Journal du 14 décembre 2001

Dieppe
Un lupanar pour les ados

Un jeune Dieppois prêtait son appartement pour des séances amoureuses plus que critiquables.

Malgré le renvoi sollicité par les avocats de la partie civile pour raison de grève, le président Martin a tenu à ce que l’affaire soit jugée mardi après-midi en raison de la gravité des faits. cette affaire résentée comme un simple fait de violences il y a quelques mois lors d’une audience à juge unique, le tribunal avait préféré la renvoyer en collégiale et la requalifier en délit de corruption de mineurs de moins de 18 ans. Comme la fois précédente, le prévenu un jeune Dieppois de 22 ans - a brillé par son absence à la barre. Il n’a d’ailleurs plus donné signe de vie depuis son interpellation.

Le domicile de C.D. était devenu un véritable lupanar pour adolescents en quête d’amour! Il y accueillait des mineurs de 12 à 18 ans - des jeunes filles notamment - qui étaient vivement encouragés à pratiquer des relations sexuelles en toute liberté et sans aucune protection. Au cours de la période du 1er janvier au 30 avril 2000, il y a beaucoup de passages dans cet appartement où le jeune C.D. vivait seul du fait que son père se trouvait en prison, en train de purger une peine pour cause de... corruption de mineurs !

Le jeune Dieppois a semble-t-il été à bonne école, ce qui lui a donné l’idée d’abriter les amours interdits de ces jeunes adolescents qui se retrouvaient livrés à eux-mêmes dans une chambre ouverte à tous les regards. Une fenêtre ouverte sur le salon permettait en effet aux autres invités d’assister aux ébats. De ce fait, un des jeunes âgés de 14 ans a été témoin des rapports sexuels de sa sœur, il en est revenu choqué.

« Je vais dormir chez une copine !»

L’alcool qui coulait à flot était une incitation supplémentaire à la débauche. Et pendant ce temps, les parents ignoraient ces faits faisant confiance à leurs enfants lorsque ces derniers expliquaient qu’ils allaient chez un copain ou une copine. C’est un papa un peu plus suspicieux qui a percé le secret. Non sans quelques difficultés judiciaires qui l’ont conduit lui-même à être soupçonné de comportement étrange avec sa fille... Trois familles ont, depuis, porté plainte, représentées par Me Voisin-Dambry et Me Quatravaux qui ont tout de même plaidé l’affaire en sollicitant le renvoi sur intérêts civils pour cause de grève.

Tous deux ont qualifié l’affaire de gravissime et Me Voisin-Dambry a soulevé l’incompétence du tribunal en vue de requalifier l’affaire pour faits de viol. « La fille de ma cliente n’avait que 12 ans et demi lorsqu’elle a eu des rapports sexuels chez C.D. Vu son âge et le contexte, il s’est agi de rapports par contrainte ou surprise, c’est pourquoi le prévenu doit être jugé pour complicité de viol ».

Le procureur Bourdais soulignait de son côté qu’il n’y avait pas lieu de requalifier l’affaire malgré la gravité des faits. « Le prévenu organisait des réunions malsaines où l’alcool coulait à flot. Il incitait les jeunes filles à boire jusqu’à l’ivresse et celles-ci, du fait de leur état, se laissaient faire. On allait dans la chambre par couples où bien à tour de rôle et les spectateurs pouvaient assister aux ébats depuis le salon», expliquait-elle en précisant qu’une vingtaine de mineurs avaient subi cette corruption. Elle requérait dix mois de prison ferme que le tribunal a décidé de prolonger à deux ans de prison ferme. Les dommages et intérêts sollicités par les familles seront évoqués lors de l’audience du 14 mai 2002.

Murielle Picard


Archives 1998   Archives 1999   Archives 2000  Archives 2001  Recherche   Accueil