| Jean-Claude Chauvière, adjoint au
tourisme, a été convié par lAssociation nationale des maires des stations
classées et des communes touristiques à présenter le modèle de développement
élaboré dans le Pays Dieppois par lintermédiaire du P.D.T. (Pôle de
Développement Touristique). Développement local, les clés
dun bon projet touristique», cest le thème de lexposé que Jean-Claude
Chauvière, adjoint au maire chargé du tourisme, a développé à la fin du mois de
novembre à loccasion du Congrès des Maires de France dans le cadre des ateliers de
réflexion organisés par lAssociation des maires des stations classées et des
communes touristiques. Présidé par Didier Borottra, sénateur-maire de Biarritz, cette
association a pour but de proposer aux communes qui souhaitent mener un plan de
développement touristique, les clés pour réussir dans leur entreprise. Car il ne suffit
pas dêtre une commune du bord de mer ou implantée dans un site privilégié pour
demblée profiter de la manne touristique. Dans un marché de plus en plus
concurrentiel, alors que le ciel a ouvert des perspectives de voyages toujours plus
faciles et toujours moins chers, il appartient aux villes touristiques de lhexagone
de faire preuve de dynamisme et dinnovation pour proposer autre chose que les
simples activités de baignade ou de farniente. Lheure est venue doffrir de
véritables «packages» complets qui associent autant dattraits particuliers.
Elargir léventail des
offres
Cest à ce titre que lexemple dieppois a été
cité en exemple lors du congrès des maires. La coopération intercommunale initiée par
le biais du Pôle de Développement Touristique créé en 1991 a permis de déterminer une
politique générale dinvestissements dont lobjectif était de construire à
partir de la notoriété touristique de Dieppe et son arrière-pays (le Pays de Dieppe) un
pôle attractif de lan 2000 à léchelle européenne. Le pôle qui a réuni
les intérêts partagés de Dieppe, Arques, Hautot-sur-Mer, Martigny, Saint-Aubin-le-Cauf
et du syndicat de la Varenne a pu signer un programme ambitieux dont, à larrivée,
tout le monde tire profit. Lintercommunalité visant à regrouper les acteurs
touristiques et économiques et à éviter lemiettement des projets et des actions.
«Lobjectif était de mettre en ordre tout ce qui pouvait se passer de manière
étirée. Cest aussi à cette époque que chacun a vraiment pris conscience de la
réalité économique de lactivité touristique. Considérant la complémentarité
qui existe entre lintérêt purement dieppois et ceux de sites alentours,
lidée dun pôle de développement commun sest imposée pratiquement
delle-même...» explique Jean-Claude Chauvière.
Des actions concrètes
Le fonctionnement et les fondements mêmes du pôle
sappuient notamment sur des orientations constantes tout en sadaptant aux
besoins et évolutions rapides du contexte touristique, sur une programmation consensuelle
et concertée, sur un réalisme et une fiabilité en terme de temps et de moyens et enfin
sur une gestion dynamique et rigoureuse. Concrètement, pour la ville de Dieppe,
laction sest traduite par la rénovation du quai Henri-IV, par létude
de restructuration de la Cité de la Mer, par le lancement de la consultation à propos de
la station balnéaire (lire ci-contre). A Arques, il sest agi de développer des
réseaux de randonnées et de réhabiliter le patrimoine, à Pourville de mettre en valeur
lEspace de la Mer... La liste des exemples pourrait être bien plus longue encore.
Le pôle agit également sur lévénementiel avec le festival des cerfs-volant ou
lopération Dieppe-Rétro.
«Dieppe a des atouts fantastiques mais le décor ne suffit pas si lon
ny met pas un peu de vie. Et pour cela, il faut que les gens sinvestissent.
Ici, nous avons la chance que touristes et résidents ne sopposent pas comme
cest souvent le cas dans les villes balnéaires. Cest une chance. Le tourisme
Dieppois ne se cantonne pas au front de mer, cest aussi le port, le centre-ville et,
grâce au pôle de développement, tout larrière-pays.»
Cest de cette expérience que Jean-Claude Chauvière est allé parler à
ses collègues élus de plusieurs centaines de communes dites touristiques ou ambitieuses
en la matière.
Etre ambitieux, cest encore la volonté du Pôle de Développement
Touristique du Pays de Dieppe «Scène Maritime» qui sait quil reste encore
beaucoup à faire pour installer définitivement la vocation et lattrait de la
ville.
Pour se «vendre», le pôle sapprête dailleurs à distribuer un CD
Rom qui vante les mérites dune cité où il fait bon vivre à longueur
dannée, a fortiori lorsque lon vient y passer quelques jours seulement.
P. R.
Station
balnéaire
Dieppe soffre «un
grand bain»
Trois bassins deau de mer chauffée et couverts, des
cascades, des toboggans, des bains à jets, un centre de remise en forme, un hôtel, un
restaurant, une salle de congrès, le projet de station balnéaire retenu par la
municipalité ouvrira ses portes au printemps 2003. Objectif : 130.000 à 180.000
visiteurs par an.
Le moment était venu de réhabiliter ce site exceptionnel, pour adapter les
équipements aux attentes daujourdhui. Lobjectif est également de faire
vivre la station toute lannée, en conservant la piscine de 50 mètres
particulièrement fréquentée...» Construite dans les années 60, à la même époque
que le casino, la station balnéaire ne répond plus aux besoins. Avec larrêt de
lactivité thalasso voici une dizaine dannées, lopportunité de
reprendre lensemble de la structure soffrait à la municipalité.
