| Le conseil municipal a décidé mercredi de
créer une Maison de Quartier au Pollet qui avec la fermeture de la prison se retrouve
privé de tout local à vocation associative. Les débats ont tourné autour du choix du
bâtiment qui selon le PC et le PS devrait être soumis à la population et aux
associations parmi lesquelles lUSP, avant que la moindre décision ne soit prise. Iront
? Iront pas ? Réponse dans quelques jours après quils auront visité les locaux
que la municipalité destine à la création dune Maison de Quartier au Pollet.
Comme ce fut déjà le cas lorsque la Ville avait décidé de fermer les locaux de
lancienne prison pour des raisons de sécurité, les jeunes de lUSP (Ultime
Station du Pollet) se sont retrouvés au coeur des débats les plus houleux de la réunion
du conseil municipal qui se tenait mercredi soir à la mairie.
Le débat était attendu, il a bel et bien eu lieu sur le sujet entre la
majorité dEdouard Leveau et les groupes dopposition PC et PS. Edouard Leveau
«claquant» un cinglant : «Sils ne veulent pas de ces locaux, nous les affecterons
à une autre association» pour conclure la discussion engagée après quYvette
Sannier, adjointe à la jeunesse, eut présenté le projet de délibération concernant la
création de cette Maison de Quartier.
Le Pollet prioritaire dans le
contrat de ville
Parce que le quartier du Pollet ne dispose pas du moindre
espace favorisant le développement de la vie associative et permettant aux services
sociaux ou aux élus de tenir des permanences à lintention dune population
généralement défavorisée, la ville a imaginé ce projet de Maison de Quartier «pour
compléter le dispositif de redynamisation urbaine. Le quartier du Pollet qui compte 840
familles pour 1630 habitants vivant dans lhabitat le plus ancien de Dieppe, est en
effet considéré comme prioritaire dans le cadre du Contrat de Ville. La population y est
très modeste et les besoins sociaux importants.»
La Maison de Quartier pourrait ainsi voir le jour au 38 de la rue Cité de Limes
et aurait les fonctions suivantes :
- Lieu de rencontres des habitants sous la forme dune grande salle
dactivités et/ou salle de réunions, mise à disposition de groupes
dhabitants et de lensemble des associations et structures pour la conduite de
différentes initiatives.
- Aménagement des trois pièces du premier étage pour les activités de
lUltime Station du Pollet.
- Locaux permettant la tenue de permanences dun agent-relais des services
publics et de lélu de quartier (le conseil municipal comptant un conseiller
délégué pour le Pollet).
La délibération soumise mercredi soir aux élus visait notamment à entériner
un avant-projet sommaire et à chercher dès à présent les financements adéquats.
Abstention du PC et du PS
Si tant du côté du PC que du PS, lidée de créer
une Maison de Quartier au Pollet est accueillie avec bienveillance, Gérard Jacqueline
pour le PC, Sandrine Hurel et Jean Beaufils pour le PS, ont estimé que la délibération
qui leur était soumise va un peu vite en besogne. «Vous nous demandez de nous prononcer
sur un avant-projet sommaire ce qui revient à dire que le projet serait alors
complètement ficelé et cela même avant que ni la population du quartier, ni les
associations et en particulier lUSP naient eu la possibilité de donner leur
avis sur la question. Linvestissement se situant dans le cadre du Contrat de Ville,
cette procédure de consultation est pourtant obligatoire. La moindre des choses est de
demander son avis à lUSP qui hériterait de trois pièces de 12m2 chacune. Personne
ne peut dire aujourdhui si cette maison convient ou non...»
Présents dans la salle, le responsable et plusieurs jeunes de
lassociation qui depuis les dernières élections apparaît dailleurs comme un
enjeu important entre les différentes composantes politiques du conseil municipal,
acquiesçaient en souriant. Le local, ils veulent le visiter et pouvoir donner leur avis !
USP ou non, Edouard Leveau a quant à lui réaffirmé que la Maison de Quartier
se ferait. «Et si nous présentons dès ce soir un avant-projet sommaire, cest pour
bénéficier dune subvention de 300.000 francs au titre de la politique de la Ville
que nous perdrions si le dossier nétait pas déposé avant le 31 décembre.»
Yvette Sannier a par ailleurs insisté sur le fait quelle même et le
maire ont rencontré les jeunes de lUSP pendant lété pour leur soumettre
lidée, «et ils y étaient favorables. Plutôt que de déménager vers les anciens
bâtiments Vinco, ils préfèrent rester dans leur quartier et comme ces bâtiments sont
les seuls que nous puissions transformer...»
Au moment du vote, élus du PC et du PS se sont abstenus. le projet a néanmoins
été adopté avec les voix du groupe de la majorité.
10.000 francs pour Toulouse
Comme beaucoup dautres villes de France, la Ville de
Dieppe a décidé de «faire un geste» en faveur des sinistrés de Toulouse, Edouard
Leveau proposant le vote dune subvention de 10.000 francs. Une somme jugée très
insuffisante pour Sandrine Hurel qui au nom du PS a noté quelle ne représente que
«28 centimes par habitant. A titre de comparaison, la ville du Tréport a elle aussi
voté une subvention de 10.000 francs mais équivalant à 1,66 francs par habitant. Je
vous demande donc de réévaluer votre proposition pour atteindre ces 1,66 francs qui ne
me paraissent pas exagérés. Si nous voulons vraiment aider les Toulousains,
jestime que nous pouvons faire mieux que votre proposition.»
Un sentiment partagé par les élus communistes. La subvention de 10.000 francs
a finalement été votée.
Finances
La dernière question ayant donné matière à discussion
concernait une délibération technique portant sur une modification budgétaire
illustrée notamment par un prélèvement de plus de 6 millions de francs au profit de la
section dinvestissement.
Marie-Catherine Gaillard pour le PC et Jean Beaufils pour le PS ont annoncé que
leurs groupes respectifs sabstiendraient au moment du vote car «lopacité de
cette délibération ne permet pas de déceler les baisses de prestations ou même leur
abandon. On peut par exemple se demander si vous avez fait le choix de ne pas remplacer
certains membres du personnel municipal partis vers dautres villes. Cela revient à
nous demander de voter quelque chose sans savoir de quoi il sagit vraiment...»
Jean Beaufils enfonçait le clou en rappelant que le PS ne voterait pas cette
deuxième décision modificatrice comme il navait pas voté la première qui
comportait des inscriptions budgétaires au profit du Transmanche et des garanties
demprunts de la CCID, deux dossiers qui sont évidemment source de polémique dans
le conseil municipal.
«Et par ailleurs nous attendons toujours les résultats de l'audit que vous
aviez pourtant promis, mais peut-être sagit-il encore dune promesse
électorale comme la mise en place dun fonds de secours durgence alimentaire
puisé dans les indemnités des élus qui na toujours pas vu le jour...»
Pour Christine Gallais, adjointe aux finances, et la majorité, il
ny a pas dopacité puisque toutes les explications ont été données en
commission. Il serait bon, néanmoins, que tous les dieppois puissent savoir doù
proviennent les 6 millions de francs économisés sur la section de fonctionnement est
réinjectés en section dinvestissement.
P. R. |