Journal du 17 septembre 2002

Festival international de cerfs-volants 2002
Laurent Martin : "Pari gagné"

Hier (N.D.L.R.: lire dimanche) jusqu’à plus de trois heures du matin, l’ambiance était aux embrassades et aux larmes… » Comme pour témoigner de la réussite de cette douzième édition du festival international des cerfs-volants, la soirée d’adieux s’est éternisée dimanche après que le dernier engin volant soit redescendu sur terre pour tirer le rideau sur une fête qui restera dans les mémoires.

Dès lundi matin, la mine tirée par une semaine non-stop, les membres de l’équipe d’organisation sont en plein « debriefing » et le constat s’impose de lui-même: le pari a été gagné.

Difficile de donner un chiffre précis de visiteurs puisque l’entrée au festival était libre et gratuit. « On estime cependant à 400000 le nombre de personnes venues sur le site pendant 10 jours » annonce le président de l’association Dieppe Capitale du cerf-Volant. « Les cerfs-volistes sont unanimes pour dire qu’il y a eu plus de monde qu’il y a deux ans. »

Une ambiance géniale

Plus que le chiffre en lui-même, Laurent Martin retient l’ambiance qui a prévalu tout au long de la semaine, « jamais nous n’avons eu à intervenir pour régler un conflit entre les exposants, l’ambiance a été géniale du premier au dernier jour et ce malgré des conditions météo pas toujours favorables… »

La volonté affichée de rendre le festival plus accessible au grand public, cette même volonté d’associer le centre-ville à la fête est également à ranger du côté des succès. « Les restaurateurs qui avaient fait le choix de nous suivre en proposant le menu spécial festival n’ont pas désempli. Dimanche, il fallait faire la queue sur le trottoir pour pouvoir manger. Concernant le grand public, les commentaires permanents et la sortie quotidienne du petit journal ont permis de bien aiguiller les gens. De ce point de vue, c’est une immense réussite même si nous pouvons encore faire des progrès. »

Des progrès qui devraient se concrétiser en 2004 car d’ores et déjà, le rendez-vous est pris pour la treizième édition d’un festival qui aura définitivement assis sa réputation à l’échelle de la planète.

Avec des temps forts en terme de spectacle, mais aussi en collant à l’actualité comme le mercredi 11 septembre lorsque les cerfs-volistes belges ont offert un cerf-volant à leurs amis américains en hommage aux événements du World Trade Center, le festival a été couronné d’une exceptionnelle réussite, notamment grâce au travail acharné de toute l’équipe. Bravo à tous et merci!

P.R.

Cerf-volant de vitesse
Tenter le record

Rafaleux, le vent n’a pas facilité le travail des sportifs venus participer au concours de vitesse. Le record mondial de 193 km/h n’a pas été dépassé mais certains candidats ont tout de même atteint les 128 km/h. Longtemps, les sportifs se sont promis de pulvériser le record du monde de vitesse qui s’élève à 193 km/h. Pourtant, samedi sur la pelouse de la plage de Dieppe, Eole en a décidé autrement. Aux essais, le matin, certains compétiteurs ont malgré tout atteint les 128 km/h.

Un record qui permet pourtant de battre les 127 km/h retenus en Bretagne lors du dernier concours de vitesse organisé il y a cinq ans.

Plein de fougue, Eole a boudé les cerfs-volistes: « Il y a suffisamment de vent pour faire de bons scores mais pas assez pour battre des records » assure Eric Lincot, vice-président du cerf-volant club de Dieppe qui précise pourtant: « Pour les infrastructures, c’est limite. Il ne faudrait pas qu’il y ait plus de vent sinon tout s’envole. »

Une opinion en forme de prédiction puisque les nouvelles tentatives de records du monde prévues dimanche matin n’ont pu avoir lieu: « Le vent déformait complètement notre tente, indique le vice-président. La prochaine fois, il faudra prévoir des structures en dur.»

Jouer avec le vent

Malgré tout, sur les terrains, les sportifs apprécient et font de leur mieux pour donner de la vitesse à leurs ailes tout en restant les deux pieds dans la limite de zone qui leur est imposée.

Et le travail n’est pas si facile. Emportés par des rafales, les cerfs-volistes doivent faire passer leurs triangles aussi bas que possible sur une distance délimitée par deux poteaux orange. Habitués au radar de gendarmerie pour ce genre de compétition, les sportifs inauguraient, en effet, une nouvelle technique: deux poteaux délimitaient une zone filmée avec une caméra numérique. Sur son écran d’ordinateur, Éric Lincot calculait ensuite, tout simplement la vitesse réalisée sur cette distance.

Et ainsi apparaissent les chiffres, en temps réel, sur le panneau d’affichage destiné à informer aussitôt l’ensemble des spectateurs qui se partagent entre le cerf-volant de vitesse et les ballets proposés sur le terrain d’à côté. Des vitesses qui ne dépendent que de la performance du cerf-volant, de la technique du cerf-voliste mais aussi et surtout de la force du vent: « Le cerf-volant, c’est toujours très injuste » assure Patrice Roberge, membre du cerf-volant club de Dieppe chargé, sur le terrain, de donner le départ à chaque concurrent.

