des quatorze membres du service dragage du port de
Dieppe. Quel avenir leur réserve-t-on ? Ils viennent de prendre un gros coup de massue :
lannonce de la décision que viendrait de prendre le ministère de lEquipement
de ne plus attribuer au port de Dieppe « la Maqueline ». Cette drague actuellement
utilisée à Bordeaux devait rallier Dieppe au début de lannée prochaine pour
remplacer lactuel bateau dieppois. Jugé trop vétuste, ce dernier se verra retirer
en février prochain son autorisation de naviguer, à moins que de très importants
travaux sur son étrave ne soient réalisés. Sans drague, cest la fin du service
dragage de Dieppe qui semble annoncée.
« En fait, le schéma directeur du GIE dragage Ports de 1998, (Ndlr : ce
dernier est propriétaire des dragues françaises) prévoyait la disparition de notre
service fin 2004 », explique Didier Lefèvre, le délégué des officiers du service
dragage de Dieppe. Mais après étude du dossier, léchange de nombreux courriers et
la mobilisation du service, une solution semblait finalement avoir été trouvée : la
Maqueline de Bordeaux, aux caractéristiques techniques idéales pour quelle soit
utilisée à Dieppe y serait transférée, et elle serait à son tour remplacée sur la
façade Atlantique par lOpale, un bateau plus important.
« Et voilà à peu près six mois, notre direction nous a informés que
larrivée de la Maqueline était évoquée plus précisément pour fin 2002 début
2003. Ce qui était toujours confirmé jusquà lundi (Ndlr : de la semaine passée)
», raconte Didier Lefèvre. « Or lundi, au ministère, on nous annonce quon
na plus la Maqueline suite à un vague déconomies. Il est donc décidé de se
replier sur le schéma directeur de 1998. La Maqueline restera donc à Bordeaux. En 48
heures, on saperçoit quil y a un revirement de situation et on nous annonce
ça à trois mois de léchéance », lance-t-il.
Préavis de grève
« Que vont devenir les marins
On nous retire les
bateaux mais on ne prévoit rien pour le personnel », ajoute-t-il. Cette inquiétude, les
représentants du personnel dexécution et dofficiers sont allé la dire lors
de la petite cérémonie organisée au sein de la DDE Maritime pour le départ de son
directeur Thierry Hubscher, jeudi dernier, en présence de lingénieur
départemental. Ils ont également frappé aux portes des élus pour se faire entendre. «
Le maire, Edouard Leveau, a contacté le cabinet du ministère qui lui a répété que la
décision nétait pas définitivement arrêtée. Nous avons également rencontré
Sébastien Jumel, conseiller général. Il a dailleurs envoyé un courrier au
ministre lui demandant lorganisation dune table rondesous lautorité de
M. le Préfet. » Mais à lheure actuelle, aucune information sur leur avenir
na transpiré. Les représentants du personnel ont également obtenu une rencontre
avec M. Paul, directeur du GIE dragage. La date devrait être fixée rapidement.
« Nous avons donc déposé un préavis de grève de 24 heures reconductible,
pour jeudi », précise le délégué du personnel. Et on murmure en coulisse quun
possible blocage des activités du port ne serait pas à exclure. Affaire à suivre
Véronique Guiborel
Christian Cuvilliez :
« Cette décision est contradictoire au maintien du transmanche »
Le dossier ne date pas dhier et à lépoque,
Christian Cuvilliez avait obtenu de Jean-Claude Gayssot que la Maqueline vienne a Dieppe.
Aujourdhui, aux côtés de Sébastien Jumel, lélu communiste se
soulève contre cette décision.
«Nous protestons contre ce changement de stratégie. Bien sûr, nous
navions pas obtenu un accord définitif mais nous avions tout de même une option
très forte.
Larrivée de la Maqueline est importante à plus dun titre. Il y a
deux problèmes, un problème demploi avec un équipage à reclasser et un problème
de maintien des profondeurs du port. La Maqueline doit venir puisque de toute façon, la
drague actuelle doit partir à la casse à la fin de lannée. Il faut maintenir les
profondeur du port. Le transmanche en est tributaire.
Cette décision est incompréhensible et contradictoire au maintien du
transmanche.
Une fois de plus, cest le port de Dieppe qui se porte mal», explique
Christian Cuvilliez.
Un courrier a été adressé au préfet et au ministre dans lequel Sébastien
Jumel et Christian Cuvilliez expriment leur mécontentement et réclament la venue de la
Maqueline.
E.B.
DDE Maritime :
« Rien nest encore décidé au niveau du ministère »
Ce nest encore quune hypothèse détude
que le bateau ne monte pas à Dieppe. Mais il est vrai que le bruit court au ministère
», commente Florence Richard responsable de la subdivision maritime à la DDE de Dieppe.
Malgré tout elle comprend linquiétude du personnel et le fait quil se montre
vigilant par rapport à lavenir des emplois. « Car malgré tout, ce nest pas
une hypothèse loufoque, mais rien n'est encore définitivement décidé au niveau du
ministère. Nous sommes actuellement en négociations. On devrait en savoir plus cette
semaine », confie-t-elle.
Et lactuelle drague ne pourrait-elle pas subir quelques réparations pour
rester à Dieppe ? « Non, ce nest pas possible pour des questions de sécurité.
Beaucoup trop de travaux sont nécessaires. Nous nobtiendrons pas lagrément
du bureau Véritas. Et nous avons déjà eu des dérogations », conclut-elle. |