| Un jeune Dieppois prêtait son
appartement pour des séances amoureuses plus que critiquables. Malgré
le renvoi sollicité par les avocats de la partie civile pour raison de grève, le
président Martin a tenu à ce que laffaire soit jugée mardi après-midi en raison
de la gravité des faits. cette affaire résentée comme un simple fait de violences il y
a quelques mois lors dune audience à juge unique, le tribunal avait préféré la
renvoyer en collégiale et la requalifier en délit de corruption de mineurs de moins de
18 ans. Comme la fois précédente, le prévenu un jeune Dieppois de 22 ans - a brillé
par son absence à la barre. Il na dailleurs plus donné signe de vie depuis
son interpellation.
Le domicile de C.D. était devenu un véritable lupanar pour adolescents en
quête damour! Il y accueillait des mineurs de 12 à 18 ans - des jeunes filles
notamment - qui étaient vivement encouragés à pratiquer des relations sexuelles en
toute liberté et sans aucune protection. Au cours de la période du 1er janvier au 30
avril 2000, il y a beaucoup de passages dans cet appartement où le jeune C.D. vivait seul
du fait que son père se trouvait en prison, en train de purger une peine pour cause de...
corruption de mineurs !
Le jeune Dieppois a semble-t-il été à bonne école, ce qui lui a donné
lidée dabriter les amours interdits de ces jeunes adolescents qui se
retrouvaient livrés à eux-mêmes dans une chambre ouverte à tous les regards. Une
fenêtre ouverte sur le salon permettait en effet aux autres invités dassister aux
ébats. De ce fait, un des jeunes âgés de 14 ans a été témoin des rapports sexuels de
sa sur, il en est revenu choqué.
« Je vais dormir chez une
copine !»
Lalcool qui coulait à flot était une incitation
supplémentaire à la débauche. Et pendant ce temps, les parents ignoraient ces faits
faisant confiance à leurs enfants lorsque ces derniers expliquaient quils allaient
chez un copain ou une copine. Cest un papa un peu plus suspicieux qui a percé le
secret. Non sans quelques difficultés judiciaires qui lont conduit lui-même à
être soupçonné de comportement étrange avec sa fille... Trois familles ont, depuis,
porté plainte, représentées par Me Voisin-Dambry et Me Quatravaux qui ont tout de même
plaidé laffaire en sollicitant le renvoi sur intérêts civils pour cause de
grève.
Tous deux ont qualifié laffaire de gravissime et Me Voisin-Dambry a
soulevé lincompétence du tribunal en vue de requalifier laffaire pour faits
de viol. « La fille de ma cliente navait que 12 ans et demi lorsquelle a eu
des rapports sexuels chez C.D. Vu son âge et le contexte, il sest agi de rapports
par contrainte ou surprise, cest pourquoi le prévenu doit être jugé pour
complicité de viol ».
Le procureur Bourdais soulignait de son côté quil ny avait pas
lieu de requalifier laffaire malgré la gravité des faits. « Le prévenu
organisait des réunions malsaines où lalcool coulait à flot. Il incitait les
jeunes filles à boire jusquà livresse et celles-ci, du fait de leur état,
se laissaient faire. On allait dans la chambre par couples où bien à tour de rôle et
les spectateurs pouvaient assister aux ébats depuis le salon», expliquait-elle en
précisant quune vingtaine de mineurs avaient subi cette corruption. Elle requérait
dix mois de prison ferme que le tribunal a décidé de prolonger à deux ans de prison
ferme. Les dommages et intérêts sollicités par les familles seront évoqués lors de
laudience du 14 mai 2002.
Murielle Picard |