De lourdes peines ont été prononcées à
lencontre de deux Dieppois trafiquants dhéroïne.En maison
darrêt depuis le 15 février dernier, le Dieppois Mickaël J. avait à répondre
mardi après-midi dun important trafic dhéroïne sur Dieppe et plus
particulièrement dans les quartiers des Bruyères et du Val-Druel. Toujours en liberté,
son acolyte Eddy A. navait quant à lui pas eu la patience dattendre le
jugement de laffaire et brillait donc par son absence à la barre. Il apprendra sous
peu que les peines qui ont été prononcées par le tribunal sont lourdes, à la mesure
dun important trafic de stupéfiants dont ils étaient les initiateurs depuis
plusieurs années.
Cest de drogue dure dont il a été question durant tout le procès,
dhéroïne vendue à des quantités importantes entre la période du 1er avril 1998
et mai 2001. Comme dhabitude dans ce type daffaire, chacun des deux prévenus
sest renvoyé la balle en minimisant limportance du trafic. Il a donc fallu
aux enquêteurs se rendre dans les quartiers concernés et recueillir le maximum de
témoignages pour essayer de savoir qui était en quelque sorte le « cerveau » du
trafic. Les deux Dieppois étaient bien évidemment connus des services judiciaires et
affichent à leur actif un casier bien chargé.
Malgré les nombreux témoignages le décrivant comme un
gros trafiquant, Mickaël J. a campé sur sa position initiale devant le président
Charbonnier. « Je sortais de prison et cest Eddy A. qui ma remis dedans. A
chaque fois, il sen sort bien avec ses combines et moi en prison, on me met tout sur
le dos! », déclarait Mickaël J. en reconnaissant deux voyages en Hollande et la revente
de quelques grammes dhéroïne.
« Vous avez reconnu dans un premier temps avoir vendu 55 g dhéroïne
puis vous vous êtes rétracté en déclarant quil sagissait seulement de 25
g, vos déclarations frisent le ridicule », poursuivait le président Charbonnier.
Lensemble des témoignages recueillis décrit Mickaël J. comme « celui
qui tenait le trafic » et Eddy A. comme « son lieutenant qui suivait le mouvement ». «
Linstruction a permis destimer à près de 2 kg la revente dhéroïne au
cours de la période incriminée, ce qui représenterait une vente de près de 200000 F
», précisait le président du tribunal. « Qui plus est Mickaël J., vous êtes décrit
comme quelquun qui initiait ses futurs clients à la drogue afin quils en
deviennent dépendants, danciens toxicomanes disent que vous les sollicitiez
régulièrement afin quils replongent. »
Le procureur Bourdais devait décrire Mickaël J. comme quelquun « de
particulièrement nuisible à la société » dont les aveux étaient peu crédibles face
aux nombreux témoignages. Elle qualifiait Eddy A. de gros consommateur dhéroïne
aux activités de dealer moindres en situation de récidive. Pour Mickaël J., elle
requérait cinq ans de prison ferme et son maintien en détention, pour Eddy A. 36 mois de
prison dont 24 assortis dun sursis avec mise à lépreuve dune durée de
deux ans et lobligation de se soigner.
Me Lemaire chargé de défendre Mickaël J. sollicitait une expertise
psychiatrique. « Mon client est dépendant de la drogue dure et lincarcération
nest pas une solution ». Il sinterrogeait enfin sur la valeur des
témoignages, « dans ce type dinfraction, cest la loi du silence et personne
ne parle par peur des représailles. On a chargé mon client car on le savait en prison et
donc inoffensif tandis que son complice est libre et dangereux ».
Me Quatravaux pour la défense dEddy A. demandait quant à lui un sursis
avec mise à lépreuve. « Mon client est un drogué qui a énormément de mal à
sen sortir malgré un suivi médical régulier ».
Mickaël J. a été condamné à cinq ans de prison ferme et Eddy A. à deux ans
de prison ferme ainsi quun an de prison avec sursis mise à lépreuve et
lobligation de se soigner.
M.P.