Journal du 28 septembre 2001

Ouverture de la coquille
Les bateaux dieppois armés pour lundi midi

Les pêcheurs dieppois et tréportais s’apprêtent à repartir pour une campagne de sept mois très importante pour la vie des deux villes. La campagne de coquilles Saint-Jacques pour le hors Baie de Seine s’ouvre, en effet, lundi 1er octobre à midi. Une heure inhabituelle pour les marins armés pour l’or des mers.

Sur les 80 navires immatriculés à Dieppe, près de 70 sont autorisés à pêcher la coquille. Ils sont donc près de 70 à se préparer à partir en pêche pour l’or des pêcheurs dieppois : « Sur les 40 000 tonnes débarquéEs à Dieppe, les coquilles représentent 1 225 tonnes, soit le tiers de l’activité de la criée, explique Eric Mévélec, administrateur des Affaires maritimes. En terme de chiffre, la coquille représente 3 millions de francs, soit la moitié du chiffre d’affaires. »

C’est donc bien d’or dieppois qu’il s’agit. Parce que si, depuis quatre ans, la baisse est sensible en terme de quantité à la débarque « sans doute en raison de ponctions excessives sur les ressources, sans pourtant exclure le fait que d’autres gisements peuvent être intacts ailleurs », la campagne de la coquille demande toujours un soin particulier.

La 31e étude de l’Ifremer annonce, en effet, comme nous l’avons déjà relaté dans nos colonnes, une très bonne campagne pour cette année. Rien n’est moins sûr pour la campagne suivante. « L’étude a deux grandes conclusions, explique Eric Mévélec. Tout d’abord que le stock de coquilles pêchables cette année est plus abondant que les années précédentes, ce qui assure donc une très bonne campagne 2001-2002. Mais qu’il existe un déficit important dans la classe d’âge des coquilles qui doivent arriver à maturité l’an prochain. L’Ifremer préconise donc des mesures de réduction de l’effort de pêche. » En concertation avec les professionnels, la direction régionale des Affaires maritimes a donc décidé d’ouvrir la campagne de coquille lundi 1er octobre à midi. La date de fermeture sera, quant à elle, certainement avancée. « La décision sera prise en février » indique Eric Mévélec.

A cet avancement de date de fermeture, s’ajoute la fermeture de la pêche pour les quatre week-ends d’octobre. Une décision qui peut être modifiée au cours du mois : « Professionnels et membres de l’administration doivent se réunir le 19 octobre pour décider de poursuivre ou de lever cette fermeture le week-end en fonction du marché ou de la météo » promet Eric Mévélec. Du vendredi midi au dimanche midi, la pêche à la coquille sera donc interdite, ce qui réduira les quantités débarquées de deux septièmes.

Des contrôles accrus

Parce que ce sont les quantités qui doivent être respectées : « L’arrêté de cette année qui reprend presque exclusivement les mêmes articles que l’an dernier fixe les quotas d’octobre à 250 kg de coquilles par homme à bord et par jour avec un plafond de 1000 tonnes par semaine » indique Eric Mévélec qui aura un œil particulièrement affûté sur la question : « Les risques de débarquement trop importants sont préjudiciables pour tout le monde parce qu’ils font chuter les cours et qu’ils font souffrir la trésorerie des organisations de producteurs qui régulent le marché et assurent un revenu aux pêcheurs en achetant, pour les détruire, les coquilles en trop».

Ainsi, plusieurs mesures sont mises en place. D’abord avec des fermetures le week-end mais également avec un régime de contrôle renforcé : « Nous serons plus présents sur les quais au moment de la débarque, de jour comme de nuit pour contrôler trois infractions particulières : les quotas, mais aussi le logbog, ce journal de bord que doivent remplir les pêcheurs à chaque sortie et dont un exemplaire doit être déposé aux Affaires maritimes à chaque débarquement et enfin les noix. Parce quelques pêcheurs malveillants énucléent les coquilles à bord. Nous ne pouvons donc pas contrôler la taille des coquilles et il est ainsi très difficile de voir la quantité » explique Eric Mévélec qui assure que les sanctions seront dissuasives.

L’or blanc des mers fera donc encore cette année, durement travailler quelque 500 pêcheurs dieppois et tréportais dès le 1er octobre à midi pour le hors Baie de Seine qui, lui, ouvrira ses eaux pour la pêche à la coquille au mois de décembre. Interdite aux trop gros bateaux haut-normands, la baie de Seine est une tout autre histoire.

Les coquillards qui assurent, en sept mois, la moitié de leur revenu aux pêcheurs sont fin prêts, armés pour présenter dans toutes les assiettes des gourmands les noix de coquille tant recherchées.

Sandra Beaufils


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