Journal du 10 décembre 2002

42 685 euros de déficit
Le Club des Jeunes demande un statut à la Ville

Assemblée générale tendue pour le Club des jeunes Maison pour tous qui accuse un déficit de 42685 euros (280000 francs). Jean Sannier, président de l’association, demande à la Ville des éclaircissements sur son statut.

L’année se présente de manière ambiguë. Les financements se font attendre et la moindre crise obligera à des mesures draconiennes voire à la destruction de la structure. Les prochaines années marqueront un tournant dans l’activité de l’association. » Le ton est grave, vendredi soir, pour l’assemblée générale du Club des jeunes Maison pour tous.

En rappelant la situation atypique de l’association financée à hauteur de 800.000 francs depuis trente ans par les adhérents, Jean Sannier, président du club des jeunes, a ensuite fait le point sur les difficultés que l’association rencontre cette année.

Au total, le Club des jeunes Maison pour tous accuse un déficit de 42685 euros: « C’est la première année que nous avons un déficit important. Il est lié à des changements des règles des financeurs en cours d’exercice » indique Jean Sannier. Sont ainsi en cause le calcul de la prestation de service CAF (caisse d’allocations familiales) et la régularisation de l’Urssaf notamment en ce qui concerne les emplois-jeunes. Mais aussi les subventions locales « qui ne représentent que 2 % du budget alors que dans d’autres structures l’aide de la Ville monte à 60 %. »

Ainsi, le président de l’association compte « clarifier notre contrat pour l’équipement, la mission et les financements. Il faut que nous aboutissions avec la Ville à une définition claire. »

Dans le public, les adjoints présents ne manqueront pas de relayer la demande d’un club des jeunes en mal de reconnaissance municipale: « Les locaux appartiennent à l’association mais ils sont construits sur un terrain communal. Nous ne fonctionnons qu’avec 2 % de subventions dans le budget mais nos actions sont toujours proposées dans une démarche de service public et de service au public » rappelle le président qui ne demande qu’une chose: « Que le club des jeunes soit reconnu à part entière comme la Maison des jeunes de Neuville. Mais nous tenons à ce qu’elle conserve un caractère privé.»

Pourtant, Jean Sannier assure que la concurrence n’a jamais existé avec le Drakkar: «Pour des raisons de politique locale, l’ancienne municipalité avait donné un rôle de Maison pour tous au Drakkar qui remplit aujourd’hui, parfaitement bien son rôle de pôle de services. L’erreur était de vouloir installer une Maison de jeunes qui existe déjà ici. Il conviendrait que les élus aient le souci de la complémentarité des équipements.»

Recentrer les activités

L’appel à la municipalité étant lancé, le président ainsi que la directrice, Yvette Sannier, sont revenus sur les actions à entreprendre pour l’année à venir. Ainsi, si diverses activités sont organisées dans les communes alentour, le Club des jeunes souhaite recentrer son activité sur Dieppe: «Il ne s’agit pas d’abandonner les communes rurales mais il y a beaucoup à faire sur Dieppe, surtout si nous obtenons le statut de Maison des jeunes.»

Le président promet d’afficher encore plus clairement l’identité des différentes activités afin d’identifier les actions et les budgets précis qui y sont dévolus: « Nous sommes parfois un peu victimes du nombre d’actions engagées. Certains pensent qu’il y a confusion dans les financements des communes rurales et de Dieppe. Ce qui n’est absolument pas le cas. »

Dans le cadre des opérations en liaison avec le projet éducatif local, le Club des jeunes fort de 25 salariés mettra l’accent sur certaines activités comme la prévention de l’illettrisme: «Il faut une continuité entre le milieu scolaire et le temps non scolaire afin de profiter du rassemblement de l’éducation et de la jeunesse au sein d’un même ministère.»

Les membres du Club des jeunes auront ainsi à faire découvrir la littérature à la jeunesse en concertation avec les bibliothèques. Langues vivantes, sciences, technologie et environnement sont également au programme des actions à développer: «Nous sommes la seule association dieppoise à avoir un animateur permanent et diplômé en environnement. Il est déjà en contact avec les établissements scolaires et il y a une demande importante de certains collèges» indique Jean Sannier.

Au programme également: le développement des technologies nouvelles comme Internet et l’informatique.

Le président souhaite également renforcer ses moyens en terme de mobilité: «Il serait utile d’acheter un bus de 35 places afin d’accroître les sorties éducatives pour les jeunes et les ados».

Des projets qui ne seront possibles que si la mairie accède à la demande du Club des jeunes. L’association se trouve donc aujourd’hui en bien mauvaise posture.

S. B.


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