| EDF et les autorités civiles se sont
lancés dans une vaste campagne de communication destinée à rassurer les habitants du
périmètre de 10 km autour des centrales de Paluel et Penly. Mardi soir, techniciens,
élus et habitants se sont retrouvés à la salle des fêtes dEnvermeu. Nucléaire,
le mot à lui seul fait frémir. Souvent par méconnaissance de son fonctionnement
lorsquil sagit de nucléaire civil adapté à lindustrie. Avec les
centrales de Penly et Paluel, la région est évidemment bien servie. Doù une
certaine inquiétude sil devait se produire un accident. Tchernobyl et son nuage ont
laissé des traces dans les esprits et cest bien légitime, dautant quà
lépoque, les autorités ne méritaient sûrement pas le premier prix de
communication.
A chacun ses comprimés
De communication il sagissait justement mardi soir à
Envermeu. A linitiative des services de la Préfecture, de la Protection Civile et
dEDF, les habitants des communes concernées par le périmètre de sécurité qui
sétend dans un rayon de 10 km autour des centrales, étaient conviés à venir
rencontrer médecins et techniciens pour obtenir les réponses à toutes les questions
quils se posent. En particulier à propos des comprimés diode que chaque
habitant du périmètre doit avoir en sa possession en cas daccident et de rejets
nucléaires dans latmosphère. Le mode de distribution de ces comprimés a justement
changé puisque chaque habitant a dû recevoir - certaines familles auraient été
oubliées - un courrier linvitant à aller retirer - gratuitement - sa boîte de
comprimés dans les pharmacies des environs. Un événement qui à lui seul suscite des
inquiétudes, «si on nous distribue des comprimés, cest que les centrales ne sont
pas aussi sûres quon veut bien nous le dire...»
Rien à voir avec Tchernobyl
Cest pourtant un discours des plus rassurants que M.
Assisse, responsable du site électro-nucléaire de Penly a voulu tenir - même si le
risque zéro ne peut pas exister en matière industrielle - avec force démonstrations
concernant la structure même des centrales françaises, «qui nont rien à voir
avec Tchernobyl.Une centrale nucléaire est tout le contraire dune bombe atomique.
Le danger quelle peut représenter réside dans les rejets de matière nucléaire
quelle pourrait engendrer. Ceux-ci seraient de toute façon volontaires et
contrôlés, de manière à faire retomber une pression trop élevée au niveau du
réacteur en cas dincident...» Ces rejets étant décidés en guise dultime
recours. Les autorités préfectorales auraient alors le temps nécessaire pour organiser
les mesures à prendre pour la population. Mesures de trois niveaux avec en premier lieu
linvitation à rester calfeutré chez soi, la seconde étape étant la prise des
comprimés diode destinés à éviter la fixation de matière nucléaire volatile
sur la glande tyroïde et enfin, dans les cas extrêmes, lévacuation.
Les techniciens ont eu beau assurer que lexpérience nucléaire française
navait jamais engendré daccidents graves, les habitants du périmètre de
sécurité (venus en trop petit nombre dailleurs) nont pu sempêcher de
révéler un certain scepticisme. Les erreurs de communication à lépoque du nuage
de Tchernobyl ny étant pas étrangères puisque la France a appris près de 10 ans
après les faits, que le nuage était bel et bien passé au dessus de nos têtes.
Gaëlle Duclos, ingénieur sanitaire départementale devait quant à elle
préciser les règles dabsorption des comprimés diode, «uniquement lorsque
le Préfet en donne lordre. Un quart de caché dilué pour les nourrissons, un demi
pour les jeunes enfants et un entier pour les adultes.». Elle a également voulu rassurer
les personnes allergiques à liode des fruits de mer, «ça na rien à voir
!». Pour les gens qui auraient omis daller retirer leurs cachets, il est toujours
possible den récupérer si une alerte devait se produire, les autorités civiles
locales étant forcément au courant des lieux de stockage installés dans la région.
P.R. |