Journal du 14 novembre 2000

Snekkar Arctic
L'association des victimes
écrit au Garde des Sceaux

L’AFSA (Association des Familles du Snekkar Artic) profite de la nomination d’un nouveau Garde des Sceaux pour réclamer que justice soit enfin rendue, 15 ans après le naufrage.

Le drame est encore présent dans toutes les mémoires. Le Snekkar Artic avait coulé en 10 minutes et fait 18 victimes le 21 février 1986. Leurs familles réunies sous la bannière d’une association continue, 15 ans après l’accident, son combat devant les tribunaux pour obtenir réparation et, surtout, que les responsabilités de chacun soient clairement et définitivement établies.

De recours en appels, l’affaire qui fut jugée en dernier ressort devant la cour d’Appel de Rennes, est aujourd’hui en cour de Cassation. Profitant de la récente arrivée de Marylise Lebranchu au ministère de la Justice, en remplacement d’ Elizabeth Guigou nommée ministre de l’Emploi, de la Solidarité et des Affaires sociales, l’association, par la voie de Bernard Malet son président, a voulu de nouveau attirer l’attention sur un dossier qui n’en finit plus de traîner. «Nous avions également sollicité Mme Guigou qui nous avait répondu que justice serait rendue dans des délais raisonnables... Ce dernier adjectif n’a sans doute pas la même signification pour nous que pour l’administration!» explique le président de l’AFSA (Association des Familles du Snekkar Artic).

L’association compte sur le fait que Marylise Lebranchu soit l’élue d’une région maritime, en l’occurrence la Bretagne, pour que le dossier du Snekkar ne dorme pas plus longtemps sous des piles d’autres affaires.

Quinze ans après le drame, les familles des victimes attendent toujours que les responsabilités du chantier naval constructeur du Snekkar ainsi que le bureau de contrôle technique soient clairement établies. Quant à la procédure que l’association avait lancée en parallèle devant le tribunal administratif à l’encontre de l’Etat à travers les Affaires maritimes, l’association a eu gain de cause en partie devant la cour d’Appel du tribunal administratif de Nantes, l’Etat omettant finalement d’avoir recours au Conseil d’Etat et acceptant du même coup sa part de responsabilités. Il reste pourtant beaucoup à faire pour que ce dossier puisse être enfin refermé. C’est seulement lorsque les batailles juridiques seront terminées que les familles pourront vraiment faire le deuil des 18 marins disparus.

P.R.


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