| En visite vendredi à Rouen, le
ministre délégué aux libertés locales, qui dépend du ministère de lIntérieur,
a accepté de commenter pour nous laffaire des réfugiés « naufragés du
Saint-Germain » (Les Infos du 3 décembre). Il
affirme que la fermeture de Sangatte na pas provoqué un afflux de réfugiés plus
important vers dautres ports, comme à Dieppe. Les
Infos:
La fermeture du centre de Sangatte a eu des conséquences dans de nombreux ports.
En particulier à Dieppe, où lon a vu arriver un flux de réfugiés qui vivent dans
des conditions très précaires. Le ministère de lIntérieur est-il informé de ces
problèmes nouveaux?
Patrick Devedjian:
Nous nous préoccupons du suivi de la fermeture de Sangatte, bien sûr, du moins
sil y a des effets secondaires.
Les Infos:
Dans le cas de Dieppe, il sagit de Kurdes irakiens qui veulent aller en
Angleterre, mais qui ne sont pas forcément passés par Sangatte. Donc, ils ne pourront
faire partie des 1300 réfugiés accueillis outre-Manche. Ils ne demandent pas le droit
dasile en France, et vivent dans le froid et sans nourriture. Que faire alors?
Patrick Devedjian:
Cétait déjà le cas. Tout le monde ne passait pas par Sangatte. Ce
nest donc pas une nouveauté, et la fermeture de Sangatte ne change rien à cela.
Elle ne change rien au fait que lAngleterre ne veut pas les accueillir.
« Tous les préfets ont pris
en charge
des réfugiés »
Les Infos:
Que comptez-vous faire au plan sanitaire pour ces réfugiés?
Patrick Devedjian:
Nous les prenons en charge, naturellement, de manière souvent discrète, parce que
le bien ne fait pas de bruit et le bruit ne fait pas de bien. Mais nous nous en occupons.
Les Infos:
Par le biais des collectivités locales? Des préfets?
Patrick Devedjian:
Tous les préfets ont pris en charge dores et déjà - y compris
dailleurs dans ce département - un certain nombre de ces personnes.
Les Infos:
Mais à Dieppe, ils sont encore par groupes dune vingtaine, sans abri, autour
dun bateau qui a été démoli. Ils ont bricolé des tentes de fortune le long de la
jetée et ne sont pas encore hébergés.
Patrick Devedjian:
Nous les prenons en charge, nous nous en occupons
Les Infos:
Avez-vous une idée du nombre de personnes, qui ne sont pas passées par Sangatte,
mais qui errent le long de nos ports?
Patrick Devedjian:
Ils sont probablement autant quavant la fermeture de Sangatte. Ils
nétaient pas comptabilisés avant, ce serait singulier de vouloir les comptabiliser
maintenant. Et comme ce sont des clandestins, cest évidemment quelque chose de
difficile à faire.
Propos recueillis par Olivier Bassine
Ils veulent toujours aller
en Angleterre
Le ministre délégué aux Libertés locales, dont le
ministre de tutelle est Nicolas Sarkozy, présent aux Assises de Rouen mais qui est
reparti après son discours sans accorder dinterview à la presse, indique dans cet
entretien quil ny a pas plus de réfugiés dans les ports français
quavant la fermeture de Sangatte. A Dieppe, nous pouvons attester que
larrivée massive de réfugiés kurdes irakiens (probablement une quarantaine qui
erraient sans toit aux abords du terminal ferry) est intervenue presque simultanément
avec lannonce de la fermeture de Sangatte.
Quant à affirmer que ces réfugiés sont pris en charge par les services de
lEtat, cest sans doute vrai pour ceux qui acceptent une demande dasile
en France. Mais ceux qui maintiennent leur désir daller en Angleterre, lundi, ils
étaient toujours une demi-douzaine autour des cendres du Saint-Germain, le bateau qui
leur servait dabri et dont les restes ont été brûlés après avoir été
désossés. Et cest lassociation Information Solidarité Réfugiés qui
continue à fournir de la nourriture et des couvertures aux clandestins et qui espère que
le ministère de lIntérieur interviendra pour quils puissent passer en
Angleterre. |