| Jeudi débute la grande messe du Tour de
France à la voile, cette année dénommée Tour Voile. Pour la onzième année, après
avoir été plusieurs fois ville étape et ville arrivée en 1998, Dieppe sonne, pour l'an
2000, le départ. «Dieppe est devenue une ville incontournable du Tour. Pour preuve, les
équipages demandent à l'unanimité, chaque année, un passage à Dieppe où un accueil
privilégié et une convivialité leur sont réservés» indique Marie-Hélène Cappe,
assistante technique à la Chambre de commerce et d'industrie. Chaque équipage est, en
effet, placé sous la responsabilité d'un commerçant qui le parraine pendant tout son
séjour. Un parrainage qui est une des initiatives du comité du bout du quai et qui n'est
organisé qu'à Dieppe. Au départ de Dieppe, 33 Mumm rejoindront Calvi
en trente étapes. Cette année, le Tour parcourt les îles en faisant, notamment, un
petit tour par l'Angleterre pour la première étape, puis par l'île de Ré en terminant
par la Haute-Corse. Pour ce périple, 33 bateaux sont engagés, une augmentation par
rapport à la précédente édition qui en a réuni 28. Annoncé, le New-Zealand ne
concourra finalement pas, devant faire face à une dispersion de la célèbre team. La
majorité des bateaux ont été mis à l'eau hier pour un départ qui aura lieu dimanche
à 15 h.
Un équipage
dieppois dans la course
Ils sont 18 sur le bateau dieppois, mené par Christophe
Artaud. Sélectionnés début mars au sein de l'association Course au large et du Cercle
de voile de Dieppe : «Une douzaine de membres sont Dieppois ou navigants dieppois, le
reste est Havrais», souligne Jean-François Vanheeghe, un des équipiers. Sur le
Accastillage diffusion-FTH Thirard pas de trop grande prétention : «Le but n'est pas de
terminer premier puisqu'il y a de très bons équipages de professionnels mais nous avons
toutes nos chances de faire une bonne place». Le bateau dieppois engagé en 1996 avait
terminé troisième de la catégorie amateur. «Entraîné par Christophe Artaud, poussé
par la ténacité d'Alain Gièse, le président de l'association Voiles 2000, l'équipage
a beaucoup progressé en quatre mois. Nous ferons donc notre maximum.» explique
Jean-François Vanheeghe. La course est importante mais le plaisir passe avant tout : «Il
existe au sein de l'équipage des individualités fortes mais l'équipe est un vrai
équipage d'amateurs au sens étymologique : celui qui aime.» conclut Christophe Artaud,
skipper du bateau dieppois.
Le Tour des
chiffres
Au moment des pré-inscriptions, 52 équipages étaient
annoncés. Aujourd'hui, ce sont 33 bateaux qui participent à la course. De nombreux
regroupements s'engagent, en effet, avant la course. La raison est avant tout financière
: pour un équipage, s'engager dans le Tour voile 2000 revient de 600 à 700 000 francs.
Si des professionnels participent à la course, il y a également beaucoup d'écoles : CSC
ESSEC, IUT de France, polytechnique et école supérieure d'aéronautique
Un
équipage très particulier participe également : le Tépacap sera barré par des jeunes
en réinsertion et aidé par le ministère de la Justice.
Incollable sur
les Mumm 30
Dessiné par Bruce Farr, le Mumm 30 a une longueur de
flottaison de 8,40 m. La voilure a une surface totale de 56 m2. Le bateau a un bau maximum
de 3,07 m et un tirant d'eau de 2,10 m. Avec un déplacement de 2 036 kg et une quille de
950 kg, le bateau est construit en sandwich kevlar et Epony mousse composite. Très
rapide, il a donné au Tour voile un nouvel élan et a créé une nouvelle façon de
naviguer. Pour la seconde année consécutive, ce seront les Mumm 30 qui feront la course
contre vent et marée. Tous les concurrents courent sur le même bateau. Les Mumm sont
d'ailleurs inspectés de la quille au sommet du mât avant d'être mis à l'eau. Pour les
équipages, ce ne sont donc pas les caractéristiques techniques qui feront la différence
mais les décisions prises à bord et la manière de naviguer. |