«Cest une première visite qui
en appellera dautres». Jeudi matin, une centaine déleveurs du département
se sont retrouvés chez Davigel, à Rouxmesnil-Bouteilles, afin de vérifier
lorigine de la viande achetée par lentreprise spécialisée dans les
surgelés.Une vérification qui fait suite à laccord
signé à Paris le 24 octobre dernier entre les deux fédérations nationales des
industriels en viandes bovines et les éleveurs. «Cet accord garantit une grille minimale
dachat sur les vaches réformées (ndlr : vache en fin de carrière reproductrice)
et la suspension pendant un mois des importations de viande y compris des viandes
originaires des pays membres de lUnion européenne», explique Patrice Faucon,
vice-président de lUnion syndicale agricole.
Deux mesures destinées à soutenir les éleveurs français frappés de plein
fouet par la crise de la vache folle. «La France et lIrlande sont les deux seuls
pays où les éleveurs ont à supporter les coûts engendrés par lapplication du
principe de précaution. Dans les autres pays comme lAllemagne ou la Hollande par
exemple, ce sont les landers qui paient ces coûts et les éleveurs nont pas eu à
augmenter leurs prix. Leur viande est toujours vendue 15 F le kilo contre 23 F pour la
viande française. Du coup, nous narrivons plus à vendre nos bêtes et quand nous
les vendons, nous lefaisons bien souvent à perte», poursuit le repésentant syndical.
Dans les réfrigérateurs de Davigel, les éleveurs ont eu de bien mauvaises
surprises : «Nous avons trouvé de la viande en provenance dItalie, dEspagne,
dAllemagne, de Hollande mais aussi dUruguay et de Nouvelle-Zélande»,
énumèrent-ils.
Interrogée, la direction de Davigel explique: «Nous travaillons en grande
partie pour les marchés publics qui nous obligent à répondre à loffre la moins
disante. Dans ces conditions, il devient très difficile pour nous de ne pas importer».
Toutefois, la direction sest engagée à intensifier sa publicité pour la
consommation de la viande française.
Quant aux éleveurs, ils sont allés rendre visite au sous-préfet Louis-Michel
Bonté munis dun échantillon de viande dimportation saisie chez Davigel.
«Nous allons lui demander de nous soutenir et notamment de défendre la consommation de
la viande française sur les marchés publics. Il est anormal que sur les quelque 400 000
tonnes de viande consommées par ladministration française, 300 000 tonnes
proviennent de létranger», confient les éleveurs.
M. DS.