Journal du 13 novembre 2001

Lancé par les médecins de famille
Un préavis de grève illimitée des gardes de nuit

Les médecins de famille dieppois qui à la majorité ont choisi de répondre à l’appel de l’UNOF se prononceront ce soir sur la date de mise en place de la grève des gardes de nuit. Ils dénoncent ainsi la dégradation de leurs conditions de travail et des honoraires sinistrés.

Depuis quelque temps, l’Union nationale des omnipraticiens français (Unof), branche de la Confédération des Syndicats médicaux français (CSMF), dénonçait la dégradation constante des conditions d’exercice des médecins de famille. Elle avait déjà invité les médecins de famille à ne plus effectuer de visite à 135 F « en dehors des situations où la visite à domicile est manifestement justifiée ». L’Unof avait également conseillé aux médecins généralistes d’utiliser largement la procédure légale de dépassements exceptionnels de leurs honoraires notamment pour les visites « injustifiées » ou les actes réalisés en dehors des horaires habituels d’ouverture du Cabinet.

Aujourd’hui, l’Unof a décidé de passer à la vitesse supérieure en décrétant, à partir de jeudi prochain, une grève illimitée des gardes de nuit de 20 h à 8 h. C’est donc le répondeur des médecins qui devrait accueillir les patients et les diriger systématiquement vers les Centres 15.

A Dieppe, 65 % des médecins de familles ont déjà répondu à l’appel et ils décideront ce soir de la date de mise en place de cette grève.

« Pendant de nombreuses années, nous avons accepté la permanence des soins 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, mais nous ne sommes plus corvéables à merci » revendique Michel Laffillé, représentant local de l’Unof. « D’autant plus que la majorité des appels de nuit ne sont pas justifiés. »

Même si l’insécurité nocturne a fait monter la pression et le ras-le-bol des médecins de familles, la revalorisation des tarifs avec notamment la rémunération nocturne restent l’une de leurs principales revendications. Cette grève devrait donc entraîner quelques perturbations pour les patients. De son côté, l’Unof prévoit déjà, si nécessaire, de durcir ce mouvement en l’étendant aux week-ends.

A.C.


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