| Atteint dune «asbestose»,
forme de déficience respiratoire grave, Christian Minil, Dieppois de 57 ans, bénéficie
aujourdhui dune retraite «amiante» mais le chemin a été long pour faire
reconnaître sa maladie comme étant une maladie professionnelle. Sans le soutien de
lADEVA, association des victmes de lamiante, bien des salariés seraient
aujourdhui dans limpasse. Asbestose» le nom ne dit
pas forcément grand chose pour les non-initiés au jargon médical, car cest
dune maladie dont il sagit. Une maladie, peu connue certes, mais terriblement
handicapante pour ceux qui en sont atteints. Elle tire son nom des mines dAsbestose,
au Canada, doù lon extrayait lamiante pure.
Forme de maladie pulmonaire qui se caractérise par une insuffisance
respiratoire chronique, «lasbestose est typiquement une maladie, dite maladie à
caractère professionnel, enfin reconnue à ceux qui ont travaillé dans des atmosphères
polluées par les fibres damiante. Des fibres qui vont se ficher dans les muqueuses
des bronches de manière irréversible puisquelles finissent par se solidifier en
occasionnant ainsi une gêne considérable.
Une carrière dans la
métallurgie
Une maladie dont est atteint Christian Minil, Dieppois de 57
ans, qui bénéficie depuis lannée 2000 dune retraite dite retraite amiante.
La sécurité sociale ayant fini par admettre que le mal dont il est atteint a bel et bien
une relation directe avec la profession qui fut la sienne tout au long de sa carrière, en
loccurrence depuis lâge de 17 ans.
Le Dieppois a certes fréquenté plusieurs entreprises mais toutes
spécialisées dans le domaine de la métallurgie, un secteur particulièrement exposé à
lamiante.
De Dieppe à Quevilly où il travaillait à lentretien de centrales
thermiques, puis pour une société jurassienne spécialisée dans lentretien des
centrales nucléaires, Christian Minil na jamais changé de secteur et sest
toujours retrouvé au contact de lamiante.
«Les dangers de lamiante
étaient connus depuis 1950»
« Cela a même commencé à lécole, en cours de
métallurgie. On a pratiquement toujours travaillé sans masque alors que depuis longtemps
déjà les pouvoirs publics connaissaient les dangers de lamiante. Aujourdhui
je suis malade et bénéficie dun suivi permanent. Jai quand même plus de
chance quun ancien collègue de travail de Torcy décédé à lâge de 47 ans.
Cest mon médecin traitant qui en 96 a fait le lien entre les douleurs intercostales
dont je me plaignais et une maladie pulmonaire liée à mon activité professionnelle»
explique-t-il.
Membre de lADEVA, association nationale des victimes de lamiante,
qui chaque mois tient une permanence à la Maison des associations, Christian Minil sait
bien les difficultés quil lui a fallu surmonter pour abtenir une reconnaissance de
sa maladie pour cause professionnelle.
«Sans lADEVA, on nen serait sûrement pas là. Depuis 1950 les
pouvoirs publics connaissent les dangers de lamiante mais depuis toujours, il y a eu
une volonté de minimaliser ces risques et les conséquences de ce phénomène.
Lassociation apporte un soutien important dans les démarches qui visent à faire
obtenir le statut de maladie professionnelle qui permet en particulier de partir à la
retraite plus tôt.» explique Yves Bordages, membre de lassociation dont le siège
départemental est installé au Havre. «On estime à 100.000 le nombre de décès qui
seraient dus à lamiante. Aujourdhui, après la reconnaissance de la
dangerosité de celle-ci, qui a conduit à son interdiction à partir de 1997, notre
combat porte sur une reconnaissance de la responsabilité des employeurs. Nous avons
déjà obtenu du ministère de lEmploi et de la Solidarité la création dun
fonds dindemnisation mais il reste encore beaucoup à faire.»
A Dieppe comme dans toutes les villes portuaires, lee phénomène est
particulièrement sensible du fait de lexistence de chantiers navals où
lusage de cette substance est largement répandu.
P.R.
LADEVA tient une permanence mensuelle à la Maison des associations. Il
est possible de prendre rendez-vous au 02.35.25.39.75. |