Journal du 5 octobre 2001

Patrick Timsit est tombé
sous le charme de l'église de Varengeville

"On dirait une maison de poupées..."

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Acteur, réalisateur, Patrick Timsit a planté ses caméras dans le cimetière marin et la coquette église de Varengeville pour tourner plusieurs des scènes importantes de son prochain film à sortir en avril intitulé «Quelqu’un de bien». «Je ne connaissais pas cet endroit mais mon assistant qui avait fait les repérages sur tout le littoral m’a dit : il faut absolument que tu voies ce coin...»

Les cloches n’auront jamais autant sonné en une seule journée, sauf peut-être le jour de la Libération dans le village de Varengeville. Tournage oblige, la sortie de la messe de mariage voulue par Patrick Timsit, acteur et réalisateur de «Quelqu’un de bien» a été refaite une bonne demi-douzaine de fois.

Si l’histoire est un éternel recommencement, les métiers du cinéma le sont tout autant. Les cinquante figurants recrutés la semaine dernière à Dieppe, tout «endimanchés» pour assister au mariage de José Garcia, le compère de Patrick Timsit depuis «La Vérité si je mens», et de la belle Marianne Denicourt s’amusent de devoir répéter toujours les mêmes gestes. Il faut dire que sur le plateau improvisé du parvis de l’église, malgré le professionnalisme de l’impressionnante équipe technique qui accompagne Patrick Timsit, l’ambiance reste plutôt bon enfant.

L’acteur-réalisateur ira souvent à la rencontre de ces figurants, triés sur le volet parmi près de 350 candidats, pour discuter et plaisanter. Histoire de détendre l’atmosphère alors que le chef opérateur tout droit débarqué de sa Sicile natale n’en finit pas de scruter le ciel normand à la recherche d’une improbable éclaircie. «Dans ces cas-là, il faut attendre ou changer de plans, repasser sur des séquences en intérieur» explique volontiers un technicien affairé à régler sa caméra.

A presque 13 h, alors que le ciel s’est définitivement chargé, Patrick Timsit décidera d’arrêter pour aller déjeuner. Ballet des voitures pour redescendre au «camp de base» de l’équipe installé sur le parking du parc des Moutiers - à partir duquel la circulation des véhicules était interdite - pour qu’acteurs et figurants puissent se changer tranquillement avant d’aller casser la croûte et profiter des tartes normandes de la boulangère du village dont l’acteur est devenu accro. A table, Patrick Timsit ne joue plus son rôle mais reste tout autant sympa et accessible (lire notre interview en page 7). Un caractère qui n’est pas si fréquent dans les milieux du cinéma. Même l’adjoint au maire, Philippe Benoist, venu à la rencontre des acteurs et techniciens pour voir si tout se passait bien était invité à s’asseoir autour de la grande table dressée dans le camion restaurant qui suit l’équipe Les figurants, eux, déjeunent sous une tente mais une armée d’assistants est aux petits soins.

Le ciel ne s’étant toujours pas dégagé après la pause déjeuner du mardi, Patrick Timsit décidera de passer l’après-midi à faire des scènes d’intérieur dans l’église,. le mariage en lui-même. L’un des moments forts de ce film que l’auteur qualifie lui-même «de parcours initiatique de deux frères fâchés dont l’un doit mourir mais reste animé d’une farouche envie de vivre.»

C’est Patrick Timsit lui-même qui tient le rôle du frère malade et sans un don d’une partie du foie de son frère, alias José Garcia, il est condamné. Le sujet est lourd «mais on peut rire de presque tout...» poursuit l’acteur réalisateur qui doit aussi, dans une autre séquence du film, choisir dans le cimetière marin l’emplacement de sa tombe si toutefois il ne pouvait être sauvé. On ne dira pas la fin de l’histoire mais il y a peu de chances pour que Patrick Timsit ou son double soit un jour enterré à Varengeville.

Avec des acteurs de la trempe de Timsit ou José Garcia, la scripte du film s’arrache souvent les cheveux car au fil des prises, le scénario varie sensiblement. L’improvisation devenant de mise. Exemple, à la sortie de l’église alors que les jeunes mariés viennent de s’engouffrer dans une grosse voiture, le père du marié alias Georges Staquet, n’a pas réussi à passer... la première. Le moteur rugissait sous ses coups d’accélérateur mais sans que le véhicule avance d’un centimètre. Patrick Timsit s’est alors engouffré dans la voiture pour la pousser... Lorsque le clap «Coupez» a signalé la fin de la prise, l’acteur est revenu hilare. «C’était trop marrant, on va la garder...»

Mercredi soir, l’équipe a plié bagages, pour prendre la direction du Tréport où d’autres scènes doivent être tournées, non sans avoir fait une photo de famille devant la petite église et signé volontiers quelques autographes.

Reportage Philippe Rifflet et Michèle Lebourg

 

Interview

« J’ai tout de suite adoré
cette église et cette région »

«C’est un cadre merveilleux qui correspond parfaitement à l’ambiance du film, avec ce ciel tourmenté, ces falaises brutes qu’on voit au loin derrière les plans de sortie de l’église et du cimetière...» Pas bêcheur pour un sou, Patrick Timsit s’est volontiers arrêté pour répondre à nos questions entre deux prises de son nouveau film baptisé «Quelqu’un de bien».

S’il avoue n’être jamais venu dans la région auparavant, il concède être tombé sous le charme de Varengeville et de sa petite église, «on dirait une maison de poupées. C’est un assistant qui a fait les repérages durant tout l’été pour dénicher un endroit comme celui-là sur le littoral. La couleur du ciel, de la mer avec ses reflets verts dès que le soleil se montre, donnent une lumière incomparable. Idéale pour le climat du film. J’ai été frappé également de l’attachement des gens d’ici pour leur région et pour leur église. J’ai pu le constater en parlant avec les figurants avec qui nous avons très bien travaillé.»

Un coup de foudre comme celui-là ne restera sûrement pas sans lendemain.. Lorsqu’il travaillera sur un prochain film, Patrick Timsit pourrait bien à nouveau penser à la région dieppoise.

Figurant

La première expérience de Monique au cinéma

Monique, une Varengevillaise,
a vécu sa première expérience cinématographique

Choisie parmi plus de 350 personnes qui se sont présentées au casting, Monique Chiabergi a eu l’heureuse surprise d’être retenue avec son mari, Daniel.

«C’est une expérience plutôt sympa, l’occasion de connaître de plus près le monde du cinéma», raconte-t-elle.

«Il fallait se présenter avec deux ou trois tenues chic et d’été. C’est la costumière qui a choisi et complété éventuellement avec un accessoire». Ainsi, Monique s’est vue dotée d’une superbe capeline marine.

Durant deux jours, notre figurante a ainsi fait partie de la famille qui assistait au mariage. Et bien sûr, les scènes sont tournées cinq, six, voire sept fois, «C’est ainsi que je me suis trouvée embrasser José Garcia plusieurs fois pour le féliciter», poursuit-elle.

«On nous explique tout ce qui se passe, à chaque fin de scène tournée, Patrick Timsit nous félicite, nous encourage, jamais une parole négative. Tout le monde est gentil et prévenant, des boissons chaudes et des biscuits pour nous faire patienter entre les scènes... Si c’était à refaire, bien sûr que j’y retournerais».

La gentillesse de l’équipe, acteurs ou techniciens, a fait l’unanimité chez tous les figurants.


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