En début d’après-midi, en effet, le vent n’a pas donné toute sa hargne. Vers 15 h, il a fini par forcir atteignant les 20 km/h et les 25 par rafale. Si les premiers concurrents n’ont pas eu les faveurs d’Eole, les suivants, ont eu un peu plus de chance. Une chance qui se décide au moment du tirage au sort en fin de matinée.

Satisfait de l’ensemble de la compétition, l’organisateur, Eric Lincot, se promet de recommencer: « La technique fonctionne parfaitement même si il y a des choses qu’il est possible d’améliorer avec plus de moyens » indique le vice-président qui précise: « Nous allons refaire un deuxième open de vitesse dans les mois à venir. »

Un rendez-vous que les passionnés ne manqueront pas. Seul Dieppois dans la compétition, Frédéric Prieur est de ceux-là. Aux côtés de sportifs venus de Paris, Rennes, Dijon, Gournay ou Strasbourg, il s’est essayé à la vitesse. Et c’est promis, comme il en a l’habitude, les prochains week-ends, il sera sur les pelouses de la plage pour des entraînements intensifs.

Encore faut-il que le vent soit régulier ou suffisamment fort pour que Dieppe s’enorgueillisse d’entrer dans le livre des records.

S. B.

Le classement

Venus des quatre coins de France, une dizaine de passionnés sont venus s’affronter sur le sol et dans le ciel dieppois. Avec une vitesse de 124,92 km/h, Raphaël Marieux remporte la victoire. Il est suivi de Jean-Charles Le Lay (120 km/h), Sébastien Lachaud (108 km/h), Loïc Chouaran (99 km/h), Duc Coyaud (91 km/h), David Cahart (83 km/h), Michel Rohe (72 km/h), Frédéric Prieur (68 km/h), Philippe Doré (61,5 km/h) et Didier Burillard (56 km/h).

Cerfs-volants de combat

Le champion du monde vient de Hong-Kong

La journée de clôture aura été marquée, outre la magnifique envolée des cerfs-volants
de toutes les délégations, par une épreuve sportive de haut vol: le combat.
Cette finale de la coupe du Monde de cerfs-volants de combat a ébahi les spectateurs.

Nuages, vent froid, les conditions étaient mauvaises, mais le public a répondu présent en nombre. Ils étaient des centaines, stoïques face à ces combattants du ciel. Les joueurs qui participaient à la finale de la coupe du Monde de combat, munis de leurs petits cerfs-volants en bambou et papier ont su retenir par leurs prouesses les spectateurs, les yeux scotchés au ciel.

Par deux, les concurrents à une distance de 30 mètres l’un de l’autre et contraints à rester chacun dans son rectangle se sont livré bataille. L’objectif de l’exercice était simple, couper la manjha de l’autre (fil recouvert de verre pilé), mais les techniques, afin d’y parvenir, étaient nombreuses. Ainsi, on pouvait voir des cerfs-volistes laisser leurs engins partir sous le vent, tournoyer sous l’effet du déroulement de la bobine, puis soudain revenir pour sectionner tel un sabre la manjha de l’adversaire… Le valeureux combattant dont le cerf-volant restera seul en vol au final sera monsieur Laï. Celui-ci est parvenu à se débarrasser des cerfs-volants de ses adversaires en alliant à la fois patience et rapidité dans ses attaques, souvent à plusieurs centaines de mètres du sol. Une épreuve très impressionnante qui restera sûrement dans les mémoires des spectateurs.

Briac Trébert

Féérie dans le ciel dieppois

Ils étaient nombreux samedi soir sur les pelouses de la plage. Spectateurs et cerfs-volistes n’ont évidemment pas manqué le rendez-vous fixé par les organisateurs du festival. Dès 22 h, les cerfs-volants, étoiles de couleurs et de lumière, ont envahi le ciel pour le plus grand plaisir des petits et des grands. Une autre façon de découvrir le festival.

Si les cerfs-volants statiques prenaient place au-dessus du terrain réservé, dans la journée, aux monofils, d’autres papillons affolés attiraient les spectateurs. Avec le château-musée comme décor, grenouille géante, tubes de couleurs et autres ailes de lumière se croisaient en suivant les faisceaux lumineux lancés du sol. Evidemment, les cerfs-volants sportifs étaient également présents pour quelques démonstrations. D’autres proposaient des ballets qui ont ébloui les spectateurs.

Les yeux rivés dans le ciel, ceux-ci n’ont rien manqué du spectacle que les organisateurs ont mis en place avec l’aide des cerfs-volistes de tous les pays. Averti qu’un vol de nuit était organisé, chacun a, en effet, sorti ses plus beaux spécimens pour de magnifiques envols.

Mais si les yeux profitaient du spectacle, les oreilles n’étaient pas en reste. Les différentes délégations ont, en effet, pensé au plaisir de l’ouïe. Tout le long de l’aire de jeu devenue aire de rêve, différentes sculptures capturaient le vent pour en extraire tous les sons.

Un jeu qui a emporté l’ensemble des spectateurs dans un autre monde: celui du rêve et de la féerie. Dans le ciel dieppois, les cerfs-volants ont joué la carte de la couleur et de la lumière dans une nuit d’encre. Un plaisir pour les nombreux spectateurs venus les admirer.

S. B.


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