Journal du 27 juin 2000

Tour Voile 2000
Quatre jours au rythme du vent

Voir aussi
Christophe Artaud, skipper du bateau dieppois :
"Former des équipiers à la régate de haut niveau"   (journal du 17 mars 2000)
Tour Voile 2000 : l'équipage dieppois confiant (journal du 30 juin 2000)
Les pêcheurs ont bloqué une régate (journal du 4 juillet 2000)

Jeudi débute la grande messe du Tour de France à la voile, cette année dénommée Tour Voile. Pour la onzième année, après avoir été plusieurs fois ville étape et ville arrivée en 1998, Dieppe sonne, pour l'an 2000, le départ. «Dieppe est devenue une ville incontournable du Tour. Pour preuve, les équipages demandent à l'unanimité, chaque année, un passage à Dieppe où un accueil privilégié et une convivialité leur sont réservés» indique Marie-Hélène Cappe, assistante technique à la Chambre de commerce et d'industrie. Chaque équipage est, en effet, placé sous la responsabilité d'un commerçant qui le parraine pendant tout son séjour. Un parrainage qui est une des initiatives du comité du bout du quai et qui n'est organisé qu'à Dieppe.

Au départ de Dieppe, 33 Mumm rejoindront Calvi en trente étapes. Cette année, le Tour parcourt les îles en faisant, notamment, un petit tour par l'Angleterre pour la première étape, puis par l'île de Ré en terminant par la Haute-Corse. Pour ce périple, 33 bateaux sont engagés, une augmentation par rapport à la précédente édition qui en a réuni 28. Annoncé, le New-Zealand ne concourra finalement pas, devant faire face à une dispersion de la célèbre team. La majorité des bateaux ont été mis à l'eau hier pour un départ qui aura lieu dimanche à 15 h.

Un équipage dieppois dans la course

Ils sont 18 sur le bateau dieppois, mené par Christophe Artaud. Sélectionnés début mars au sein de l'association Course au large et du Cercle de voile de Dieppe : «Une douzaine de membres sont Dieppois ou navigants dieppois, le reste est Havrais», souligne Jean-François Vanheeghe, un des équipiers. Sur le Accastillage diffusion-FTH Thirard pas de trop grande prétention : «Le but n'est pas de terminer premier puisqu'il y a de très bons équipages de professionnels mais nous avons toutes nos chances de faire une bonne place». Le bateau dieppois engagé en 1996 avait terminé troisième de la catégorie amateur. «Entraîné par Christophe Artaud, poussé par la ténacité d'Alain Gièse, le président de l'association Voiles 2000, l'équipage a beaucoup progressé en quatre mois. Nous ferons donc notre maximum.» explique Jean-François Vanheeghe. La course est importante mais le plaisir passe avant tout : «Il existe au sein de l'équipage des individualités fortes mais l'équipe est un vrai équipage d'amateurs au sens étymologique : celui qui aime.» conclut Christophe Artaud, skipper du bateau dieppois. 

Le Tour des chiffres

Au moment des pré-inscriptions, 52 équipages étaient annoncés. Aujourd'hui, ce sont 33 bateaux qui participent à la course. De nombreux regroupements s'engagent, en effet, avant la course. La raison est avant tout financière : pour un équipage, s'engager dans le Tour voile 2000 revient de 600 à 700 000 francs. Si des professionnels participent à la course, il y a également beaucoup d'écoles : CSC ESSEC, IUT de France, polytechnique et école supérieure d'aéronautique… Un équipage très particulier participe également : le Tépacap sera barré par des jeunes en réinsertion et aidé par le ministère de la Justice.

Incollable sur les Mumm 30

Dessiné par Bruce Farr, le Mumm 30 a une longueur de flottaison de 8,40 m. La voilure a une surface totale de 56 m2. Le bateau a un bau maximum de 3,07 m et un tirant d'eau de 2,10 m. Avec un déplacement de 2 036 kg et une quille de 950 kg, le bateau est construit en sandwich kevlar et Epony mousse composite. Très rapide, il a donné au Tour voile un nouvel élan et a créé une nouvelle façon de naviguer. Pour la seconde année consécutive, ce seront les Mumm 30 qui feront la course contre vent et marée. Tous les concurrents courent sur le même bateau. Les Mumm sont d'ailleurs inspectés de la quille au sommet du mât avant d'être mis à l'eau. Pour les équipages, ce ne sont donc pas les caractéristiques techniques qui feront la différence mais les décisions prises à bord et la manière de naviguer.


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