Journal du vendredi 21 juin

L'abbé Potajesuk comparaît devant le tribunal de Dieppe
Il risque dix ans de prison

Placé sous mandat de dépôt et écroué à la maison d’arrêt Bonne-Nouvelle à Rouen en mai 2000 après que neuf jeunes garçons aient porté plainte contre lui pour agressions sexuelles, l’abbé Michel Potajesuk comparaît mardi devant le tribunal correctionnel de Dieppe. L’ecclésiastique originaire d’Offranville qui se trouve actuellement dans un monastère du sud de la France risque une peine d’emprisonnement de 10 ans.

Mai 2000, le milieu paroissial du Petit-Caux est secoué par une nouvelle qui glace d’effroi plusieurs centaines de paroissiens.

Michel Potajesuk, curé de 23 communes du secteur de Tourville-la-Chapelle depuis 1991, vient d’être placé sous mandat de dépôt et écroué à la maison d’arrêt Bonne Nouvelle à Rouen pour « agressions sexuelles sur mineurs de plus et de moins de quinze ans par personne abusant de l’autorité attenante à sa fonction ».

Considéré par les paroissiens comme un homme intègre, conservateur et néanmoins bon vivant, l’abbé Potajesuk avait su gagner la confiance de ses fidèles.

Portant toujours le col romain, il donnait cependant une image de curé moderne et branché.

Au moment des faits, la nouvelle avait plongé l’église dans la consternation. Monseigneur Duval, archevêque du diocèse de Rouen, l’archevêque s’exprimait en ces termes : « C’est une terrible épreuve pour les paroissiens, les enfants et moi-même. Je n’ai pas à commenter ces faits, actuellement, rien n’est établi, ce n’est encore que la phase de mise en examen. Mais depuis que j’ai appris cette nouvelle, je me sens comme crucifié ».

Pas un mot

A quelques jours du procès, rien n’a changé. Monseigneur Duval ne souhaite toujours pas s’exprimer d’avantage sur le sujet : « Je n’ai rien à dire pour le moment, le procès n’est pas passé, ce ne serait pas convenable », explique-t-il joint au téléphone mercredi.

Visiblement, l’Eglise conserve cette politique de « non-communication ». Politique qui avait déjà été adoptée lors d’affaires précédentes mettant en cause d’autres religieux.

Cependant, le service information et communication de la Conférence des évêques de France vient de sortir une brochure intitulée : « Lutter contre la pédophilie, repères pour les éducateurs ».

Dans ce cadre monseigneur David, évêque d’Evreux, a accordé une interview à « Chrétiens Médias ». Interview où il souligne la différence faite entre la dénonciation des auteurs d’actes de pédophilie et le fait de le signaler. « Le mot dénonciation a une tonalité très marquée. Si on dénonce, c’est pour que la personne soit jugée et condamnée. Or, dans la majorité des cas, il n’y a pas d’évidence mais des rumeurs, des soupçons. Dans ces cas-là, on n’a pas à juger ni à faire d’enquête. En revanche, en aucune façon on ne peut être complice. Il importe alors de porter ces faits à la connaissance de la justice. C’est cela un signalement. On informe le Procureur de la République », expliquait l’évêque.

Visiblement, les mentalités évoluent puisqu’il y a encore quelque temps, on parlait même de « secret professionnel ». Joint par téléphone jeudi matin, Monseigneur David est clair sur la position de l’Eglise en pareils cas : « L’Eglise a toujours fustigé les actes de pédophilie quels qu’ils soient. Il n’y a jamais eu aucun doute là dessus.

Actuellement, nous assistons à une prise de conscience à laquelle l’église contribue et dont elle bénéficie en même temps. Il faut impérativement briser la loi du silence qui a pu régner dans certains cas pour éradiquer ces faits.

Le secret professionnel n’est pas un écran de fumée, il ne doit pas servir à protéger les auteurs de ces faits.

L’Eglise est pour que la justice soit faite mais elle réfléchit également sur comment faire pour qu’une personne qui se serait rendue coupable d’actes pédophiles, puisse retrouver une place dans la société sans être un danger pour les autres », explique Monseigneur David.

Dix ans…

Actuellement, le père Potajesuk se trouverait dans un monastère du sud de la France. Une sorte de mise au vert jusqu’au procès qui aura lieu mardi après-midi.

Mardi, si les faits qui lui sont reprochés sont confirmés par le tribunal, l’abbé Michel Potajesuk risque une peine de dix ans de prison. Ce qui représenterait la peine maximum que puisse prononcer un tribunal correctionnel.

A n’en pas douter, l’émotion sera vive lors de cette audience qui risque de faire remonter beaucoup de souvenirs douloureux à la surface.

Eric Bonté


Du 1er au 13 juillet
Les insolents débarquent à Dieppe

Le programme

Mercredi 3 juillet : théâtre à domicile avec "Les Pieds dans le plat" aux Planches, café-théâtre près de la station balnéaire à Dieppe. Entrée : 8 euros.

Vendredi 5 juillet à 21 h : Smaïn au Casino de Dieppe. Entrée : 20 euros.

Lundi 8 juillet à 21 h : Didie Gustin au Casino. Entrée : 15 euros.

Mardi 9 juillet à 21 h : "Les Fumistes" au Casino. Entrée : 10 euros.

Mercredi 10 juillet à 21 h : Maxime au Casino. Entrée : 15 euros.

Vendredi 12 juillet à 22 h : Faudel sur les pelouses de la plage. Concert gratuit.

Samedi 13 juillet à partir de 22 h : parade pyrotechnique avec les Justins, départ du Puits-Salé.

Réservations dès à présent au Casino (02 32 14 48 00) et aux Informations dieppoises
(02 35 84 11 83).


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