Journal du 21 septembre 2001

Vent du nord, tempête et grande marée
La plage de Pourville envahie par les déchets

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Drôle de surprise mardi matin pour les baigneurs de Pourville qui ont dû enjamber des monceaux de bois et de détritus pour atteindre l’eau. Le service littoral de l’Estran devra travailler au moins trois semaines pour tout nettoyer.

Drôle de surprise mardi matin pour Charles Paumier et Jacques Langlois qui chaque matin viennent piquer une tête dans la Manche sur la plage de Pourville. Après une nuit de tempête, conjuguée à des vents du Nord persistants et à un gros coefficient de marée, des courants ont rejeté sur la plage une incroyable quantité de déchets. Beaucoup de bois mort, mais aussi des cordages, des vieux filets et malheureusement, tout ce que les estivants ont oublié dans l’eau, au cours de baignades ou en croisant au large de nos côtes à bord de leurs voiliers. «C’est à croire que les gens considèrent la Manche comme leur poubelle personnelle… » s’indignaient les deux baigneurs. «Depuis le temps que l’on vient là, c’est la première fois qu’on voit autant de rejets… Les effondrements de falaise n’arrangent pas les choses, et tout le bois que vous voyez aujourd’hui sur la plage vient de là.»

Une situation qui a évidemment mobilisé le service littoral de l’Estran – dont l’action vient d’ailleurs d’être labellisée par le ministère de l’Environnement - qui estime «à deux ou trois semaines le temps nécessaire au nettoyage des plages. Depuis lundi, nous étions occupés à dégager les plages des algues qui s’y étaient déposées en grande quantité. Lundi nous étions à Criel mais avec la tempête de la nuit suivante, tout le boulot de la veille était bon à recommencer».

Les algues devront cependant attendre un peu car l’urgence de la situation va conduire le service littoral à concentrer ses efforts sur le bois et les plastiques. Les objets ramassés seront ensuite triés, confiés aux municipalités des plages sur lesquelles ils ont été ramassés et enfin conduits à l’usine d’incinération qui les fera disparaître. Autant d’opérations qui ont un coût et devraient amener les utilisateurs de nos plages à davantage les respecter. Même si le comportement des vacanciers s’est grandement amélioré au cours de ces dernières années, il faudra encore beaucoup travailler pour limiter sinon éliminer cette source de pollution. Quant à la mer, les plaisanciers et autres bateaux de commerce qui balancent tout et n’importe quoi par dessus bord, seule la répression (pas facile à mettre en œuvre) semble susceptible de faire évoluer les mentalités.

La plupart des plages du littoral a été touchée par cette vague de rejets de mardi matin, y compris la plage de Dieppe, mais c’est à Pourville que la situation était la plus spectaculaire.

P. R.


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