Journal du 16 novembre 2001

Dieppe
Cinq ans de prison ferme
pour l'un des trafiquants d'héroïne

De lourdes peines ont été prononcées à l’encontre de deux Dieppois trafiquants d’héroïne.

En maison d’arrêt depuis le 15 février dernier, le Dieppois Mickaël J. avait à répondre mardi après-midi d’un important trafic d’héroïne sur Dieppe et plus particulièrement dans les quartiers des Bruyères et du Val-Druel. Toujours en liberté, son acolyte Eddy A. n’avait quant à lui pas eu la patience d’attendre le jugement de l’affaire et brillait donc par son absence à la barre. Il apprendra sous peu que les peines qui ont été prononcées par le tribunal sont lourdes, à la mesure d’un important trafic de stupéfiants dont ils étaient les initiateurs depuis plusieurs années.

C’est de drogue dure dont il a été question durant tout le procès, d’héroïne vendue à des quantités importantes entre la période du 1er avril 1998 et mai 2001. Comme d’habitude dans ce type d’affaire, chacun des deux prévenus s’est renvoyé la balle en minimisant l’importance du trafic. Il a donc fallu aux enquêteurs se rendre dans les quartiers concernés et recueillir le maximum de témoignages pour essayer de savoir qui était en quelque sorte le « cerveau » du trafic. Les deux Dieppois étaient bien évidemment connus des services judiciaires et affichent à leur actif un casier bien chargé.

 Près de 200000 F de bénéfices

Malgré les nombreux témoignages le décrivant comme un gros trafiquant, Mickaël J. a campé sur sa position initiale devant le président Charbonnier. « Je sortais de prison et c’est Eddy A. qui m’a remis dedans. A chaque fois, il s’en sort bien avec ses combines et moi en prison, on me met tout sur le dos! », déclarait Mickaël J. en reconnaissant deux voyages en Hollande et la revente de quelques grammes d’héroïne.

« Vous avez reconnu dans un premier temps avoir vendu 55 g d’héroïne puis vous vous êtes rétracté en déclarant qu’il s’agissait seulement de 25 g, vos déclarations frisent le ridicule », poursuivait le président Charbonnier.

L’ensemble des témoignages recueillis décrit Mickaël J. comme « celui qui tenait le trafic » et Eddy A. comme « son lieutenant qui suivait le mouvement ». « L’instruction a permis d’estimer à près de 2 kg la revente d’héroïne au cours de la période incriminée, ce qui représenterait une vente de près de 200000 F », précisait le président du tribunal. « Qui plus est Mickaël J., vous êtes décrit comme quelqu’un qui initiait ses futurs clients à la drogue afin qu’ils en deviennent dépendants, d’anciens toxicomanes disent que vous les sollicitiez régulièrement afin qu’ils replongent. »

Le procureur Bourdais devait décrire Mickaël J. comme quelqu’un « de particulièrement nuisible à la société » dont les aveux étaient peu crédibles face aux nombreux témoignages. Elle qualifiait Eddy A. de gros consommateur d’héroïne aux activités de dealer moindres en situation de récidive. Pour Mickaël J., elle requérait cinq ans de prison ferme et son maintien en détention, pour Eddy A. 36 mois de prison dont 24 assortis d’un sursis avec mise à l’épreuve d’une durée de deux ans et l’obligation de se soigner.

Me Lemaire chargé de défendre Mickaël J. sollicitait une expertise psychiatrique. « Mon client est dépendant de la drogue dure et l’incarcération n’est pas une solution ». Il s’interrogeait enfin sur la valeur des témoignages, « dans ce type d’infraction, c’est la loi du silence et personne ne parle par peur des représailles. On a chargé mon client car on le savait en prison et donc inoffensif tandis que son complice est libre et dangereux ».

Me Quatravaux pour la défense d’Eddy A. demandait quant à lui un sursis avec mise à l’épreuve. « Mon client est un drogué qui a énormément de mal à s’en sortir malgré un suivi médical régulier ».

Mickaël J. a été condamné à cinq ans de prison ferme et Eddy A. à deux ans de prison ferme ainsi qu’un an de prison avec sursis mise à l’épreuve et l’obligation de se soigner.

M.P.


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