Réfugiés de toutes nationalités, ils sont
nombreux à vouloir prendre le bateau ou le tunnel clandestinement pour se rendre en
Angleterre. Une équatorienne avait choisi de traverser la Manche, via la ligne
Dieppe-Newhaven, avec ses trois filles et son petit-fils le 14 octobre dernier à
laide de faux passeports. La douane ne sest pas laissée prendre et le groupe
a donc été refoulé et placé en garde à vue pour linstruction dusage.Pour
sa comparution à la barre du tribunal mardi dernier, il a fallu un traducteur pour
comprendre les explications de cette mère de famille qui souhaitait rejoindre son mari et
son fils en Angleterre. Par le biais de son avocat, elle expliquait quelle avait
quitté lEquateur car elle et lune de ses filles étaient menacées de mort.
Munie de documents équatoriens sans grande valeur administrative, elle sétait
rendue dans un premier temps à Paris où des amis qui lhébergeaient,
lavaient mise en contact avec un faussaire afin de se procurer de faux passeports.
Pour la confection de ces faux passeports, il lui a fallu payer 4000
dollars. Une dépense importante bien inutile puisque la prévenue et ses filles ont été
refoulées à la frontière et se trouvent actuellement dans un centre daccueil à
Rouen.
« Elle se savait en possession de faux documents, malgré cela elle a voulu
passer la frontière », déclarait le procureur Bourdais qui se montrait cependant
clémente compte-tenu de la situation de la prévenue. Elle risquerait deux mois de prison
avec sursis et la confiscation des faux documents.
La défense plaidait en faveur dun ajournement du prononcé de la peine.
« Ma cliente et ses enfants étaient en danger de mort et ils ont quitté le territoire
équatorien sans visa. Elle est prête à aider la justice à retrouver le faussaire et a
depuis fait une demande dasile ».
Le tribunal a condamné la prévenue à un mois de prison avec sursis.