| Le magazine Le Point du 2 novembre
dernier laffirme: « Les cliniques se distinguent par ladoption de techniques
de soins modernes, garantissant souvent un gain de confort pour le patient ». Même si
elles sont parfois confrontées à des difficultés financières, les 800 cliniques
privées réparties dans toute la France ont encore de beaux jours devant elles.
Cest vraisemblablement le cas de la clinique Saint-Pierre située rue Thiers à
Dieppe. Dans le classement établi par Le Point sur lactivité de chirurgie ORL,
elle figure en 33e position. Fin octobre 2000, le Figaro avait
classé la clinique Saint-Pierre à la 40e place des cliniques qui pratiquent la chirurgie
ORL (N.D.L.R.: elles sont environ 700 en France). Un an plus tard, cest le magazine
Le Point qui classe les cliniques privées. Et Saint-Pierre figure toujours en bonne place
pour lORL. Occupant une envieuse 33e place, la clinique dieppoise est la troisième
structure privée de Normandie derrière le centre hospitalier privé Saint-Martin de Caen
(6e) et la polyclinique de lEurope de Rouen (8e). La clinique Saint-Pierre
soffre le luxe de devancer la clinique Saint-Hilaire de Rouen (36e dans ce
classement)!
Avec deux chirurgiens ORL, les Drs Yves Chémama et Vincent Ducroz, la clinique
Saint-Pierre a effectué 427 interventions sur les amygdales et les végétations, 135 sur
les sinus et 72 sur les oreilles. « Outre leur niveau dactivité, rappelle Le
Point, les 50 premières cliniques de ce classement toutes très entraînées à la
chirurgie dite de jour ou ambulatoire ». A Saint-Pierre, 52 % des interventions
évoquées plus haut furent effectuées en chirurgie ambulatoire, cest-à-dire sans
que le patient soit hospitalisé.
La chirurgie ambulatoire constitue la grande nouveauté pour les opérations du
nez, de la gorge et des oreilles: le patient arrive en effet le matin, il est opéré et
il rentre chez lui le soir même. Cest vrai pour la pose de yoyos (drains
transtympaniques) effectuée sur les enfants qui souffrent dotites à répétition.
Le yoyo entraîne une amélioration instantanée.
Autre nouveauté, les amygdales sont opérées davantage pour leur grosseur que
pour des raisons infectieuses. En effet, lhypertrophie des amygdales peut entraîner
des troubles du sommeil ou de la respiration. Une fois opéré, lenfant reprend une
vie normale.
Chirurgien ORL depuis quelques années à la clinique Saint-Pierre, le Dr Yves
Chémama souligne que « larrivée du Dr Vincent Ducroz en 1998 a renforcé le
service ORL de la clinique Saint-Pierre ». Un point de vue que partage totalement
Dominique Brégeon, directeur de la clinique Saint-Pierre depuis trois ans et demi: «
Lassociation des Drs Chémama et Ducroz sest avérée très positive parce que
ce sont deux praticiens qui sont complémentaires. Ce sont eux quil faut avant tout
mettre en avant. La clinique est là pour assurer un service qui répond à leurs besoins
».
« Une saine émulation avec
lhôpital »
Concernant la fameuse 33e place obtenue face à 700 autres
cliniques privées qui officient dans le secteur de lORL, Dominique Brégeon
nest pas surpris: « Cest dans la continuité de ce qui avait été publié
par Le Figaro lan dernier. Cela donne encore un peu plus de consistance au
résultat. Cest un classement dautant plus encourageant que les critères
retenus favorisent plutôt les gros établissements. Il manque une pondération par
rapport à la taille de létablissement et à ses effectifs médicaux. Il
nempêche que ce résultat est agréable et flatteur pour notre clinique ».
En figurant dans le top 50 de lORL, la clinique Saint-Pierre est
récompensée pour son travail de fond. « En réalité, ce sont les 130 personnes - dont
94 salariés - qui travaillent à nos côtés qui sont récompensées », note M.
Brégeon. Plus globalement, cest aussi la qualité des soins prodigués sur Dieppe
qui saméliore. Si les cliniques dieppoises fonctionnent bien, Dominique Brégeon
refuse de tirer la couverture pour le seul secteur privé: « Lhôpital a rattrapé
son déficit dimage et il effectue également un gros travail. Un bon hôpital
attire aussi des patients dans les cliniques. Une saine émulation doit naître de la
concurrence entre le public et le privé. Et cest la santé en général sur Dieppe
qui doit en profiter. Notre souci principal consiste à éviter la fuite des patients vers
Rouen ».
A la clinique Saint-Pierre, les dirigeants nont pas lésiné sur les
moyens. Rachetée il y a cinq ans, la clinique fut entièrement rénovée. Des chambres
aux blocs opératoires en passant par les sous-sols, léquipement mobilier, les
infrastructures et le matériel danesthésie, cest un investissement global de
plus de 15 millions de francs qui a été réalisé.
Pas deuphorie
Pour que Dominique Brégeon soit un directeur heureux, il
manque encore le petit coup de pouce qui viendrait de lEtat: « Les cliniques
demandaient une dotation du gouvernement de 6 milliards de francs et nous avons obtenu 3,1
milliards depuis quelques heures, sans encore savoir sous quelle forme. Cest
regrettable de voir que lEtat ne donne pas aux cliniques de quoi financer les
impératifs de sécurité quil impose. Les cliniques assurent près de 60 % des
actes de chirurgie et le prix de la journée (N.D.L.R.: lequel est fixé par lEtat)
na pas évolué entre 1998 et 2000. Sans oublier que le privé éprouve bien des
difficultés à attirer le personnel infirmier ».
Pas question donc de se laisser aller à une quelconque euphorie du côté de la
rue Thiers. Si la clinique Saint-Pierre savoure le classement du Point à sa juste valeur,
lheure nest pas au triomphalisme. Face à une opinion parfois versatile, la
santé est un sujet trop sérieux et sensible pour faire preuve dautosatisfaction.
Christophe Quesne |