Journal du 9 novembre 2001

Les commerçants non sédentaires obtiennent gain de cause
Le marché de Noël n'aura pas lieu
place Nationale

A l’issue de leur rencontre avec le maire Edouard Leveau, les commerçants ambulants du marché de Dieppe ont obtenu gain de cause lundi soir. Ils conserveront leur emplacement place Nationale. Une réflexion est menée pour replacer le marché de Noël.

«Je n’ai jamais loupé un marché depuis vingt-deux ans. Tous les samedis, je fais quatre cents kilomètres pour vendre des gadgets à 12 F. Ma richesse à moi, c’est cette petite dame qui vient m’apporter un café pour me réchauffer l’hiver. Ou cette autre qui m’offre des fleurs après mon opération. C’est un amour le marché ! Et si vous me retirez le marché de Dieppe, vous me retirez tout !»

Finalement, c’est par l’émotion que les commerçants du marché de Dieppe ont obtenu gain de cause. Visiblement touché par le témoignage de certains, le maire a décidé que le marché de Noël ne se tiendrait pas place Nationale (lire Les Informations dieppoises du 6 novembre). Allant même jusqu’à lâcher : «On s’en fout du marché de Noël» !

Redynamiser le marché

Pourtant, la partie n’était pas gagnée d’avance, lundi soir, à l’occasion de la rencontre entre les commerçants, le maire de Dieppe et Hubert Vergnory, adjoint chargé du dossier. Une centaine de forains avaient fait le déplacement et les débats ont été des plus houleux. Remontés à bloc, les camelots étaient bien décidés à ne faire aucune concession. La municipalité était convaincue pour sa part que le marché de Noël avait toute sa place place Nationale.

«Depuis une vingtaine d’années, le marché de Dieppe a perdu des commerçants place Nationale. En y intégrant le marché de Noël, c’était un moyen de le redynamiser, de lui redonner un caractère attirant et agréable», argumente Hubert Vergnory. «Mon idée, poursuit l’adjoint au maire, c’est de revenir à un marché concentré et sans camion. Tel qu’il est aujourd’hui, ce marché ne ressemble à rien.»

«Cela fait trente ans que l’on fait le marché, il y a toujours eu des véhicules et ça n’a pas empêché les gens de venir !», lance un commerçant. Un autre fustige : «Vous vous êtes mis à notre place ? Notre métier est un métier ambulant, nous avons besoin de nos véhicules ! Ils servent de cabine d’essayage ! Ils servent à la présentation de notre marchandise ! Ce que je crois, moi, c’est que la présence de ces camions n’est qu’un prétexte pour nous virer de la place Nationale afin de mettre d’autres commerçants sur nos emplacements et ça, c’est dégueulasse !»

«Est-ce qu’on a déjà vu ça quelque part ? Enlever un commerçant pour en mettre un autre ? Alors les chalets ont le droit de manger et pas nous ? Car le marché, c’est notre gagne-pain, il fait vivre nos familles !», enchérit un autre.

Electrochoc

Dans la salle, le dialogue devient de plus en plus difficile. Les esprits s’échauffent et la municipalité semble à court de répartie. L’adjoint au maire trouve pour seul argument : «J’ai utilisé le marché de Noël pour faire un électrochoc et ça n’a pas manqué. Moi aussi, je l’aime ce marché et je veux sa réorganisation pour qu’il soit encore plus attrayant.»

«En plaçant tout le monde correctement, la place Nationale sera remplie. Mais les chalets de Noël, nous n’en voulons pas ! », insistent les commerçants qui préviennent : «Nous sommes prêts à descendre dans la rue et à bloquer le centre-ville avec nos camions s’il le faut !»

Commission et réorganisation

«Je vous échange les chalets contre la réorganisation de votre marché et la venue de nouveaux camelots», déclare le maire après plus d’une heure de débat. Les commerçants applaudissent et promettent de se mettre à la tâche en créant une commission chargée de repenser le marché place Nationale.

Quant au marché de Noël, les abords de l’église Saint-Jacques ont été suggérés pour son accueil. Reste maintenant à convaincre... la société organisatrice !

Maria da Silva.

Des travaux programmés
Grande-Rue et place Nationale

Si les commerçants non sédentaires ont gagné la bataille lundi soir, ils devront de toute façon céder leur bout de pavé dans quelques mois, un projet d’aménagement global du centre-ville et de la place Nationale étant actuellement en cours avec notamment la réalisation d’un parking souterrain de quatre niveaux place Nationale et la réfection de la Grande-Rue.

«Ces travaux s’imposaient, confie Hubert Vergnory. La rue piétonne n’a pas été refaite depuis trente années. Le mobilier est vieillot, l’éclairage dépassé. Nous allons remettre tout cela au goût du jour avec notamment un éclairage ambiant et une mise en valeur des immeubles. Il en va de même pour la place Nationale.» Un lifting qui perturbera pendant plusieurs mois la vie du centre-ville.

La station balnéaire remise à plus tard

Concernant les autres grands projets de la ville, l’adjoint au maire chargé de la redynamisation des quartiers, du commerce et du centre-ville a confié que «l’appel d’offres pour le nouveau stade vient d’être lancé. Les études sont actuellement en cours et le projet est estimé à quelque quarante millions de francs. Mais nous allons être très courts pour tenir le délai de 2004.»

A propos de la sation balnéaire, l’élu a déclaré enfin que ce n’était plus l’urgence : «Nous ne pouvons pas tout faire d’un coup, la Ville n’en a pas les moyens. D’abord, nous réaliserons le stade, ensuite nous verrons pour la station balnéaire, mais le projet n’est pas tombé aux oubliettes», a-t-il assuré.

En tout état de cause, une chose semble certaine, c’est que le projet de la future station balnéaire sera nettement moins ambitieux que celui retenu par l’ancienne municipalité.


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