| Hier (N.D.L.R.: lire dimanche)
jusquà plus de trois heures du matin, lambiance était aux embrassades et aux
larmes
» Comme pour témoigner de la réussite de cette douzième édition du
festival international des cerfs-volants, la soirée dadieux sest éternisée
dimanche après que le dernier engin volant soit redescendu sur terre pour tirer le rideau
sur une fête qui restera dans les mémoires. Dès lundi matin,
la mine tirée par une semaine non-stop, les membres de léquipe dorganisation
sont en plein « debriefing » et le constat simpose de lui-même: le pari a été
gagné.
Difficile de donner un chiffre précis de visiteurs puisque lentrée au
festival était libre et gratuit. « On estime cependant à 400000 le nombre de personnes
venues sur le site pendant 10 jours » annonce le président de lassociation Dieppe
Capitale du cerf-Volant. « Les cerfs-volistes sont unanimes pour dire quil y a eu
plus de monde quil y a deux ans. »
Une ambiance géniale
Plus que le chiffre en lui-même, Laurent Martin retient
lambiance qui a prévalu tout au long de la semaine, « jamais nous navons eu
à intervenir pour régler un conflit entre les exposants, lambiance a été
géniale du premier au dernier jour et ce malgré des conditions météo pas toujours
favorables
»
La volonté affichée de rendre le festival plus accessible au grand public,
cette même volonté dassocier le centre-ville à la fête est également à ranger
du côté des succès. « Les restaurateurs qui avaient fait le choix de nous suivre en
proposant le menu spécial festival nont pas désempli. Dimanche, il fallait faire
la queue sur le trottoir pour pouvoir manger. Concernant le grand public, les commentaires
permanents et la sortie quotidienne du petit journal ont permis de bien aiguiller les
gens. De ce point de vue, cest une immense réussite même si nous pouvons encore
faire des progrès. »
Des progrès qui devraient se concrétiser en 2004 car dores et déjà, le
rendez-vous est pris pour la treizième édition dun festival qui aura
définitivement assis sa réputation à léchelle de la planète.
Avec des temps forts en terme de spectacle, mais aussi en collant à
lactualité comme le mercredi 11 septembre lorsque les cerfs-volistes belges ont
offert un cerf-volant à leurs amis américains en hommage aux événements du World Trade
Center, le festival a été couronné dune exceptionnelle réussite, notamment
grâce au travail acharné de toute léquipe. Bravo à tous et merci!
P.R.
Cerf-volant de
vitesse
Tenter le record
Rafaleux, le vent na pas facilité le travail
des sportifs venus participer au concours de vitesse. Le record mondial de 193 km/h
na pas été dépassé mais certains candidats ont tout de même atteint les 128
km/h. Longtemps, les sportifs se sont promis de pulvériser le record du monde de vitesse
qui sélève à 193 km/h. Pourtant, samedi sur la pelouse de la plage de Dieppe,
Eole en a décidé autrement. Aux essais, le matin, certains compétiteurs ont malgré
tout atteint les 128 km/h.
Un record qui permet pourtant de battre les 127 km/h retenus en Bretagne lors du
dernier concours de vitesse organisé il y a cinq ans.
Plein de fougue, Eole a boudé les cerfs-volistes: « Il y a suffisamment de
vent pour faire de bons scores mais pas assez pour battre des records » assure Eric
Lincot, vice-président du cerf-volant club de Dieppe qui précise pourtant: « Pour les
infrastructures, cest limite. Il ne faudrait pas quil y ait plus de vent sinon
tout senvole. »
Une opinion en forme de prédiction puisque les nouvelles tentatives de records
du monde prévues dimanche matin nont pu avoir lieu: « Le vent déformait
complètement notre tente, indique le vice-président. La prochaine fois, il faudra
prévoir des structures en dur.»
Jouer avec le vent
Malgré tout, sur les terrains, les sportifs apprécient et
font de leur mieux pour donner de la vitesse à leurs ailes tout en restant les deux pieds
dans la limite de zone qui leur est imposée.
Et le travail nest pas si facile. Emportés par des rafales, les
cerfs-volistes doivent faire passer leurs triangles aussi bas que possible sur une
distance délimitée par deux poteaux orange. Habitués au radar de gendarmerie pour ce
genre de compétition, les sportifs inauguraient, en effet, une nouvelle technique: deux
poteaux délimitaient une zone filmée avec une caméra numérique. Sur son écran
dordinateur, Éric Lincot calculait ensuite, tout simplement la vitesse réalisée
sur cette distance.
Et ainsi apparaissent les chiffres, en temps réel, sur le panneau
daffichage destiné à informer aussitôt lensemble des spectateurs qui se
partagent entre le cerf-volant de vitesse et les ballets proposés sur le terrain
dà côté. Des vitesses qui ne dépendent que de la performance du cerf-volant, de
la technique du cerf-voliste mais aussi et surtout de la force du vent: « Le cerf-volant,
cest toujours très injuste » assure Patrice Roberge, membre du cerf-volant club de
Dieppe chargé, sur le terrain, de donner le départ à chaque concurrent.
