Journal du 9 novembre 2001

Contrôle de la viande
Les éleveurs s'invitent chez Davigel

«C’est une première visite qui en appellera d’autres». Jeudi matin, une centaine d’éleveurs du département se sont retrouvés chez Davigel, à Rouxmesnil-Bouteilles, afin de vérifier l’origine de la viande achetée par l’entreprise spécialisée dans les surgelés.

Une vérification qui fait suite à l’accord signé à Paris le 24 octobre dernier entre les deux fédérations nationales des industriels en viandes bovines et les éleveurs. «Cet accord garantit une grille minimale d’achat sur les vaches réformées (ndlr : vache en fin de carrière reproductrice) et la suspension pendant un mois des importations de viande y compris des viandes originaires des pays membres de l’Union européenne», explique Patrice Faucon, vice-président de l’Union syndicale agricole.

Deux mesures destinées à soutenir les éleveurs français frappés de plein fouet par la crise de la vache folle. «La France et l’Irlande sont les deux seuls pays où les éleveurs ont à supporter les coûts engendrés par l’application du principe de précaution. Dans les autres pays comme l’Allemagne ou la Hollande par exemple, ce sont les landers qui paient ces coûts et les éleveurs n’ont pas eu à augmenter leurs prix. Leur viande est toujours vendue 15 F le kilo contre 23 F pour la viande française. Du coup, nous n’arrivons plus à vendre nos bêtes et quand nous les vendons, nous lefaisons bien souvent à perte», poursuit le repésentant syndical.

Dans les réfrigérateurs de Davigel, les éleveurs ont eu de bien mauvaises surprises : «Nous avons trouvé de la viande en provenance d’Italie, d’Espagne, d’Allemagne, de Hollande mais aussi d’Uruguay et de Nouvelle-Zélande», énumèrent-ils.

Interrogée, la direction de Davigel explique: «Nous travaillons en grande partie pour les marchés publics qui nous obligent à répondre à l’offre la moins disante. Dans ces conditions, il devient très difficile pour nous de ne pas importer». Toutefois, la direction s’est engagée à intensifier sa publicité pour la consommation de la viande française.

Quant aux éleveurs, ils sont allés rendre visite au sous-préfet Louis-Michel Bonté munis d’un échantillon de viande d’importation saisie chez Davigel. «Nous allons lui demander de nous soutenir et notamment de défendre la consommation de la viande française sur les marchés publics. Il est anormal que sur les quelque 400 000 tonnes de viande consommées par l’administration française, 300 000 tonnes proviennent de l’étranger», confient les éleveurs.

M. DS.


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