Journal du 19 octobre 2001

A Rouxmesnil-Bouteilles et Offranville
Mouvement de grève chez Davigel

Depuis lundi soir, une centaine d’employés sur les 450 que compte l’entreprise Davigel a stoppé le travail et barré les issues de l’établissement sur la zone industrielle de Rouxmesnil-Bouteilles, empêchant toute livraison. Mardi soir, ils ont été rejoints dans leur mouvement par quelque 90 salariés sur les 120 de l’unité de production d’Offranville.

«Cela fait plusieurs mois que nous demandons à la direction d’augmenter nos salaires ainsi que la prime de froid car nous travaillons à moins 25 degrés», explique Pascal Truchot, représentant syndical CGT et membre du comité d’entreprise. «A travail égal, nous voulons également un salaire égal, notamment chez les chauffeurs où les disparités sont flagrantes. Nous souhaitons enfin une prime de quart pour les salariés concernés et le quatorzième mois pour tous», ajoute Francis Deguinelle, membre du comité d’entreprise.

Des revendications que les représentants du personnel ont fait parvenir mercredi 10 octobre à la direction. «Le directeur nous a reçus à deux reprises. A chaque fois pour nous dire qu’il ne ferait qu’appliquer l’accord des 35 heures signé par des syndicats non représentatifs du personnel», confie Pascal Truchot. Dans cet accord, il est stipulé que «l’augmentation de nos salaires serait basée sur le taux d’inflation de l’année précédente. C’est largement insuffisant», estiment les salariés en grève. Pour ces derniers, leurs revendications sont d’autant plus justifiées que les profits sont là alors que certains d’entre eux «ne gagnent que 6 000 francs nets pour vingt années d’ancienneté et un travail effectué à moins 25 degrés.»

Le mouvement se poursuit

Contactée, la direction explique qu’elle «n’a pu donner une suite favorable à ces demandes, d’autant plus qu’elle conduit depuis plusieurs années une politique salariale dynamique avec outre un treizième mois, une prime d’ancienneté, une prime de froid mensuelle, une prime de résultats annuelle de 4 000 francs par personne, un intéressement net moyen de 2 528 francs en 2001 et une participation nette annuelle représentant plus d’un mois de salaire.»

Elle ajoute en outre qu’«elle a signé en décembre 1999 un accord de 35 heures pour trois ans avec trois syndicats sur les quatre que compte l’entreprise. Sans diminution de salaire et avec le maintien de tous les avantages sociaux acquis, cet accord, s’accompagne d’une réduction du temps de travail et garantit le maintien du pourvoir d’achat sur les trois ans de l’accord ainsi que l’embauche d’au moins trente personnes. Cette année, la hausse des salaires a dépassé de 0,2 % l’accord conclu et à ce jour, le nombre de créations d’emplois depuis la signature s’élève à 201.»

Par ailleurs, la direction a porté plainte. Jeudi, le tribunal de Dieppe a ordonné aux grévistes de libérer toutes les issues bloquées. Une décision qui n’a fait qu’amplifier leur détermination puisqu’ils ont décidé de poursuivre leur arrêt de travail.

M. DS.


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