| Le directeur de Regma solutions a
annoncé lundi au personnel la cessation de paiement de lentreprise implantée à
Arques-la-Bataille et à Nanterre. Un nouveau coup dur pour les 197 salariés qui voient
par conséquent leur salaire de décembre bloqué et lavenir de leur travail remis
une nouvelle fois en cause. Pour linstant, nous restons
calmes mais nous nous préparons à bouger si nous ne sommes pas payés à la fin du mois
». Deux jours après lannonce de la cessation de paiement faite lundi après-midi
par Pierre Jullien, le président directeur général, le personnel de Regma solutions est
encore sous le choc, partagé entre colère et résignation. « Nous, les anciens, nous
lavons vu venir » témoigne un salarié présent dans lentreprise depuis plus
de 37 ans. « En novembre, la direction a arrêté de payer les fournisseurs pour régler
nos salaires
il fallait sy attendre ». Après plusieurs années au service de
lentreprise, dautres préfèrent se taire, répondant, une larme au bord des
yeux, ne pas avoir envie den parler. Ils savent effectivement de quoi il en
retourne. Les dépôts de bilan, les plans sociaux, les grèves
ils connaissent tous
pour les avoir déjà vécus. « Aujourdhui, nous ne sommes pas prêts à revivre la
situation dil y a trois ans avec la précédente cessation de paiement qui nous
avait déjà privés de notre salaire à la fin du mois de décembre
»
Des moyens de nuire
Cette fois, la menace de polluer lenvironnement en
utilisant des produits toxiques employés par lentreprise est de plus en plus
clairement avancée pour se faire entendre. « Nous ne voulons pas mourir et nous avons
les moyens de nuire, alors mieux vaut prévenir que guérir » avertissent-ils.
Pendant ce temps, les syndicats (CFE-CGC, CFDT, CGT-FO et CGT) agissent ensemble
pour tenter de trouver une solution au règlement des salaires de décembre dans les plus
brefs délais. Ils ont effectivement décidé de demander aux pouvoirs publics
davancer ces salaires. Après avoir rencontré le sous-préfet, Jean-Michel Bonté,
mercredi midi, ils ont obtenu un rendez-vous avec la Direction départementale du Travail
et de lEmploi et la sous-préfecture, mercredi prochain pour étudier la question.
« Nous espérons que cela sera pour nous annoncer une bonne nouvelle » commentent-ils.
Un appel solennel
Parallèlement, les syndicats appellent solennellement les
clients et fournisseurs à continuer à travailler avec lentreprise. Au-delà du
règlement des salaires cest également lavenir des emplois qui est désormais
suspendu à la décision du Tribunal de commerce de Paris où lentreprise possède
son siège. Déposée vendredi dernier, la déclaration de cessation de paiement pourrait
être examinée vers le 10 janvier par ce même tribunal.
A partir de là, plusieurs scénarios se dessinent. Le Tribunal peut prononcer
la liquidation immédiate de lentreprise ou accorder une période
dobservations. Durant cette période dobservations, les dettes de
lentreprise sont gelées et des plans sociaux ou de cessions peuvent être
présentés.
Une direction injoignable
Aujourdhui, la direction, contactée par téléphone,
se refuse à tout commentaire. A Nanterre, le président directeur général reste
injoignable et sur le site dArques-la-Bataille, le directeur ne souhaite pas, selon
son secrétariat, sexprimer.
En 1999, cent dix salariés avaient été licenciés et aujourdhui ils
sont encore cent quatorze en activités sur le site dArques-la-Bataille.
Dune même voix, les syndicats exposent que les dirigeants souhaiteraient
vendre une partie de lentreprise, le « service technique après-vente » et la
production de rubans de transfert thermique, pour ne conserver que le département «
grande largeur » et quil y aurait déjà sur les rangs un, voire deux repreneurs.
Les syndicats qui sont convoqués aujourdhui en CCE extraordinaire veulent
maintenant demander des comptes au président afin de connaître le montant des dettes.
Depuis deux ans et demi, lactionnaire a déjà dû réinjecter 55 millions de francs
dans lentreprise, et le montant de lendettement envers les fournisseurs
nest pas connu. « Nous ne souhaitons pas mourir les armes aux pieds et nous nous
battrons pour obtenir le maximum pour les salariés » concluent les syndicats
dépités
A.C. |