La réflexion a cheminé en associant non seulement la volonté dattirer
les Dieppois, mais également dapporter un nouvel atout en matière de
développement touristique. «On sait que le tourisme dieppois est surtout un tourisme de
passage...» explique Gérard Jacqueline, adjoint au maire chargé de lurbanisme.
«Le challenge a consisté à réfléchir à la création dun équipement qui
permette de le garder chez nous sur des durées plus longues, en combinant des activités
ludiques et un tourisme culturel pour lequel Dieppe dispose de nombreux atouts.»
Trois bassins pour jouer
Et le résultat de cette réflexion est largement à la
hauteur des ambitions de la ville. En 2003, le projet de réhabilitation de la station
balnéaire sera arrivé à son terme ou presque puisquune seconde tranche pourra
encore enrichir un espace largement tourné vers les loisirs aquatiques. Un espace de 1400
m2 couvert sera bâti dans le prolongement de lactuelle rotonde. A
lintérieur, un espace vitré, baigné de lumière du levant au couchant,
agrémenté de trois bassins deau de mer chauffée, de forme ovoïde, équipés de
toboggans, de jets, de cascades... Un vrai petit paradis nautique ouvert sur la ville.
Un «chenal» permettra au nageurs plus sportifs de rejoindre le bassin
extérieur de 50 mètres. A lextérieur également, les enfants disposeront
dune pataugeoire. Un restaurant trouvera place entre le bassin extérieur et la
plage, avec une terrasse de chaque côté, et un hôtel de lautre côté. Une salle
de congrès y sera adjointe tandis quune seconde tranche de travaux prévoit la
réalisation dun parking souterrain.
Mais ce nest pas tout, en sous-sol, côté casino, et en prolongement
direct de lespace nautique, prendra place un large éventail dactivités de
soins, de balnéothérapie, fitness, massage... Contrairement à lancienne activité
de thalasso, le complexe naura pas le caractère de cure médicale mais
essentiellement de loisirs et de remise en forme. Un concept à la mode qui fait notamment
le succès et la richesse des centres ouverts par Serge Blanco dans le Sud-Ouest. En
parallèle, le pont promenade et les cabines seront également refaits.
25 cabinets spécialisés ont
planché sur le projet
Loriginalité du dossier monté par la ville réside
dans le fait que le concours ouvert aux concepteurs ne devait pas prendre en compte les
seules données architecturales. «Dans le cahier des charges que nous avons établi, les
groupements de concepteurs devaient constituer, outre le projet architectural, une
dimension de programmation et de gestion. Les élus sont bien placés pour savoir que les
piscines sont toujours déficitaires ; or, avec ce projet de station balnéaire, la ville
consent à un effort dinvestissement mais ne veut pas supporter ensuite le coût de
fonctionnement de léquipement. Les projets qui nous ont été remis devaient
impérativement séquilibrer financièrement dans le fonctionnement et donc
intégrer une donnée détude de marché et de fonctionnalité» explique Gérard
Jacqueline.
Vingt-cinq cabinets spécialisés ont planché sur le dossier et fait acte de
candidature. Après concertation, le jury constitué par les élus a retenu trois
dossiers. Les trois candidats ont alors réalisé une maquette et signé un projet
détaillé. Le 15 décembre dernier, le jury a désigné le projet lauréat réalisé par
le cabinet Duval-Raynal de Bois-Guillaume. Jusquau 18 janvier prochain, les Dieppois
pourront donner leur avis sur la maquette et le descriptif du projet, comme
dailleurs sur les deux autres dossiers qui nont pas été retenus. «Nous
tenons à recueillir lavis des Dieppois sur les trois projets, indique
ladjoint. Car le projet retenu nest pas complètement ficelé et peut encore
évoluer. Nous demanderons dailleurs aux auteurs du projet retenu denrichir
quelque peu leur volet architectural.» Le conseil municipal du 25 janvier entérinera
définitivement le choix du jury après avoir pris connaissance des réflexions notées
par les Dieppois sur le registre mis à leur disposition dans le hall de la mairie. Dans
la foulée, le conseil municipal lancera un appel doffres pour choisir le
gestionnaire privé à qui léquipement sera confié.
Redynamiser lhôtellerie
de plage
Gérard Jacqueline rappellera à loccasion les
ambitions de la ville, à savoir disposer dun équipement qui non seulement
satisfasse les Dieppois mais, surtout, fidélise la clientèle touristique.
«Lobjectif est de redynamiser lhôtellerie de plage. Dieppe et ses
professionnels du tourisme ont besoin dun tourisme de séjour et pas seulement
dun tourisme de passage. Les prévisions de fréquentation de la station balnéaire
sétablissent entre 130.000 et 180.000 visiteurs par an, dont 60% extérieurs à
Dieppe. Pour faire rester les touristes à Dieppe, le projet prévoit de leur proposer des
combinaisons dactivités telles que balnéo-golf, ou balnéo-équitation...»
Le premier coup de pioche sera donné à la fin de lannée 2001 pour 18
mois de travaux, louverture du centre devant intervenir au printemps 2003. La
facture sélèvera à 50 millions de francs subventionnés à hauteur de 7 millions
par le Département. La ville espère également obtenir une enveloppe de 20 millions des
fonds européens et une participation de la Région. La réalisation du projet permettra
enfin la création de 25 à 30 emplois équivalents temps plein.
Aujourdhui, une chose est sûre, Dieppe soffrira un gand bain.
P. R. |