Journal du 21 décembre 2001

Le conseil général vote des crédits pour le port de Dieppe
650 000 euros pour les grues du quai de Norvège

Achetées au port d’Anvers, les trois grues figées du quai de Norvège n’ont jamais été utilisées. Le conseil général vient de débloquer une aide importante pour réaliser de gros travaux dans le port de commerce avec une première tranche qui concernera la mise en fonction des grues.

Le port de commerce de Dieppe connaît une situation difficile, mais pourtant, les partenaires trouvent encore des raisons d’espérer et… d’investir. C’est ainsi que le conseil général de Seine-Maritime, réuni lundi et mardi en séance budgétaire, a voté une ligne de crédit de 650 000 e (4,2 millions de francs) pour aider au financement d’une première phase de travaux d’équipement sur le quai de Norvège dont la facture totale sera de 1 250 000 e (8 millions de francs). Des travaux qui permettront de tourner l’une des pages les moins glorieuses de l’histoire du port de commerce puisqu’il s’agit notamment de remettre en service les trois grues figées du quai de Norvège achetées voilà plusieurs années au port d’Anvers et jamais utilisées depuis leur arrivée. Le programme d’investissements comprend également des interventions sur les hangars du terminal fruitier dont certains présentent des fuites d’eau au niveau des toitures. Pour Daniel Lefèvre, conseiller général de Dieppe-Est, particulièrement attaché à la renaissance du port de Dieppe, « le port de Dieppe, pourtant port d’intérêt national, serait déjà sinistré sans les interventions du conseil général… » Interventions qu’Edouard Leveau a toujours suscitées.

Capacité multipliée par deux

Citant notamment le financement de l’élargissement de la passerelle Guynemer qui a permis le maintien du trafic fruitier avec la Côte d’Ivoire pour un volume de 160 000 tonnes par an. Essentiel pour la survie de l’activité.

Avec la mise en service des grues du quai de Norvège, après la réalisation de leur alimentation électrique, de leur vérification mécanique et l’installation de 200 mètres de voies permettant de les déplacer, les capacités d’accueil du port de commerce de navires gros porteurs seront multipliées par deux. « Et même si le Maroc, sur lequel les responsables portuaires ont peut-être trop misé, se désengage puisque le pays producteur d’agrumes semble se diriger vers un transport routier de plus en plus développé au détriment du transport maritime, l’outil existant dans notre port pourra servir à de nouveaux trafics. Aujourd’hui, il convient de mettre en place une équipe dynamique, capable de vendre notre port à l’extérieur. »

Le PC contre le cadeau à la CCID

Jean Garraud, au nom du groupe communiste, conseiller général du Tréport, et suppléant de Christian Cuvilliez, député de la circonscription, devait à son tour souligner le rôle prépondérant du port de commerce dans l’activité économique dieppoise. « Il ne fait aucun doute de la nécessité de prendre en compte la situation du port de Dieppe. Depuis 1987, le conseil général y a investi 18 millions d’euros (118 millions de francs) et pourtant, depuis cinq ans, l’activité du port de commerce continue de baisser. Son équilibre repose en fait beaucoup sur la réussite de Transmanche Ferries qui a relancé l’exploitation de la ligne entre Dieppe et Newhaven mais malheureusement, son image vient d’être sérieusement écornée par dix-huit jours d’arrêt. Nous soutiendrons donc sans réserve ces propositions de financement d’équipement sur le quai de Norvège. »

Pourtant, le groupe communiste ne votera pas la délibération proposée par Charles Revet, « parce que celle-ci comportait un autre volet que les seuls équipements. Un volet que nous jugeons inacceptable puisqu’il s’agit de rayer d’un trait de plume une dette de 120 000 e (800 000 francs) de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Dieppe. » Confrontée aux difficultés financières que l’on sait, la CCID a en effet sollicité du Département la transformation en subvention d’une avance de crédits datant d’octobre 1999 destinée aux études d’expertises préalables à la remise en état de la passerelle du quai Guynemer qui s’était retournée en décembre 1998. Pour Pierre Tréhet, élu communiste rouennais, mais dieppois de cœur, « il est intolérable d’effacer ainsi l’ardoise de gens qui ne savent pas gérer autrement qu’en faisant appel à l’argent public. » C’est à regret que le groupe communiste n’a pas obtenu de Charles Revet que la délibération concernant le port de Dieppe ne soit pas scindée en deux, avec d’un côté les subventions d’équipements et de l’autre l’aide à la Chambre de Commerce. « Donc nous voterons contre. »

Le groupe socialiste, quant à lui, qui depuis quelque temps ne s’oppose plus aussi sèchement à la majorité départementale à propos du transmanche, a voté l’intégralité du rapport. Si rien ne permet de tirer des plans sur la comète pour envisager l’avenir du port, force est de reconnaître que tout est fait pour que les choses s’arrangent. Si échec il y a encore dans l’avenir, on aura au moins tout essayé.

P. R.


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