Journal du 10 septembre 2002

Sur les pelouses de la plage ce week-end
Sale temps pour les cerfs-volants

Cerfs-Volants2002.jpg (69023 octets)

La journée se voulait festive et les organisateurs se sont montrés confiants à l’occasion de l’inauguration de la douzième édition du festival international de cerf-volant. C’était sans compter sur le mauvais temps. Samedi, orage et vent irrégulier ont empêché le bon déroulement des démonstrations et des compétitions.

La veille, ils ont prié pour que le ciel ne leur tombe pas sur la tête. Hélas, samedi matin, les organisateurs doivent se rendre à l’évidence : le ciel ne les a pas entendus. La douzième édition du festival international du cerf-volant a fortement été perturbée par le mauvais temps ce week-end à Dieppe.

Quelques minutes avant l’inauguration officielle, une première ondée s’abat sur la ville. Pourtant, comme par magie, le soleil pointe très vite le bout de son nez. Il est 14 h 30. Parmi les élus locaux et les nombreuses personnalités présentes, l’optimisme s’affiche. Les trente-deux nations invitées sont là, le public aussi. Le spectacle devrait être de qualité. D’autant qu’un conseiller municipal l’assure : « Le vent va définitivement chasser les nuages ! »

Démonstrations stoppées

Sur la pelouse centrale, les démonstrations des trente-deux délégations peuvent donc commencer. Le thème de cette nouvelle édition étant les mythes et légendes, chacune présente ses drôles de créatures. Tour à tour et pour le plus grand plaisir des spectateurs, dragons, serpents et autres bêtes étranges envahissent le ciel.

Quelques dizaines de mètres plus loin, pieuvre, chat et ours géants prennent eux aussi le chemin des airs grâce à l’habilité de Peter Lynn et de Clyde Cook. Ces Néo-Zélandais d’origine ont une passion pour la démesure. « Nous aimons l’effet que produisent nos cerfs-volants une fois qu’ils ont pris leur envol. Il n’y a qu’à voir le regard émerveillé des gens », sourient-ils en direction du public.

La bonne humeur s’est en effet emparée du festival malgré un ciel toujours menaçant. Et les stands des différentes nations représentées attirent de nombreux curieux. Pourtant, vers 16 heures, force est de constater que dame météo n’a pas dit son dernier mot. Un orage éclate. Des trombes d’eau s’abattent sur la cité dieppoise. Par mesure de sécurité, les organisateurs se voient contraints de stopper toutes démonstrations. Les visiteurs désertent le front de mer. La moitié d’entre eux ne reviendront pas.

Des visiteurs par milliers 

D’autant qu’après la pluie, c’est le vent qui fait des siennes. Tantôt trop fort, tantôt trop faible, il oblige les pilotes de cerfs-volants acrobatiques à revoir leur chorégraphie, les compétiteurs de free style à retarder leur prestation et les concurrents de rokkakus à annuler leur combat.

Dimanche après une matinée en demi-teinte, la météo se fait finalement plus clémente. Le soleil se veut généreux, les visiteurs se comptent par milliers, les rokkakus peuvent enfin s’emparer du ciel pour des combats spectaculaires. Et le public, lui, en redemande !

 M. DS.

Sous le charme de l’Indonésie

Invitée d’honneur, la délégation indonésienne a séduit Dieppois et touristes ce week-end.
Entre les danses des ravissantes Balinaises, la musique et la réalisation de cerfs-volants traditionnels, les visiteurs ont pu découvrir les mille et une coutumes de cet Etat d’Asie.

Ils sont venus avec leur gentillesse, leur douceur de vivre et leurs traditions. Les représentants de l’Indonésie - nation invitée d’honneur avec le Canada - ont su conquérir le public ce week-end. Il faut dire que le charme des danseuses balinaises n’y était sûrement pas étranger.

Parées de leurs plus beaux costumes, elles ont enchanté de leurs danses gracieuses les spectateurs à la recherche de dépaysement. Tandis que dans le stand, les hommes se sont affairés à la construction de cerfs-volants traditionnels.

Pour effrayer les oiseaux

Le premier, un kaghati, est un cerf-volant de Sulawesi entièrement réalisé avec des feuilles de manioc. « Et les ficelles sont faites avec des fibres d’ananas tressées », explique Ludovic Petit, membre du Manjha club et passionné par les cerfs-volants traditionnels. Dans cette île indonésienne, « les paysans se servent de ces cerfs-volants pour leurs récoltes. Installés dans les champs au moment des semailles, les kaghatis sont équipés d’un arc sonore pour effrayer les oiseaux », précise le jeune homme.

D’autres cerfs-volants entièrement faits de feuilles sont également utilisés par les pêcheurs. « A la différence, cette fois, que les cerfs-volants ne sont pas équipés d’un arc sonore mais d’une sorte de collet qui prend au piège les poissons », poursuit notre interprète.

Le ginggan : bête à concours

Egalement réalisé sous le regard curieux des badauds, le second cerf-volant est un ginggan. Avec son corps d’oiseau et sa tête de dragon, « c’est un cerf-volant traditionnel utilisé à Bali lors des concours », confie Ludovic Petit.

Les catégories disputées peuvent être multiples : « Il y a celle du plus beau, celle du plus grand ou encore celle du cerf-volant qui vole le mieux », énumère le jeune homme.

Le rouge, le noir et le blanc sont les trois couleurs utilisées pour la réalisation de cette superbe bête à concours. « Elles représentent la trinité hindoue », assure Ludovic Petit.

M. DS.


Archives 1998   Archives 1999   Archives 2000  Archives 2001  Archives 2002  Recherche   Accueil