Journal du 12 octobre 2001

Inauguration d'un nouveau scanner à l'hôpital
Pour être à la pointe de la technologie

L’hôpital de Dieppe inaugure ce matin son nouveau scanner qui aura nécessité quatre millions de francs d’investissement, le prix de la technologie adaptée au confort des malades et à la qualité des soins développée par l’établissement qui se positionne aujourd’hui parmi les grands centres hospitaliers de la région.

Quatre millions de francs, c’est le prix du nouveau scanner que l’hôpital de Dieppe s’apprête à inaugurer (ce matin à partir de 11 h).

Un investissement important, payé en autofinancement par l’hôpital, qui traduit la volonté de l’établissement dieppois de rester à la pointe de la technologie. Longtemps décrié et souvent considéré comme un hôpital de seconde zone, le centre hospitalier dieppois connaît depuis quelques années une seconde jeunesse, l’installation de ce nouvel équipement mis au point par Toshiba au Japon et par un gestionnaire de logiciels de la Silicon Valley aux Etats-Unis en étant un symbole fort.

Les avantages proposés par ce nouveau scanner sont multiples, à commencer par la qualité des soins apportés aux patients lors des examens puisque les temps d’actes étant considérablement réduits - il faut aujourd’hui entre 10 et 15 minutes pour l’ensemble de la procédure de l’entrée à la sortie du service contre plus de 30 minutes auparavant - l’exposition aux rayons X est divisée par quatre.

5500 actes par an

Avec 5500 actes réalisés en moyenne chaque année, le centre hospitalier a obtenu sans peine l’autorisation de l’agence hospitalière - seul organisme habilité à délivrer les autorisations d’investissements dans ce type de matériel - de lancer un appel d’offres pour changer son ancien scanner devenu sinon obsolète (puisqu’il a été revendu par une société spécialisée dans un pays d’Afrique du Nord), au moins en retard comparé aux avancées technologiques.

L’hôpital a obtenu son autorisation pour une durée de sept ans, période qui correspond en fait à l’espérance de vie d’un tel outillage.

Lorsque l’autorisation a été obtenue, l’hôpital dieppois a constitué un groupe de travail constitué notamment du Dr Thyphonnet, chef du service radiologie, de Georges Nivesse, chef du département travaux investissements de l’hôpital, et de Laurence Stoklebout, ingénieur bio-médical, pour travailler sur le choix du matériel qui serait acheté. «Quatre fournisseurs ont répondu à notre appel d'offres, explique l’ingénieur bio-médical, et avant de faire notre choix en fonction de paramètres scientifiques et économiques, nous avons fait plusieurs déplacements en France et à l’étranger pour voir fonctionner des matériels identiques.»

Le choix du groupe de travail s’est finalement porté vers du matériel Toshiba assemblé au Japon, les logiciels d’accompagnement étant quant à eux mis au point par la Sté Silicon Graphy (lire encadré). «C’est d’ailleurs dans ce domaine des logiciels d’applications que les progrès de la technologie ont été les plus impressionnants au cours de ces dernières années» indique Laurence Stoklebout.

Traitement humain

«Notre nouveau scanner qui concerne surtout des pathologies du crâne, du thorax et de l’abdomen et permet notamment de dépister de cancers, découpe le corps en tranches et renvoie des images de qualité bien meilleure et surtout nettement plus précises qu’auparavant. Un nouveau logiciel permet également de pratiquer des endoscopies virtuelles qui ne nécessitent plus l’introduction de cathéter dans les voies naturelles.

L’examen devient alors complètement indolore et facilite évidemment la prise en charge du patient la plus humaine possible. Un nouveau logiciel permet enfin de faire des reconstitutions - un crâne, une main - en trois dimensions.»

Avec la certitude d’obtenir à la fin de l’année prochaine une IRM mobile (partagée avec l’hôpital d’Abbeville) qui permettra d’éviter de nombreux - et pénibles - déplacements des patients vers les hôpitaux du Havre et de Rouen, le centre hospitalier de Dieppe se trouve aujourd’hui à la pointe de la technologie.

P. R.

Du retard à cause de Ben Laden

Deux consoles sont aujourd’hui reliées au scanner du service radiologie de l’hôpital. une troisième offrant encore davantage de confort de travail et de précision les rejoindra bientôt. «Nous devrions déjà l’avoir mais les événements survenus à New-York le 11 septembre ont eu des conséquences inattendues pour nous. Notre console s’est en effet consumée dans le World Trade Center à Manhanttan où étaient installés les bureaux et les laboratoires de mise au point de Silicon Graphy, notre fournisseur.» La Sté Américaine avec laquelle travaille le centre hospitalier Dieppois a d’ailleurs perdu la moitié de son personnel dans les attentats suicides perpétrés par les réseaux Ben Laden.

L’entreprise a immédiatement indiqué à son client que la commande serait néanmoins honorée. Il faudra cependant patienter quelque peu puisque depuis l’offensive Américaine en Afghanistan, Silicon Graphy a été réquisitionnée par le Gouvernement des états-Unis pour fournir d’urgence dix scanner destinés à équiper les hôpitaux de campagne de l’armée Américaine. L’hôpital dieppois passera donc après la raison d’état.

P. R.


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