| Les pêcheurs dieppois et tréportais
sapprêtent à repartir pour une campagne de sept mois très importante pour la vie
des deux villes. La campagne de coquilles Saint-Jacques pour le hors Baie de Seine
souvre, en effet, lundi 1er octobre à midi. Une heure inhabituelle pour les marins
armés pour lor des mers. Sur les 80 navires immatriculés
à Dieppe, près de 70 sont autorisés à pêcher la coquille. Ils sont donc près de 70
à se préparer à partir en pêche pour lor des pêcheurs dieppois : « Sur les 40
000 tonnes débarquéEs à Dieppe, les coquilles représentent 1 225 tonnes, soit le tiers
de lactivité de la criée, explique Eric Mévélec, administrateur des Affaires
maritimes. En terme de chiffre, la coquille représente 3 millions de francs, soit la
moitié du chiffre daffaires. »
Cest donc bien dor dieppois quil sagit. Parce que si,
depuis quatre ans, la baisse est sensible en terme de quantité à la débarque « sans
doute en raison de ponctions excessives sur les ressources, sans pourtant exclure le fait
que dautres gisements peuvent être intacts ailleurs », la campagne de la coquille
demande toujours un soin particulier.
La 31e étude de lIfremer annonce, en effet, comme nous lavons
déjà relaté dans nos colonnes, une très bonne campagne pour cette année. Rien
nest moins sûr pour la campagne suivante. « Létude a deux grandes
conclusions, explique Eric Mévélec. Tout dabord que le stock de coquilles
pêchables cette année est plus abondant que les années précédentes, ce qui assure
donc une très bonne campagne 2001-2002. Mais quil existe un déficit important dans
la classe dâge des coquilles qui doivent arriver à maturité lan prochain.
LIfremer préconise donc des mesures de réduction de leffort de pêche. » En
concertation avec les professionnels, la direction régionale des Affaires maritimes a
donc décidé douvrir la campagne de coquille lundi 1er octobre à midi. La date de
fermeture sera, quant à elle, certainement avancée. « La décision sera prise en
février » indique Eric Mévélec.
A cet avancement de date de fermeture, sajoute la fermeture de la pêche
pour les quatre week-ends doctobre. Une décision qui peut être modifiée au cours
du mois : « Professionnels et membres de ladministration doivent se réunir le 19
octobre pour décider de poursuivre ou de lever cette fermeture le week-end en fonction du
marché ou de la météo » promet Eric Mévélec. Du vendredi midi au dimanche midi, la
pêche à la coquille sera donc interdite, ce qui réduira les quantités débarquées de
deux septièmes.
Des contrôles accrus
Parce que ce sont les quantités qui doivent être
respectées : « Larrêté de cette année qui reprend presque exclusivement les
mêmes articles que lan dernier fixe les quotas doctobre à 250 kg de
coquilles par homme à bord et par jour avec un plafond de 1000 tonnes par semaine »
indique Eric Mévélec qui aura un il particulièrement affûté sur la question :
« Les risques de débarquement trop importants sont préjudiciables pour tout le monde
parce quils font chuter les cours et quils font souffrir la trésorerie des
organisations de producteurs qui régulent le marché et assurent un revenu aux pêcheurs
en achetant, pour les détruire, les coquilles en trop».
Ainsi, plusieurs mesures sont mises en place. Dabord avec des fermetures
le week-end mais également avec un régime de contrôle renforcé : « Nous serons plus
présents sur les quais au moment de la débarque, de jour comme de nuit pour contrôler
trois infractions particulières : les quotas, mais aussi le logbog, ce journal de bord
que doivent remplir les pêcheurs à chaque sortie et dont un exemplaire doit être
déposé aux Affaires maritimes à chaque débarquement et enfin les noix. Parce quelques
pêcheurs malveillants énucléent les coquilles à bord. Nous ne pouvons donc pas
contrôler la taille des coquilles et il est ainsi très difficile de voir la quantité »
explique Eric Mévélec qui assure que les sanctions seront dissuasives.
Lor blanc des mers fera donc encore cette année, durement travailler
quelque 500 pêcheurs dieppois et tréportais dès le 1er octobre à midi pour le hors
Baie de Seine qui, lui, ouvrira ses eaux pour la pêche à la coquille au mois de
décembre. Interdite aux trop gros bateaux haut-normands, la baie de Seine est une tout
autre histoire.
Les coquillards qui assurent, en sept mois, la moitié de leur revenu aux
pêcheurs sont fin prêts, armés pour présenter dans toutes les assiettes des gourmands
les noix de coquille tant recherchées.
Sandra Beaufils |