| Les six élus communistes du conseil
municipal de Dieppe au premier rang desquels lancien maire, ont été reconnus
coupables de diffamation envers Edouard Leveau après la diffusion dun tract portant
lentête de la section locale du Parti communiste. Cest
un dossier politique et un verdict rendu par une justice instrumentalisée au service du
politique (...) On a visé les élus du Parti communiste et non les auteurs du tract
puisque la preuve na pas pu être apportée quils en soient bien les auteurs.
Cest au titre de leur statut délus du Parti communiste quils ont été
condamnés
»
Me François Garraud, avocat de Christian Cuvilliez, Liliane Bosanski,
Marie-Catherine Gaillard, Liliane Legras, Gérard Jacqueline et Arnaud Coignet, na
pas mâché ses mots en sortant du tribunal vendredi matin, quelques minutes après que le
président Pierre Charbonnier eut donné lecture du jugement reconnaissant ses clients
coupables de diffamation envers Edouard Leveau. Lavocat ajoutant quil allait
immédiatement faire appel de ce verdict. Laffaire reviendra donc sur le devant de
la scène, en loccurrence devant les juges de la Cour dAppel de Rouen dans les
six mois à venir soit juste avant
les élections législatives. François Garraud
développera au cours de ce deuxième procès, de nouveaux arguments conservés en
réserve, notamment que deux des prévenus ne pouvaient matériellement être les auteurs
du tract incriminé puisque lun se trouvait en voyage à létranger et
lautre était hospitalisé.
Les faits remontent au 15 mai
Laffaire remonte au 15 mai dernier lorsquun
tract portant lentête du Parti communiste français était distribué en ville
dénonçant la décision du conseil municipal de Dieppe de budgéter une somme de 1,8
million de francs pour éventuellement pouvoir assumer au titre des garanties
demprunts accordées par la Ville à la Chambre de Commerce et dIndustrie
plusieurs remboursements non honorés. Les banques créancières sétant retournées
vers la Ville puisque la CCID nétait plus en mesure de rembourser ses dettes, la
nouvelle municipalité dirigée par Edouard Leveau avait jugé prudent de prévoir la
dépense au cas où les lettres davertissement se seraient transformées en mise en
demeure de payer.
Une décision que Christian Cuvilliez avait largement critiquée au cours des
débats municipaux, précisant que la CCID allait faire lobjet dune
recapitalisation de lEtat. Hypothèse qui à lépoque avait bien reçu des
assurances verbales de la part du ministère de tutelle des Chambres de Commerce, sans
toutefois être confirmées de manière officielle. Bref, à lissue de la séance du
conseil municipal, un tract avait circulé pour dire « Leveau et la droite remboursent
avec largent des Dieppois les dettes de la Chambre de Commerce (...) Largent
des Diepois va servir à renflouer les caisses de la Chambre de Commerce mal gérée
durant des années et surendettée. Pendant le même temps, on nous dit quil
ny a pas dargent pour construire un nouveau stade de football. Largent,
quand il y en a, cest pour les amis ! (...) »
Aucune preuve selon Me Garraud
Lors de laudience du 9 octobre dernier, Me Garraud
avait tenté dapporter la preuve que rien ne permettait didentifier les
auteurs du tract, même sil portait lentête de la section locale du Parti
communiste, et que la lecture du document ninsinuait nullement quEdouard
Leveau ait pu détourner largent des Dieppois. Le Tribunal en a finalement jugé
autrement, reconnaissant en premier lieu que linscription des sommes réclamées à
la Ville par les banques créancières simposait du fait de la signature dune
convention de garantie demprunt à hauteur de 50 % par la municipalité précédant
celle dEdouard Leveau.
Il a également reconnu que même si « la feuille en litige était
luvre dun tiers, les prévenus, en leur qualité délus au conseil
municipal, ont été à la source même des informations contenues par cet écrit
Quand même il revêt formellement les apparences dun écrit anonyme, est bien
émané des prévenus. »
Et dajouter de surcroit, quà la barre, les prévenus ont reconnu
que « le contenu du tract exprime avec exactitude les opinions et orientations qui
étaient les leurs au moment de sa diffusion. »
Concernant la phrase, « largent, quand il y en a, cest pour les
amis », le tribunal a estimé « quelle ne relève pas du libre droit de
critique sexerçant sur les aptitudes ou les compétences dune personne
chargée dun mandat public, mais constitue limputation dun fait qui
porte atteinte à lhonneur ou à la considération de celui auquel il est imputé. »
Pour le Tribunal, le fait de diffamation est bel et bien établi.
Le tribunal a donc décidé de condamner les six élus du Parti communiste à
3000 francs damende chacun et à 1 franc symbolique de dommages et intérêts
alors quEdouard leveau réclamait 100000 quil destinait à une
association caritative de la ville.
Quant à Gilbert Louvet, poursuivi en sa qualité de secrétaire de la section
locale du Parti communiste, il a été relaxé de toute poursuite puisquil ne peut
être considéré comme le représentant légal de son parti, seul le premier secrétaire
de celui-ci, en loccurrence Robert Hue, pouvant lêtre.
P. R.
Pour Me Pascale Rondel, qui défendait les
intérêts dEdouard Leveau, « cette décision du tribunal établit le constat
quil y a des limites à ne pas dépasser, même en politique. Je suis évidemment
satisfaite de cette décision dautant que le tribunal, outre le fait quil a
reconnu les faits de diffamation, a noté très explicitement que la décision de la ville
de Dieppe dinscrire dans son budget la somme de 1,8 million de francs pour honorer
les garanties demprunts accordées par la municipalité précédente était
pleinement justifiée.» |