Journal du 26 novembre 2002

Les marins du dragage attendent toujours la Maqueline
Réunion de la dernière chance le 12 décembre

Le personnel du train de dragage de Dieppe continue de travailler mais le problème reste entier. L’arrivée de la Maqueline n’est toujours pas prévue et l’échéance critique de février approche à grands pas. Le 12 décembre, les marins auront une nouvelle fois rendez-vous avec les décideurs.

Les marins du train de dragage du port de Dieppe scrutent toujours l’horizon mais rien n’y fait, la Maqueline ne montre toujours pas le bout de son nez.

La fameuse drague, actuellement affectée à Bordeaux, devrait en effet venir remplacer l’ensemble Puffin-Flamand qui sera mis à la casse le 1er février 2003.

En clair, si d’ici deux mois, la Maqueline ne fait pas son entrée dans le port de Dieppe, ce sont quatorze emplois qui partiront eux aussi à la casse.

Pourtant, les choses avaient semblé se clarifier il y a quelques semaines lorsque les marins se sont décidés à bloquer le port. En un éclair, ils avaient obtenu des contacts dont ils soupçonnaient à peine l’existence mais il semble que cela n’ait été qu’un miroir aux alouettes.

Depuis, les marins sont ballottés de réunions en réunion et la situation s’envase. Après le blocage du port, on leur promet une réunion entre le 20 et le 30 novembre. Finalement, la réunion n’aura lieu que le 12 décembre et ce sera sans doute celle de la dernière chance.

Mais les marins restent tout de même confiants. Ils tentent de se persuader qu’on ne va pas les rouler dans la farine et que cette réunion repoussée n’est pas une manœuvre pour les mettre devant le fait accompli.

Le 12 décembre, ils iront à Paris pour rencontrer Jacques Paul, responsable du GIE dragage port. « Nous n’aurons certainement pas de réponse en sortant de cette réunion. Mais de toute façon, nous n’arriverons pas en menaçant d’un nouveau blocage. En revanche, si nous n’obtenons rien de satisfaisant, nous sommes prêts à mener une action plus dure dans les jours qui suivront la réunion », explique Didier Lefebvre, délégué syndical.

Depuis 1998

Les craintes des marins sont d’autant plus vives qu’en 1998, un schéma directeur avait été établi pour donner les orientations d’investissements, de remplacement de matériel et de gestion des différents sites de dragage pour la période 1999-2011.

La venue d’une drague de remplacement pour le train de dragage actuel était donc bel et bien prévue.

« Le train actuel, notamment le porteur, est très vétuste. Des déformations à l’étrave du Puffin ont conduit le bureau Véritas en 2000, lors de la visite en cale sèche, à annoncer l’obligation de travaux sur l’étrave avant le 1er février 2002, travaux qui ont ensuite été reportés au 1er février 2003. Ces travaux n’ont toujours pas été réalisés.

Les marins ont compris l’importance que revêt le dragage pour le port de Dieppe. Nous sommes prêts à adapter notre organisation en fonction des urgences que nous pourrions rencontrer. Nous sommes parfaitement conscients que pour rentabiliser la Maqueline, il sera nécessaire d’aller travailler ponctuellement dans les ports voisins », conclut Didier Lefebvre.

La réunion du 12 décembre sera souveraine ou assassine pour le dragage dieppois mais on peut être sûr que les marins seront en mesure de répéter le scénario du 30 octobre s’ils n’obtiennent pas satisfaction.

Eric Bonté


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