| Placé
sous mandat de dépôt et écroué à la maison darrêt Bonne-Nouvelle à Rouen en
mai 2000 après que neuf jeunes garçons aient porté plainte contre lui pour agressions
sexuelles, labbé Michel Potajesuk comparaît mardi devant le tribunal correctionnel
de Dieppe. Lecclésiastique originaire dOffranville qui se trouve actuellement
dans un monastère du sud de la France risque une peine demprisonnement de 10 ans. Mai 2000, le milieu paroissial du Petit-Caux est secoué par une
nouvelle qui glace deffroi plusieurs centaines de paroissiens.
Michel Potajesuk, curé de 23 communes du secteur de Tourville-la-Chapelle
depuis 1991, vient dêtre placé sous mandat de dépôt et écroué à la maison
darrêt Bonne Nouvelle à Rouen pour « agressions sexuelles sur mineurs de plus
et de moins de quinze ans par personne abusant de lautorité attenante à sa
fonction ».
Considéré par les paroissiens comme un homme intègre, conservateur et
néanmoins bon vivant, labbé Potajesuk avait su gagner la confiance de ses
fidèles.
Portant toujours le col romain, il donnait cependant une image de curé moderne
et branché.
Au moment des faits, la nouvelle avait plongé léglise dans la
consternation. Monseigneur Duval, archevêque du diocèse de Rouen, larchevêque
sexprimait en ces termes : « Cest une terrible épreuve pour les
paroissiens, les enfants et moi-même. Je nai pas à commenter ces faits,
actuellement, rien nest établi, ce nest encore que la phase de mise en
examen. Mais depuis que jai appris cette nouvelle, je me sens comme crucifié ».
Pas un mot
A quelques jours du procès, rien na changé.
Monseigneur Duval ne souhaite toujours pas sexprimer davantage sur le sujet :
« Je nai rien à dire pour le moment, le procès nest pas passé, ce ne
serait pas convenable », explique-t-il joint au téléphone mercredi.
Visiblement, lEglise conserve cette politique de « non-communication ».
Politique qui avait déjà été adoptée lors daffaires précédentes mettant en
cause dautres religieux.
Cependant, le service information et communication de la Conférence des
évêques de France vient de sortir une brochure intitulée : « Lutter contre la
pédophilie, repères pour les éducateurs ».
Dans ce cadre monseigneur David, évêque dEvreux, a accordé une
interview à « Chrétiens Médias ». Interview où il souligne la différence faite
entre la dénonciation des auteurs dactes de pédophilie et le fait de le signaler.
« Le mot dénonciation a une tonalité très marquée. Si on dénonce, cest pour
que la personne soit jugée et condamnée. Or, dans la majorité des cas, il
ny a pas dévidence mais des rumeurs, des soupçons. Dans ces cas-là, on
na pas à juger ni à faire denquête. En revanche, en aucune façon on ne
peut être complice. Il importe alors de porter ces faits à la connaissance de la
justice. Cest cela un signalement. On informe le Procureur de la République », expliquait
lévêque.
Visiblement, les mentalités évoluent puisquil y a encore quelque temps,
on parlait même de « secret professionnel ». Joint par téléphone jeudi matin,
Monseigneur David est clair sur la position de lEglise en pareils cas : « LEglise
a toujours fustigé les actes de pédophilie quels quils soient. Il ny a
jamais eu aucun doute là dessus.
Actuellement, nous assistons à une prise de conscience à laquelle
léglise contribue et dont elle bénéficie en même temps. Il faut impérativement
briser la loi du silence qui a pu régner dans certains cas pour éradiquer ces faits.
Le secret professionnel nest pas un écran de fumée, il ne doit pas
servir à protéger les auteurs de ces faits.
LEglise est pour que la justice soit faite mais elle réfléchit
également sur comment faire pour quune personne qui se serait rendue coupable
dactes pédophiles, puisse retrouver une place dans la société sans être un
danger pour les autres », explique Monseigneur David.
Dix ans
Actuellement, le père Potajesuk se trouverait dans
un monastère du sud de la France. Une sorte de mise au vert jusquau procès qui
aura lieu mardi après-midi.
Mardi, si les faits qui lui sont reprochés sont confirmés par le tribunal,
labbé Michel Potajesuk risque une peine de dix ans de prison. Ce qui
représenterait la peine maximum que puisse prononcer un tribunal correctionnel.
A nen pas douter, lémotion sera vive lors de cette audience qui
risque de faire remonter beaucoup de souvenirs douloureux à la surface.
Eric Bonté
Du 1er au 13
juillet
Les insolents débarquent à Dieppe
Le programme
Mercredi 3 juillet : théâtre
à domicile avec "Les Pieds dans le plat" aux Planches, café-théâtre près de
la station balnéaire à Dieppe. Entrée : 8 euros.
Vendredi 5 juillet à 21 h :
Smaïn au Casino de Dieppe. Entrée : 20 euros.
Lundi 8 juillet à 21 h :
Didie Gustin au Casino. Entrée : 15 euros.
Mardi 9 juillet à 21 h :
"Les Fumistes" au Casino. Entrée : 10 euros.
Mercredi 10 juillet à 21 h :
Maxime au Casino. Entrée : 15 euros.
Vendredi 12 juillet à 22 h :
Faudel sur les pelouses de la plage. Concert gratuit.
Samedi 13 juillet à partir de 22 h :
parade pyrotechnique avec les Justins, départ du Puits-Salé.
Réservations dès à présent au Casino (02 32
14 48 00) et aux Informations dieppoises
(02 35 84 11 83). |