Journal du 23 novembre 2001

Un outil indispensable inauguré au Cap d'Ailly
La pollution atmosphérique
ne connaît pas les frontières

Partenaires français et anglais ont inauguré hier au phare d’Ailly un dispositif de capteurs et d’analyseurs de la qualité de l’air que nous respirons.

Si nos voisins et amis de Grande-Bretagne ne sont pas parmi les plus ardents défenseurs de la construction européenne, loin s’en faut, ils ont pourtant volontiers rejoint le projet de coopération internationale développé entre l’association Air Normand basé à Rouen et son homologue du département de la Somme, pour la mise en place d’un système de vigilance et de surveillance de la pollution.

Le phénomène de pollution atmosphérique par l’ozone ou les poussières en suspension ne connaissant pas les frontières, la question doit aujourd’hui se poser à des échelles bien plus larges qu’une simple surveillance locale.

C’est fort de cette approche du problème, de plus en plus sérieux si l’on en juge par le nombre d’alertes déclenchées l’été dernier lorsque des pics d’ozone ont été constatés, qu’Air Normand a développé un projet baptisé « Air Rives Manche » dans le cadre des projets de coopération Interreg.

C’est dans ce cadre qu’un dispositif de capteurs et d’analyseurs fonctionnant de manière autonome 24 heures sur 24, a été installé à côté du phare du Cap d’Ailly inauguré hier jeudi par les partenaires anglais et français autour de Gérard Simon, président du réseau Air Normand, en prélude aux journées d’études et de synthèse organisées aujourd’hui à Rouen. Un dispositif qui permet de suivre l’évolution des nuages de poussières et les pics de pollution à l’ozone qui peuvent trouver leur origine chez nous, avec les rejets industriels ou la circulation automobile, ou provenir de l’autre côté de la Manche.

Plus généralement, il s’agit d’échanger ses informations et son savoir-faire tout en menant des actions conjointes de sensibilisation de la population, elle-même source de pollution atmosphérique.

Alerte à l’ozone

Gérard Simon explique ainsi, « la Manche qui a un effet purificateur ne permet pourtant pas d’éliminer toute forme de pollution. La coopération entre la Seine-Maritime, la Somme et le l’East Sussex est née voici deux ans à Eastbourne.

Ses objectifs portent à la fois sur l’amélioration du dispositif de mesure, la connaissance des transferts de pollution et la sensibilisation des personnes à leurs propres émissions. »

Le dispositif international a déjà fait ses preuves puisque l’été dernier, les trois alertes à l’ozone recensées pendant les périodes les plus chaudes ont été répertoriées de manière similaire entre le capteur du Phare d’Ailly, et les deux autres installés dans le département de la Somme et en Angleterre. Trois sites pourtant distants de plusieurs centaines de kilomètres, ce qui prouve que les nuages polluants circulent bel et bien sur de longues distances au gré des masses d’air.

236 heures de pollution à l’ozone 

Les relevés réalisés cet été, notamment dans le courant du mois d’août qui fut marqué par de fortes chaleurs, ont confirmé s’il en était besoin l’importance du phénomène de pollution à l’ozone.

Bien que le capteur d’Ailly soit positionné dans une zone naturelle située loin de toute zone de circulation intense, et loin de tout site industriel, la station a enregistré 236 heures de dépassement des pics d’ozone.

Ces informations relayées vers d’autres capteurs installés dans les villes, ont conduit le préfet de Région à mettre en œuvre les procédures d’alerte auprès des populations les plus sensibles à ces pollutions, en l’occurrence les personnes âgées et les déficients respiratoires.

La coopération franco-anglaise qui se concrétise depuis quelques mois au cap d’Ailly est assurément un pas essentiel vers plus de connaissance et donc vers une réelle prise de conscience d’un phénomène trop longtemps ignoré qui influe pourtant directement sur la qualité de la vie dans notre région.

P. R.


Archives 1998   Archives 1999   Archives 2000  Archives 2001  Recherche   Accueil