| Pour Edouard Leveau et son avocate, le
tract distribué par le Parti communiste est de la diffamation pure, pour Me Garraud et
ses sept clients communistes, cest de la politique et rien de plus. Le tribunal
rendra sa décision le 21 décembre prochain. Liliane Bosansky,
Liliane Legras et Gérard Jacqueline sont arrivés ensemble au tribunal. Marie-Catherine
Gaillard et Gérard Louvet les ont rejoints un peu plus tard, lorsque le Président
Charbonnier «faisait lappel» des prévenus. Christian Cuvilliez retenu par les
débats parlementaires à lassemblée nationale et Arnaud Coignet pour raisons
professionnelles sétaient excusés de ne pouvoir être présents à
laudience.
Edouard Leveau qui accuse les six élus communistes du conseil municipal et le
secrétaire de la section locale du Parti communiste nest pas venu lui non plus, le
tribunal ayant estimé quil nétait point besoin de lentendre.
Accusés de diffamation par le nouveau maire, les sept «prévenus» nont
pas souhaité sexprimer avant que les avocats nentrent en scène.
«Linsinuation de
copinage est intolérable...»
Pour Me Pascale Rondel qui défend les intérêts
dEdouard Leveau, «les insinuations de copinage qui figurent dans le tract
distribué le 15 mai dernier sous lentête du Parti communiste, section de
lagglomération dieppoise («largent, quand il y en a, cest pour les
amis»), sont intolérables.»
Pour elle, il a été clairement porté atteinte à lhonneur
dEdouard Leveau. «La démocratie, cest accepter le principe de
lalternance, il faut savoir perdre une élection et savoir sarrêter (...) Le
cynisme de ce tract est de déplacer les débats pour laisser penser quEdouard
Leveau et la municipalité dieppoise ne construiront pas le nouveau stade Thoumyre parce
que la Ville a provisionné une ligne budgétaire destinée à honorer des garanties
demprunts de la CCI.»
Et lavocate de rappeler que le nouveau maire et sa majorité nont
fait quappliquer une obligation en matière de gestion publique. «De plus, Monsieur
Leveau ne fait quassumer lhéritage des précédentes municipalités puisque
ce sont Irénée Bourgois et Christian Cuvilliez lui-même qui avaient signé ces contrats
de garanties deprunts accordées à la chambre de commerce.»
Edouard Leveau a demandé 1000.000 francs de dommages et intérêts «qui
seraient versés à une structure sociale de la ville».
«Un procès stalinien...»
Non sans humour, Me François Garraud qui défend les sept
prévenus parlera quant à lui «de procès stalinien...» Citant la déclaration des
Droits de lHomme, il indiquera que nul ne peut être condamné pour ses opinions.
«Ce procès est éminament politique, et bassement politique. Cest clairement le
Parti communiste qui est visé. Monsieur le président, le plaignant ne vous demande rien
dautre que de faire taire son opposition...»
Pour lavocat, laffaire (et le tract) se situe bien loin de la
diffamation «mais reste bel et bien dans le domaine du débat politique.»
Et de reprendre point par point le texte diffusé le 15 mai dans lïlot
Saint-Jacques et au Val Druel notamment pour dire que tout nest que «vérité. Y
compris lorsque le terme «amis» est employé puisque chacun sait bien dans cette salle
que la chambre de commerce a toujours formé un pôle dopposition à lancienne
municipalité. Au contraire, en tant quarmateur, Edouard leveau a tout intérêt au
bon fonctionnement du port et donc de la CCI. De nombreux membres de la chambre de
commerce figuraient également en bonne place dans le comité de soutien à Edouard
Leveau.»
Sur le fond de laffaire, Me Garraud a expliqué que la Ville nétait
nullement tenue dinscrire 1,8 million de francs pour honorer les garanties
demprunts «puisque des assurances avaient été données par lEtat pour une
recapitalisation. Si Edouard Leveau a ainsi décidé de gaspiller largent des
Dieppois, cest un choix politique, cest une erreur politique !»
Sur la forme, le défenseur des élus et représentants du PCF a également
insisté sur le fait que rien ne prouve que «ses clients» soient ou les auteurs, ou les
imprimeurs, ou encore les diffuseurs du tract. «La citation telle que la formulée
Edouard Leveau nest donc pas recevable...»
Le tribunal a mis son jugement en délibéré au 21 décembre !
P. R. |