| Achetées au port dAnvers, les
trois grues figées du quai de Norvège nont jamais été utilisées. Le conseil
général vient de débloquer une aide importante pour réaliser de gros travaux dans le
port de commerce avec une première tranche qui concernera la mise en fonction des grues. Le
port de commerce de Dieppe connaît une situation difficile, mais pourtant, les
partenaires trouvent encore des raisons despérer et
dinvestir.
Cest ainsi que le conseil général de Seine-Maritime, réuni lundi et mardi en
séance budgétaire, a voté une ligne de crédit de 650 000 e (4,2 millions de francs)
pour aider au financement dune première phase de travaux déquipement sur le
quai de Norvège dont la facture totale sera de 1 250 000 e (8 millions de francs). Des
travaux qui permettront de tourner lune des pages les moins glorieuses de
lhistoire du port de commerce puisquil sagit notamment de remettre en
service les trois grues figées du quai de Norvège achetées voilà plusieurs années au
port dAnvers et jamais utilisées depuis leur arrivée. Le programme
dinvestissements comprend également des interventions sur les hangars du terminal
fruitier dont certains présentent des fuites deau au niveau des toitures. Pour
Daniel Lefèvre, conseiller général de Dieppe-Est, particulièrement attaché à la
renaissance du port de Dieppe, « le port de Dieppe, pourtant port dintérêt
national, serait déjà sinistré sans les interventions du conseil général
»
Interventions quEdouard Leveau a toujours suscitées.
Capacité multipliée par deux
Citant notamment le financement de lélargissement de
la passerelle Guynemer qui a permis le maintien du trafic fruitier avec la Côte
dIvoire pour un volume de 160 000 tonnes par an. Essentiel pour la survie de
lactivité.
Avec la mise en service des grues du quai de Norvège, après la réalisation de
leur alimentation électrique, de leur vérification mécanique et linstallation de
200 mètres de voies permettant de les déplacer, les capacités daccueil du port de
commerce de navires gros porteurs seront multipliées par deux. « Et même si le Maroc,
sur lequel les responsables portuaires ont peut-être trop misé, se désengage puisque le
pays producteur dagrumes semble se diriger vers un transport routier de plus en plus
développé au détriment du transport maritime, loutil existant dans notre port
pourra servir à de nouveaux trafics. Aujourdhui, il convient de mettre en place une
équipe dynamique, capable de vendre notre port à lextérieur. »
Le PC contre le cadeau à la
CCID
Jean Garraud, au nom du groupe communiste, conseiller
général du Tréport, et suppléant de Christian Cuvilliez, député de la
circonscription, devait à son tour souligner le rôle prépondérant du port de commerce
dans lactivité économique dieppoise. « Il ne fait aucun doute de la nécessité
de prendre en compte la situation du port de Dieppe. Depuis 1987, le conseil général y a
investi 18 millions deuros (118 millions de francs) et pourtant, depuis cinq ans,
lactivité du port de commerce continue de baisser. Son équilibre repose en fait
beaucoup sur la réussite de Transmanche Ferries qui a relancé lexploitation de la
ligne entre Dieppe et Newhaven mais malheureusement, son image vient dêtre
sérieusement écornée par dix-huit jours darrêt. Nous soutiendrons donc sans
réserve ces propositions de financement déquipement sur le quai de Norvège. »
Pourtant, le groupe communiste ne votera pas la délibération proposée par
Charles Revet, « parce que celle-ci comportait un autre volet que les seuls équipements.
Un volet que nous jugeons inacceptable puisquil sagit de rayer dun trait
de plume une dette de 120 000 e (800 000 francs) de la Chambre de Commerce et
dIndustrie de Dieppe. » Confrontée aux difficultés financières que lon
sait, la CCID a en effet sollicité du Département la transformation en subvention
dune avance de crédits datant doctobre 1999 destinée aux études
dexpertises préalables à la remise en état de la passerelle du quai Guynemer qui
sétait retournée en décembre 1998. Pour Pierre Tréhet, élu communiste
rouennais, mais dieppois de cur, « il est intolérable deffacer ainsi
lardoise de gens qui ne savent pas gérer autrement quen faisant appel à
largent public. » Cest à regret que le groupe communiste na pas obtenu
de Charles Revet que la délibération concernant le port de Dieppe ne soit pas scindée
en deux, avec dun côté les subventions déquipements et de lautre
laide à la Chambre de Commerce. « Donc nous voterons contre. »
Le groupe socialiste, quant à lui, qui depuis quelque temps ne soppose
plus aussi sèchement à la majorité départementale à propos du transmanche, a voté
lintégralité du rapport. Si rien ne permet de tirer des plans sur la comète pour
envisager lavenir du port, force est de reconnaître que tout est fait pour que les
choses sarrangent. Si échec il y a encore dans lavenir, on aura au moins tout
essayé.
P. R. |