En début daprès-midi, en effet, le vent na pas donné toute sa
hargne. Vers 15 h, il a fini par forcir atteignant les 20 km/h et les 25 par rafale. Si
les premiers concurrents nont pas eu les faveurs dEole, les suivants, ont eu
un peu plus de chance. Une chance qui se décide au moment du tirage au sort en fin de
matinée.
Satisfait de lensemble de la compétition, lorganisateur, Eric
Lincot, se promet de recommencer: « La technique fonctionne parfaitement même si il y a
des choses quil est possible daméliorer avec plus de moyens » indique le
vice-président qui précise: « Nous allons refaire un deuxième open de vitesse dans les
mois à venir. »
Un rendez-vous que les passionnés ne manqueront pas. Seul Dieppois dans la
compétition, Frédéric Prieur est de ceux-là. Aux côtés de sportifs venus de Paris,
Rennes, Dijon, Gournay ou Strasbourg, il sest essayé à la vitesse. Et cest
promis, comme il en a lhabitude, les prochains week-ends, il sera sur les pelouses
de la plage pour des entraînements intensifs.
Encore faut-il que le vent soit régulier ou suffisamment fort pour que Dieppe
senorgueillisse dentrer dans le livre des records.
S. B.
Le classement
Venus des quatre coins de France, une dizaine de passionnés
sont venus saffronter sur le sol et dans le ciel dieppois. Avec une vitesse de
124,92 km/h, Raphaël Marieux remporte la victoire. Il est suivi de Jean-Charles Le Lay
(120 km/h), Sébastien Lachaud (108 km/h), Loïc Chouaran (99 km/h), Duc Coyaud (91 km/h),
David Cahart (83 km/h), Michel Rohe (72 km/h), Frédéric Prieur (68 km/h), Philippe Doré
(61,5 km/h) et Didier Burillard (56 km/h).
Cerfs-volants de combat
Le champion du monde
vient de Hong-Kong
La journée de clôture aura été marquée, outre la
magnifique envolée des cerfs-volants
de toutes les délégations, par une épreuve sportive de haut vol: le combat.
Cette finale de la coupe du Monde de cerfs-volants de combat a ébahi les spectateurs.
Nuages, vent froid, les conditions étaient mauvaises, mais le public a répondu
présent en nombre. Ils étaient des centaines, stoïques face à ces combattants du ciel.
Les joueurs qui participaient à la finale de la coupe du Monde de combat, munis de leurs
petits cerfs-volants en bambou et papier ont su retenir par leurs prouesses les
spectateurs, les yeux scotchés au ciel.
Par deux, les concurrents à une distance de 30 mètres lun de
lautre et contraints à rester chacun dans son rectangle se sont livré bataille.
Lobjectif de lexercice était simple, couper la manjha de lautre (fil
recouvert de verre pilé), mais les techniques, afin dy parvenir, étaient
nombreuses. Ainsi, on pouvait voir des cerfs-volistes laisser leurs engins partir sous le
vent, tournoyer sous leffet du déroulement de la bobine, puis soudain revenir pour
sectionner tel un sabre la manjha de ladversaire
Le valeureux combattant dont
le cerf-volant restera seul en vol au final sera monsieur Laï. Celui-ci est parvenu à se
débarrasser des cerfs-volants de ses adversaires en alliant à la fois patience et
rapidité dans ses attaques, souvent à plusieurs centaines de mètres du sol. Une
épreuve très impressionnante qui restera sûrement dans les mémoires des spectateurs.
Briac Trébert
Féérie dans le
ciel dieppois
Ils étaient nombreux samedi soir sur les pelouses de la
plage. Spectateurs et cerfs-volistes nont évidemment pas manqué le rendez-vous
fixé par les organisateurs du festival. Dès 22 h, les cerfs-volants, étoiles de
couleurs et de lumière, ont envahi le ciel pour le plus grand plaisir des petits et des
grands. Une autre façon de découvrir le festival.
Si les cerfs-volants statiques prenaient place au-dessus du terrain réservé,
dans la journée, aux monofils, dautres papillons affolés attiraient les
spectateurs. Avec le château-musée comme décor, grenouille géante, tubes de couleurs
et autres ailes de lumière se croisaient en suivant les faisceaux lumineux lancés du
sol. Evidemment, les cerfs-volants sportifs étaient également présents pour quelques
démonstrations. Dautres proposaient des ballets qui ont ébloui les spectateurs.
Les yeux rivés dans le ciel, ceux-ci nont rien manqué du spectacle que
les organisateurs ont mis en place avec laide des cerfs-volistes de tous les pays.
Averti quun vol de nuit était organisé, chacun a, en effet, sorti ses plus beaux
spécimens pour de magnifiques envols.
Mais si les yeux profitaient du spectacle, les oreilles nétaient pas en
reste. Les différentes délégations ont, en effet, pensé au plaisir de louïe.
Tout le long de laire de jeu devenue aire de rêve, différentes sculptures
capturaient le vent pour en extraire tous les sons.
Un jeu qui a emporté lensemble des spectateurs dans un autre monde: celui
du rêve et de la féerie. Dans le ciel dieppois, les cerfs-volants ont joué la carte de
la couleur et de la lumière dans une nuit dencre. Un plaisir pour les nombreux
spectateurs venus les admirer.
S. B. |