Journal du 30 octobre 2001

Elections législatives
Jusqu'à neuf candidats possibles !

Il risque d’y avoir foule sur la ligne de départ pour les prochaines élections législatives avec neuf candidats possibles. L’incertitude plane encore sur certains noms ou représentants, y compris sur celui de Christian Cuvilliez dont on ignore s’il pourra effectivement se présenter.

Ira? Ira pas? Le principal intéressé réserve sa réponse et renvoie à plus tard. « Pour l’instant, je m’occupe des affaires de la Ville et croyez-moi, j’ai du boulot. Nous sommes en pleine préparation du budget 2001 et chassons toutes les économies possibles pour encore baisser les impôts! » Edouard Leveau ne nous dira donc pas encore s’il sera ou non candidat aux prochaines législatives. On imagine bien que sur sa lancée des municipales, le maire de Dieppe aimerait bien se lancer dans un nouveau duel face à Christian Cuvilliez en espérant retrouver le siège qu’il occupa jadis. Mais il se heurterait alors à un sérieux problème, celui du cumul des mandats. De par la loi en vigueur, s’il devait devenir député, le maire de Dieppe devrait alors abandonner au choix son siège de maire ou celui de conseiller général. Un choix cornélien pour l’armateur qui ne peut décemment quitter son fauteuil de maire aussi peu de temps après l’avoir gagné, mais qui se montre tout aussi attaché à son siège de conseiller général, le département ayant prouvé que son action peut influer directement sur les affaires municipales.

Annick Leveau à la cantonale?

Pourtant, c’est plutôt vers ce second choix que la balance pencherait, la rumeur publique (et politique) avançant même que Edouard Leveau pourrait finalement garder une main-mise sur son siège de conseiller général en présentant… sa femme dans le canton de Dieppe-Ouest qui devrait alors élire son nouveau conseiller général. Une hypothèse pas si farfelue quand on sait que l’épouse du maire a toujours été très attachée et associée à l’action publique de son mari.

Il se dit même que Mme Leveau aurait pu être la candidate du RPR pour les législatives. Hypothèse cette fois formellement démentie par les arcanes locaux du mouvement de Jacques Chirac. « De toute façon, nous avons beaucoup de temps devant nous pour désigner notre candidat… » indique l’un de ses responsables. Déclaration confirmée par Edouard Leveau lui-même, « nous ferons d’abord la campagne de Jacques Chirac… » qui indique par ailleurs que s’il émettait le souhait d’être candidat, le bureau des investitures du RPR lui laisserait le champ libre.

Si le maire décidait finalement de ne pas se lancer, il en est un autre qui s’y verrait bien, c’est Daniel Lefèvre, maire de Grèges et conseiller général de Dieppe-Est. « Je suis en situation de réserve. Il me semble légitime qu’Edouard Leveau soit candidat pour tenter de reprendre un siège qu’il a déjà occupé, même si plusieurs de mes amis m’incitent à être candidat moi-même. En tout état de cause, je n’irai pas contre l’avis de mes amis politiques et si Edouard Leveau devait être candidat, je le soutiendrais tout naturellement.»

L’UDF devrait également présenter un candidat pour le premier tour, surtout si Edouard Leveau ne l’est pas. Il s’agirait alors de Patrick Hoornaert, l’adjoint au maire de Dieppe chargé notamment de la sécurité et du personnel municipal.

Sandrine Hurel candidate du PS?

Au PS, ce sont les organes fédéraux et le vote des militants qui désigneront les candidats. Un nom revient cependant avec insistance dans les milieux « autorisés ». C’est celui de Sandrine Hurel, la collaboratrice du sénateur Wéber qui depuis son élection en mars dernier au conseil municipal de Dieppe, marque le terrain et figure le plus souvent comme porte-parole du groupe PS à la mairie. C’est en décembre que le parti socialiste procédera à l’investiture de ses candidats.

Quant aux Verts, on sait qu’ils avaient réclamé de leurs partenaires de la majorité plurielle (PC - PS) d’être les seuls candidats de « gauche » à se présenter sur la circonscription. Comme ce ne sera évidemment pas le cas, ils seront probablement présents à titre individuel, comme ils l’ont été lors des dernières cantonales. L’extrême gauche aussi sera présente et peut-être même en doublon puisque Lutte Ouvrière devrait avoir son candidat tout comme le Mouvement des Travailleurs dont la liste municipale conduite par Bruno Ricque avait fait le plus grand mal à Christian Cuvilliez.

Restent le MNR et le FN qui devraient également être présents, notamment le mouvement de Bruno Mégret avec Françoise Duchossoy très certainement.

Christian Cuvilliez, le sortant, est donc le seul à ce jour, à s’être déclaré officiellement. Annonce faite la semaine passée à Eu, dans le fief de Jean Garraud, son suppléant. Pourtant, une incertitude demeure sur la présence de l’ancien maire de Dieppe dans la campagne des législatives, l’affaire des emplois présumés fictifs à la mairie risquant de le rattraper avant l’échéance. Le député sortant pouvant se voir infliger une peine
d’inéligibilité. Le PC devrait alors revoir ses batteries pour « sortir » un nouveau candidat à la hâte. Cette hypothèse, puisque c’en est une, serait évidemment un nouveau coup de tonnerre dans le paysage politique local. On sait en effet de source sûre que le dossier d’instruction du dossier des emplois présumés fictifs de la mairie est bouclé depuis la rentrée de septembre (lire encadré).

Plus que jamais, c’est finalement la justice qui détient peut-être les clés de la prochaine élection.

P. R.

Christian Cuvilliez pourra-t-il
vraiment se présenter?

On ne parlait plus guère de l’affaire des emplois présumés fictifs au sein du cabinet de Christian Cuvilliez lorsqu’il était maire de Dieppe. Affaire révélée au grand jour à peu près à la même époque l’an dernier. Ce n’est pas pour autant que la justice ne poursuivait pas son travail. On a ainsi appris de source sûre que le dossier d’instruction a été bouclé au mois de septembre dernier.

Comme l’exige la procédure, le dossier est ensuite remonté au Parquet et redescendra ensuite vers le juge qui décidera de classer ou de renvoyer l’affaire devant le tribunal correctionnel. S’il y avait effectivement renvoi, le dossier pourrait être plaidé dans les semaines, voire les mois qui viennent, mais les élections législatives étant fixées à juin prochain, on peut supposer que l’audience interviendrait avant les élections.

Christian Cuvilliez, le député sortant, se retrouverait ainsi avec une véritable épée de Damoclès au-dessus de la tête car s’il devait être reconnu coupable des actes qui lui sont reprochés, il pourrait se voir infliger une peine d’inéligibilité. L’arsenal de procédures dont ses défenseurs disposeraient pourrait permettre à Christian Cuvilliez de faire appel et donc de suspendre la peine. Une alternative qui n’est même pas certaine puisqu’elle dépendrait de la nature du renvoi devant le tribunal correctionnel. Ceci dans l’hypothèse où le juge déciderait bien de renvoyer l’affaire devant le tribunal et dans le cas où une condamnation serait bien prononcée, ce qui évidemment n’est pas établi. Il se peut même que toute l’affaire tombe à l’eau si le juge décidait de classer l’affaire sans suite.

C’est une autre hypothèse. Les élections législatives pourraient alors se dérouler dans un climat tout à fait serein si tant est que cela puisse arriver…

P. R.


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