Le personnel du train de dragage de
Dieppe continue de travailler mais le problème reste entier. Larrivée de la
Maqueline nest toujours pas prévue et léchéance critique de février
approche à grands pas. Le 12 décembre, les marins auront une nouvelle fois rendez-vous
avec les décideurs.Les marins du train de dragage du port de
Dieppe scrutent toujours lhorizon mais rien ny fait, la Maqueline ne montre
toujours pas le bout de son nez.
La fameuse drague, actuellement affectée à Bordeaux, devrait en effet venir
remplacer lensemble Puffin-Flamand qui sera mis à la casse le 1er février 2003.
En clair, si dici deux mois, la Maqueline ne fait pas son entrée dans le
port de Dieppe, ce sont quatorze emplois qui partiront eux aussi à la casse.
Pourtant, les choses avaient semblé se clarifier il y a quelques semaines
lorsque les marins se sont décidés à bloquer le port. En un éclair, ils avaient obtenu
des contacts dont ils soupçonnaient à peine lexistence mais il semble que cela
nait été quun miroir aux alouettes.
Depuis, les marins sont ballottés de réunions en réunion et la situation
senvase. Après le blocage du port, on leur promet une réunion entre le 20 et le 30
novembre. Finalement, la réunion naura lieu que le 12 décembre et ce sera sans
doute celle de la dernière chance.
Mais les marins restent tout de même confiants. Ils tentent de se persuader
quon ne va pas les rouler dans la farine et que cette réunion repoussée nest
pas une manuvre pour les mettre devant le fait accompli.
Le 12 décembre, ils iront à Paris pour rencontrer Jacques Paul, responsable du
GIE dragage port. « Nous naurons certainement pas de réponse en sortant de cette
réunion. Mais de toute façon, nous narriverons pas en menaçant dun nouveau
blocage. En revanche, si nous nobtenons rien de satisfaisant, nous sommes prêts à
mener une action plus dure dans les jours qui suivront la réunion », explique Didier
Lefebvre, délégué syndical.
Les craintes des marins sont dautant plus vives
quen 1998, un schéma directeur avait été établi pour donner les orientations
dinvestissements, de remplacement de matériel et de gestion des différents sites
de dragage pour la période 1999-2011.
La venue dune drague de remplacement pour le train de dragage actuel
était donc bel et bien prévue.
« Le train actuel, notamment le porteur, est très vétuste. Des déformations
à létrave du Puffin ont conduit le bureau Véritas en 2000, lors de la visite en
cale sèche, à annoncer lobligation de travaux sur létrave avant le 1er
février 2002, travaux qui ont ensuite été reportés au 1er février 2003. Ces travaux
nont toujours pas été réalisés.
Les marins ont compris limportance que revêt le dragage pour le port de
Dieppe. Nous sommes prêts à adapter notre organisation en fonction des urgences que nous
pourrions rencontrer. Nous sommes parfaitement conscients que pour rentabiliser la
Maqueline, il sera nécessaire daller travailler ponctuellement dans les ports
voisins », conclut Didier Lefebvre.
La réunion du 12 décembre sera souveraine ou assassine pour le dragage
dieppois mais on peut être sûr que les marins seront en mesure de répéter le scénario
du 30 octobre sils nobtiennent pas satisfaction.
Eric Bonté