| Depuis près de trois semaines, les
commerçants non sédentaires du marché de Dieppe protestent contre la décision de la
municipalité qui souhaite déplacer une partie dentre eux afin daccueillir le
marché de Noël place Nationale. Hier lundi, ils étaient reçus en mairie par Hubert
Vergnory, ladjoint chargé du dossier. «Cest
complètement débile !» «Je croyais que cétait une plaisanterie !» «Il y a
plein de place ailleurs, pourquoi retirer des commerçants pour en mettre dautres,
cest dégueulasse !»
Samedi matin place Nationale, les habitués du marché de Dieppe ne cachaient
par leur mécontentement quant à la décision de la mairie de vouloir déplacer une
partie des commerçants non sédentaires pour accueillir les chalets du marché de Noël.
Ils étaient dailleurs très nombreux à signer les pétitions de protestation afin
de soutenir les quelque vingt-cinq professionnels concernés.
Sentiment dinjustice
Depuis près de trois semaines, ces derniers se battent pour
conserver leur emplacement. Et à lheure où notre journal mettait sous presse hier
soir, ils étaient reçus par Hubert Vergnory, adjoint à la redynamisation des quartiers,
du commerce et de lurbanisme.
«Nous allons lui dire que sa façon de faire est vraiment des plus maladroites
car cest par un placier que nous avons appris les intentions de la municipalité»,
confie François Laheyne. Le représentant syndical des commerçants non sédentaires ne
cache pas son amertume ni son sentiment dinjustice: «Certains dentre nous
sommes présents depuis près de trente ans sur le marché de Dieppe. Aujourdhui,
non seulement il faudrait que nous cédions notre place à des gens qui ne seront là que
temporairement mais en plus que nous acquièscions ?»
Si la Ville de Dieppe maintient sa décision, vingt à vingt-cinq commerçants
seront ainsi expulsés de la place Nationale. «La mairie propose de nous replacer près
de léglise Saint-Jacques et rue de lOranger. Mais nous savons quil
ny aura pas suffisamment demplacement pour nous tous. Une dizaine dentre
nous risquent de perdre définitivement leur place», souligne François Laheyne.
Quant aux autres commerçants déplacés, ils sont persuadés quaprès
Noël, ils ne retrouveront pas leur emplacement dorigine. «Pour ma part, confie le
représentant syndical, je suis convaincu que le marché de Noël nest quun
prétexte pour supprimer une partie du marché du samedi.»
Restructurer le marché
Chargé du dossier, Hubert Vergnory préfère parler
dune restructuration du marché : «Tel quil est conçu actuellement, il
nest pas esthétique ni facile daccès. Les camions empêchent la visibilité.
La Ville souhaite aérer davantage lespace.»
Les commerçants non sédentaires acceptent dautant moins cette critique
que «M. Vergnory nest pas un modèle du genre. En matière desthétique, on
ne peut pas dire quil montre lexemple avec sa boutique plutôt vieillotte»,
remarque René André, vendeur de vêtements depuis trente ans sur le marché de Dieppe.
Quoi quil en soit, les commerçants préviennent que si la Ville de Dieppe
ne revient pas sur sa décision, ce ne sont pas des simples pétitions quils feront
signer : «Nous descendrons dans la rue avec nos camions et nous nous défendrons
jusquau bout !»
Maria da Silva.
Le soutien de la
Grande-Rue
En plus du soutien de leur clientèle, les commerçants du
marché de Dieppe ont reçu celui de commerçants sédentaires installés dans la
Grande-Rue. Ainsi, Jean-Claude Godefroy, propriétaire dun magasin de luminaires :
«Je comprends le mécontentement de mes confrères. Jestime quavant de
bouleverser un marché, il est bon de discuter avec les personnes concernées et de
travailler en concertation. Par ailleurs, je trouve dommage de tout chambouler pour
accueillir quelques chalets pendant un mois alors que le marché du samedi a toujours
existé.»
Comme de nombreuses autres personnes interrogées samedi matin, Jean-Claude
Godefroy ne comprend pas pourquoi le marché de Noël ne retrouve pas son emplacement
dorigine, à savoir le quai Henri-IV : «Cest un emplacement idéal. Il y a
tout lespace souhaité et il se trouve dans le prolongement de la Grande-Rue.»
«Il paraît quil y fait trop froid. Et nous alors ! M. Vergnory pense
sans aucun doute que nous navons jamais froid place Nationale ?» demande René
André. |