Journal du 12 octobre 2001

Conseil municipal
Le Pollet aura sa "Maison"

Le conseil municipal a décidé mercredi de créer une Maison de Quartier au Pollet qui avec la fermeture de la prison se retrouve privé de tout local à vocation associative. Les débats ont tourné autour du choix du bâtiment qui selon le PC et le PS devrait être soumis à la population et aux associations parmi lesquelles l’USP, avant que la moindre décision ne soit prise.

Iront ? Iront pas ? Réponse dans quelques jours après qu’ils auront visité les locaux que la municipalité destine à la création d’une Maison de Quartier au Pollet. Comme ce fut déjà le cas lorsque la Ville avait décidé de fermer les locaux de l’ancienne prison pour des raisons de sécurité, les jeunes de l’USP (Ultime Station du Pollet) se sont retrouvés au coeur des débats les plus houleux de la réunion du conseil municipal qui se tenait mercredi soir à la mairie.

Le débat était attendu, il a bel et bien eu lieu sur le sujet entre la majorité d’Edouard Leveau et les groupes d’opposition PC et PS. Edouard Leveau «claquant» un cinglant : «S’ils ne veulent pas de ces locaux, nous les affecterons à une autre association» pour conclure la discussion engagée après qu’Yvette Sannier, adjointe à la jeunesse, eut présenté le projet de délibération concernant la création de cette Maison de Quartier.

Le Pollet prioritaire dans le contrat de ville

Parce que le quartier du Pollet ne dispose pas du moindre espace favorisant le développement de la vie associative et permettant aux services sociaux ou aux élus de tenir des permanences à l’intention d’une population généralement défavorisée, la ville a imaginé ce projet de Maison de Quartier «pour compléter le dispositif de redynamisation urbaine. Le quartier du Pollet qui compte 840 familles pour 1630 habitants vivant dans l’habitat le plus ancien de Dieppe, est en effet considéré comme prioritaire dans le cadre du Contrat de Ville. La population y est très modeste et les besoins sociaux importants.»

La Maison de Quartier pourrait ainsi voir le jour au 38 de la rue Cité de Limes et aurait les fonctions suivantes :

- Lieu de rencontres des habitants sous la forme d’une grande salle d’activités et/ou salle de réunions, mise à disposition de groupes d’habitants et de l’ensemble des associations et structures pour la conduite de différentes initiatives.

- Aménagement des trois pièces du premier étage pour les activités de l’Ultime Station du Pollet.

- Locaux permettant la tenue de permanences d’un agent-relais des services publics et de l’élu de quartier (le conseil municipal comptant un conseiller délégué pour le Pollet).

La délibération soumise mercredi soir aux élus visait notamment à entériner un avant-projet sommaire et à chercher dès à présent les financements adéquats.

Abstention du PC et du PS

Si tant du côté du PC que du PS, l’idée de créer une Maison de Quartier au Pollet est accueillie avec bienveillance, Gérard Jacqueline pour le PC, Sandrine Hurel et Jean Beaufils pour le PS, ont estimé que la délibération qui leur était soumise va un peu vite en besogne. «Vous nous demandez de nous prononcer sur un avant-projet sommaire ce qui revient à dire que le projet serait alors complètement ficelé et cela même avant que ni la population du quartier, ni les associations et en particulier l’USP n’aient eu la possibilité de donner leur avis sur la question. L’investissement se situant dans le cadre du Contrat de Ville, cette procédure de consultation est pourtant obligatoire. La moindre des choses est de demander son avis à l’USP qui hériterait de trois pièces de 12m2 chacune. Personne ne peut dire aujourd’hui si cette maison convient ou non...»

Présents dans la salle, le responsable et plusieurs jeunes de l’association qui depuis les dernières élections apparaît d’ailleurs comme un enjeu important entre les différentes composantes politiques du conseil municipal, acquiesçaient en souriant. Le local, ils veulent le visiter et pouvoir donner leur avis !

USP ou non, Edouard Leveau a quant à lui réaffirmé que la Maison de Quartier se ferait. «Et si nous présentons dès ce soir un avant-projet sommaire, c’est pour bénéficier d’une subvention de 300.000 francs au titre de la politique de la Ville que nous perdrions si le dossier n’était pas déposé avant le 31 décembre.»

Yvette Sannier a par ailleurs insisté sur le fait qu’elle même et le maire ont rencontré les jeunes de l’USP pendant l’été pour leur soumettre l’idée, «et ils y étaient favorables. Plutôt que de déménager vers les anciens bâtiments Vinco, ils préfèrent rester dans leur quartier et comme ces bâtiments sont les seuls que nous puissions transformer...»

Au moment du vote, élus du PC et du PS se sont abstenus. le projet a néanmoins été adopté avec les voix du groupe de la majorité.

10.000 francs pour Toulouse

Comme beaucoup d’autres villes de France, la Ville de Dieppe a décidé de «faire un geste» en faveur des sinistrés de Toulouse, Edouard Leveau proposant le vote d’une subvention de 10.000 francs. Une somme jugée très insuffisante pour Sandrine Hurel qui au nom du PS a noté qu’elle ne représente que «28 centimes par habitant. A titre de comparaison, la ville du Tréport a elle aussi voté une subvention de 10.000 francs mais équivalant à 1,66 francs par habitant. Je vous demande donc de réévaluer votre proposition pour atteindre ces 1,66 francs qui ne me paraissent pas exagérés. Si nous voulons vraiment aider les Toulousains, j’estime que nous pouvons faire mieux que votre proposition.»

Un sentiment partagé par les élus communistes. La subvention de 10.000 francs a finalement été votée.

Finances

La dernière question ayant donné matière à discussion concernait une délibération technique portant sur une modification budgétaire illustrée notamment par un prélèvement de plus de 6 millions de francs au profit de la section d’investissement.

Marie-Catherine Gaillard pour le PC et Jean Beaufils pour le PS ont annoncé que leurs groupes respectifs s’abstiendraient au moment du vote car «l’opacité de cette délibération ne permet pas de déceler les baisses de prestations ou même leur abandon. On peut par exemple se demander si vous avez fait le choix de ne pas remplacer certains membres du personnel municipal partis vers d’autres villes. Cela revient à nous demander de voter quelque chose sans savoir de quoi il s’agit vraiment...»

Jean Beaufils enfonçait le clou en rappelant que le PS ne voterait pas cette deuxième décision modificatrice comme il n’avait pas voté la première qui comportait des inscriptions budgétaires au profit du Transmanche et des garanties d’emprunts de la CCID, deux dossiers qui sont évidemment source de polémique dans le conseil municipal.

«Et par ailleurs nous attendons toujours les résultats de l'audit que vous aviez pourtant promis, mais peut-être s’agit-il encore d’une promesse électorale comme la mise en place d’un fonds de secours d’urgence alimentaire puisé dans les indemnités des élus qui n’a toujours pas vu le jour...»

Pour Christine Gallais, adjointe aux finances, et la majorité, il n’y a pas d’opacité puisque toutes les explications ont été données en commission. Il serait bon, néanmoins, que tous les dieppois puissent savoir d’où proviennent les 6 millions de francs économisés sur la section de fonctionnement est réinjectés en section d’investissement.

P. R.


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