| La journée se voulait festive et les
organisateurs se sont montrés confiants à loccasion de linauguration de la
douzième édition du festival international de cerf-volant. Cétait sans compter
sur le mauvais temps. Samedi, orage et vent irrégulier ont empêché le bon déroulement
des démonstrations et des compétitions. La veille, ils ont
prié pour que le ciel ne leur tombe pas sur la tête. Hélas, samedi matin, les
organisateurs doivent se rendre à lévidence : le ciel ne les a pas entendus. La
douzième édition du festival international du cerf-volant a fortement été perturbée
par le mauvais temps ce week-end à Dieppe.
Quelques minutes avant linauguration officielle, une première ondée
sabat sur la ville. Pourtant, comme par magie, le soleil pointe très vite le bout
de son nez. Il est 14 h 30. Parmi les élus locaux et les nombreuses personnalités
présentes, loptimisme saffiche. Les trente-deux nations invitées sont là,
le public aussi. Le spectacle devrait être de qualité. Dautant quun
conseiller municipal lassure : « Le vent va définitivement chasser les nuages ! »
Démonstrations stoppées
Sur la pelouse centrale, les démonstrations des trente-deux
délégations peuvent donc commencer. Le thème de cette nouvelle édition étant les
mythes et légendes, chacune présente ses drôles de créatures. Tour à tour et pour le
plus grand plaisir des spectateurs, dragons, serpents et autres bêtes étranges
envahissent le ciel.
Quelques dizaines de mètres plus loin, pieuvre, chat et ours géants prennent
eux aussi le chemin des airs grâce à lhabilité de Peter Lynn et de Clyde Cook.
Ces Néo-Zélandais dorigine ont une passion pour la démesure. « Nous aimons
leffet que produisent nos cerfs-volants une fois quils ont pris leur envol. Il
ny a quà voir le regard émerveillé des gens », sourient-ils en direction
du public.
La bonne humeur sest en effet emparée du festival malgré un ciel
toujours menaçant. Et les stands des différentes nations représentées attirent de
nombreux curieux. Pourtant, vers 16 heures, force est de constater que dame météo
na pas dit son dernier mot. Un orage éclate. Des trombes deau sabattent
sur la cité dieppoise. Par mesure de sécurité, les organisateurs se voient contraints
de stopper toutes démonstrations. Les visiteurs désertent le front de mer. La moitié
dentre eux ne reviendront pas.
Des visiteurs par
milliers
Dautant quaprès la pluie, cest le vent
qui fait des siennes. Tantôt trop fort, tantôt trop faible, il oblige les pilotes de
cerfs-volants acrobatiques à revoir leur chorégraphie, les compétiteurs de free style
à retarder leur prestation et les concurrents de rokkakus à annuler leur combat.
Dimanche après une matinée en demi-teinte, la météo se fait finalement plus
clémente. Le soleil se veut généreux, les visiteurs se comptent par milliers, les
rokkakus peuvent enfin semparer du ciel pour des combats spectaculaires. Et le
public, lui, en redemande !
M. DS.
Sous le charme de lIndonésie
Invitée dhonneur, la délégation indonésienne a
séduit Dieppois et touristes ce week-end.
Entre les danses des ravissantes Balinaises, la musique et la réalisation de
cerfs-volants traditionnels, les visiteurs ont pu découvrir les mille et une coutumes de
cet Etat dAsie.
Ils sont venus avec leur gentillesse, leur douceur de vivre et leurs traditions.
Les représentants de lIndonésie - nation invitée dhonneur avec le Canada -
ont su conquérir le public ce week-end. Il faut dire que le charme des danseuses
balinaises ny était sûrement pas étranger.
Parées de leurs plus beaux costumes, elles ont enchanté de leurs danses
gracieuses les spectateurs à la recherche de dépaysement. Tandis que dans le stand, les
hommes se sont affairés à la construction de cerfs-volants traditionnels.
Pour effrayer les oiseaux
Le premier, un kaghati, est un cerf-volant de Sulawesi
entièrement réalisé avec des feuilles de manioc. « Et les ficelles sont faites avec
des fibres dananas tressées », explique Ludovic Petit, membre du Manjha club et
passionné par les cerfs-volants traditionnels. Dans cette île indonésienne, « les
paysans se servent de ces cerfs-volants pour leurs récoltes. Installés dans les champs
au moment des semailles, les kaghatis sont équipés dun arc sonore pour effrayer
les oiseaux », précise le jeune homme.
Dautres cerfs-volants entièrement faits de feuilles sont également
utilisés par les pêcheurs. « A la différence, cette fois, que les cerfs-volants ne
sont pas équipés dun arc sonore mais dune sorte de collet qui prend au
piège les poissons », poursuit notre interprète.
Le ginggan : bête à concours
Egalement réalisé sous le regard curieux des badauds, le
second cerf-volant est un ginggan. Avec son corps doiseau et sa tête de dragon, «
cest un cerf-volant traditionnel utilisé à Bali lors des concours », confie
Ludovic Petit.
Les catégories disputées peuvent être multiples : « Il y a celle du plus
beau, celle du plus grand ou encore celle du cerf-volant qui vole le mieux », énumère
le jeune homme.
Le rouge, le noir et le blanc sont les trois couleurs utilisées pour la
réalisation de cette superbe bête à concours. « Elles représentent la trinité
hindoue », assure Ludovic Petit.
M. DS. |