Journal du 24 décembre 2002

Les réfugiés coupent les clôtures et les bâches des camions
Trois cars de CRS contre les clandestins

La semaine dernière, nous avons été débordés par un afflux de clandestins » explique le chef d’escale du terminal transmanche. « Ils n’étaient pas particulièrement agressifs, mais ils étaient très déterminés pour se faufiler dans les camions et monter ainsi à bord du ferry. Ils arrivaient par vagues d’une trentaine après avoir cisaillé les clôtures avec des pinces, puis ils découpaient les bâches des camions avec des cutters ».

Cette vague soudaine de clandestins a inquiété les agents du transmanche, et les douaniers, qui ont demandé des renforts au cas où ils auraient à faire face à un raz-de-marée. Résultat : depuis la fin de la semaine dernière, trois fourgons de CRS sillonnent Dieppe, des abords du terminal ferry à la gare, où des contrôles sont également effectués pour contenir une arrivée massive de réfugiés. « Il s’agit de dissuader ceux qui voudraient s’embarquer illégalement pour l’Angleterre » explique-t-on du côté de la police.

« Les incidents se sont produits à plusieurs reprises la semaine dernière, au moment de l’embarquement du ferry de 23 h 59 » poursuit le chef d’escale. « Avant cela, nous avions des groupes de cinq ou six qui tentaient d’embarquer à bord des camions garés en attendant l’embarquement. Mais maintenant, sans doute à cause de la fermeture du centre de Sangatte, ils arrivent par vagues d’une trentaine, sont munis d’outils leur permettant de franchir les clôtures et semblent moins « gentils » que les précédents. En tout cas, ils sont beaucoup plus déterminés. En tout, nous en avons interpellés entre soixante et soixante-dix la semaine dernière ».

Situation tendue avant le 23 h 59

Au beau milieu de la nuit, juste avant l’embarquement, ces groupes de plus en plus importants de réfugiés (par quinze selon la police) surgissent on ne sait d’où.

Ce ne sont apparemment plus les mêmes que les Kurdes irakiens, qui attendaient tranquillement dans l’amas de blocs rocheux des Graves de Mer, l’occasion de passer à bord d’un bateau pour l’Angleterre.

Près du tas de cendre du Saint-Germain, les réfugiés qui avaient été pris en charge par l’association Information Solidarité Réfugiés semblent s’être évaporés.

Des recoins des falaises ou des rues du centre-ville et du Pollet où ils doivent errer, ces clandestins convergent le soir venu vers le terminal, et inquiètent les responsables du transmanche.

Clôtures renforcées autour du terminal

« Ils arrivent quand les camions présentent les papiers avant l’embarquement » poursuit le chef d’escale. « Jusqu’à présent, ils ouvraient les portes des poids lourds, se faufilaient dans les porte-palettes ou se glissaient sous les bâches. Mais maintenant, ils coupent les bâches des marchandises avec des cutters, et plusieurs transporteurs se sont plaints de voir leur marchandise risquer d’être avariée à cause de l’humidité. C’est devenu beaucoup plus chaud » s’inquiète le responsable de l’embarquement de transmanche, qui se réjouit cependant de l’arrivée récente des CRS. « Maintenant, nous allons pouvoir faire notre travail beaucoup plus sereinement ».

Les pouvoirs publics ont donc entendu l’appel de transmanche et des douanes. En plus des trois fourgons de CRS, qui convergent vers le terminal et la gare au moment des embarquements, le sous-préfet réunissait forces de l’ordre et responsables du port lundi matin, afin d’examiner la situation et envisager un renforcement des clôtures et des barrières.

« Les clôtures vont être renforcées jusqu’au rond-point donnant accès au terminal et aux Graves de Mer, et nous allons être équipés de barrières » concluait lundi le chef d’escale.

O.B.


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