| Depuis lundi soir, une centaine
demployés sur les 450 que compte lentreprise Davigel a stoppé le travail et
barré les issues de létablissement sur la zone industrielle de
Rouxmesnil-Bouteilles, empêchant toute livraison. Mardi soir, ils ont été rejoints dans
leur mouvement par quelque 90 salariés sur les 120 de lunité de production
dOffranville. «Cela fait plusieurs mois que nous
demandons à la direction daugmenter nos salaires ainsi que la prime de froid car
nous travaillons à moins 25 degrés», explique Pascal Truchot, représentant syndical
CGT et membre du comité dentreprise. «A travail égal, nous voulons également un
salaire égal, notamment chez les chauffeurs où les disparités sont flagrantes. Nous
souhaitons enfin une prime de quart pour les salariés concernés et le quatorzième mois
pour tous», ajoute Francis Deguinelle, membre du comité dentreprise.
Des revendications que les représentants du personnel ont fait parvenir
mercredi 10 octobre à la direction. «Le directeur nous a reçus à deux reprises. A
chaque fois pour nous dire quil ne ferait quappliquer laccord des 35
heures signé par des syndicats non représentatifs du personnel», confie Pascal Truchot.
Dans cet accord, il est stipulé que «laugmentation de nos salaires serait basée
sur le taux dinflation de lannée précédente. Cest largement
insuffisant», estiment les salariés en grève. Pour ces derniers, leurs revendications
sont dautant plus justifiées que les profits sont là alors que certains
dentre eux «ne gagnent que 6 000 francs nets pour vingt années dancienneté
et un travail effectué à moins 25 degrés.»
Le mouvement se poursuit
Contactée, la direction explique quelle «na pu
donner une suite favorable à ces demandes, dautant plus quelle conduit depuis
plusieurs années une politique salariale dynamique avec outre un treizième mois, une
prime dancienneté, une prime de froid mensuelle, une prime de résultats annuelle
de 4 000 francs par personne, un intéressement net moyen de 2 528 francs en 2001 et une
participation nette annuelle représentant plus dun mois de salaire.»
Elle ajoute en outre qu«elle a signé en décembre 1999 un accord de 35
heures pour trois ans avec trois syndicats sur les quatre que compte lentreprise.
Sans diminution de salaire et avec le maintien de tous les avantages sociaux acquis, cet
accord, saccompagne dune réduction du temps de travail et garantit le
maintien du pourvoir dachat sur les trois ans de laccord ainsi que
lembauche dau moins trente personnes. Cette année, la hausse des salaires a
dépassé de 0,2 % laccord conclu et à ce jour, le nombre de créations
demplois depuis la signature sélève à 201.»
Par ailleurs, la direction a porté plainte. Jeudi, le tribunal de Dieppe a
ordonné aux grévistes de libérer toutes les issues bloquées. Une décision qui
na fait quamplifier leur détermination puisquils ont décidé de
poursuivre leur arrêt de travail.
M. DS. |