| Partenaires français et anglais ont
inauguré hier au phare dAilly un dispositif de capteurs et danalyseurs de la
qualité de lair que nous respirons. Si nos voisins et
amis de Grande-Bretagne ne sont pas parmi les plus ardents défenseurs de la construction
européenne, loin sen faut, ils ont pourtant volontiers rejoint le projet de
coopération internationale développé entre lassociation Air Normand basé à
Rouen et son homologue du département de la Somme, pour la mise en place dun
système de vigilance et de surveillance de la pollution.
Le phénomène de pollution atmosphérique par lozone ou les poussières
en suspension ne connaissant pas les frontières, la question doit aujourdhui se
poser à des échelles bien plus larges quune simple surveillance locale.
Cest fort de cette approche du problème, de plus en plus sérieux si
lon en juge par le nombre dalertes déclenchées lété dernier lorsque
des pics dozone ont été constatés, quAir Normand a développé un projet
baptisé « Air Rives Manche » dans le cadre des projets de coopération Interreg.
Cest dans ce cadre quun dispositif de capteurs et danalyseurs
fonctionnant de manière autonome 24 heures sur 24, a été installé à côté du phare
du Cap dAilly inauguré hier jeudi par les partenaires anglais et français autour
de Gérard Simon, président du réseau Air Normand, en prélude aux journées
détudes et de synthèse organisées aujourdhui à Rouen. Un dispositif qui
permet de suivre lévolution des nuages de poussières et les pics de pollution à
lozone qui peuvent trouver leur origine chez nous, avec les rejets industriels ou la
circulation automobile, ou provenir de lautre côté de la Manche.
Plus généralement, il sagit déchanger ses informations et son
savoir-faire tout en menant des actions conjointes de sensibilisation de la population,
elle-même source de pollution atmosphérique.
Alerte à lozone
Gérard Simon explique ainsi, « la Manche qui a un effet
purificateur ne permet pourtant pas déliminer toute forme de pollution. La
coopération entre la Seine-Maritime, la Somme et le lEast Sussex est née voici
deux ans à Eastbourne.
Ses objectifs portent à la fois sur lamélioration du dispositif de
mesure, la connaissance des transferts de pollution et la sensibilisation des personnes à
leurs propres émissions. »
Le dispositif international a déjà fait ses preuves puisque lété
dernier, les trois alertes à lozone recensées pendant les périodes les plus
chaudes ont été répertoriées de manière similaire entre le capteur du Phare
dAilly, et les deux autres installés dans le département de la Somme et en
Angleterre. Trois sites pourtant distants de plusieurs centaines de kilomètres, ce qui
prouve que les nuages polluants circulent bel et bien sur de longues distances au gré des
masses dair.
236 heures de pollution à
lozone
Les relevés réalisés cet été, notamment dans le courant
du mois daoût qui fut marqué par de fortes chaleurs, ont confirmé sil en
était besoin limportance du phénomène de pollution à lozone.
Bien que le capteur dAilly soit positionné dans une zone naturelle
située loin de toute zone de circulation intense, et loin de tout site industriel, la
station a enregistré 236 heures de dépassement des pics dozone.
Ces informations relayées vers dautres capteurs installés dans les
villes, ont conduit le préfet de Région à mettre en uvre les procédures
dalerte auprès des populations les plus sensibles à ces pollutions, en
loccurrence les personnes âgées et les déficients respiratoires.
La coopération franco-anglaise qui se concrétise depuis quelques mois au cap
dAilly est assurément un pas essentiel vers plus de connaissance et donc vers une
réelle prise de conscience dun phénomène trop longtemps ignoré qui influe
pourtant directement sur la qualité de la vie dans notre région.
P. R. |