Journal du 5 décembre 2000

Mises en examen
La réaction s'organise

On parle aujourd’hui de la création d’un comité de soutien au maire tandis que de son côté, la CGT appelle à manifester devant le tribunal vendredi au moment où Philippe Stalin sera de nouveau dans le bureau du juge.

La résistance s’organise dans l’affaire des emplois fictifs présumés au cabinet du maire de Dieppe et dans celle qui conduit l’Union locale CGT devant le juge d’instruction pour abus de biens publics. La double procédure engagée à la demande du Parquet va susciter une double réaction populaire.

Concernant la mise en examen de William Pillon, et de Gilbert Louvet, et maintenant de celle du maire lui-même, il est de plus en plus question de créer un comité de soutien réunissant représentants de la vie associative, militants et citoyens. L’initiative est de Didier Marchand, président de la CNL, qui tente de mobiliser suffisamment de monde pour organiser manifestations et rassemblements.

Concernant Christian Cuvilliez, l’enjeu est évidemment de savoir si le dossier sera renvoyé devant le tribunal correctionnel, auquel cas le maire pourrait encourir une inéligibilité. Pour autant, ceci ne devrait pas avoir d’influence sur les prochaines municipales car le dossier risque bel et bien de traîner en longueur et ce n’est sûrement pas demain qu’il connaîtra son épilogue, à moins, bien sûr, que le juge d’Instruction ne décide de classer le dossier.

Remous politiques ?

Par ailleurs, comme il fallait s’y attendre, la mise en examen de Christian Cuvilliez risque également de changer la donne au sein de la majorité municipale. Si actuellement, la parité entre socialistes et communistes est à peu près de mise, il se dit qu’il aurait été décidé que les 30 sièges potentiels revenant à la liste d’union de la gauche en cas de succès aux élections, reviendraient à raison de 19 pour les communistes et 11 seulement pour les socialistes. Ceci pour exprimer en sièges le poids réel du PCF sur Dieppe. Cette disparité aurait été acceptée, dans un premier temps, par le groupe Socialiste. Or, depuis quelques jours, ils seraient quelques-uns à vouloir revenir sur l’accord pour prôner la solution d’un rééquilibrage, à savoir 15 communistes et 15 socialistes. Une information que Jean Beaufils, adjoint socialiste au maire de Dieppe dément formellement. «Il se peut que des gens parlent à l’extérieur mais en tout état de cause, aucune discussion de la sorte n’a existé au sein de notre groupe. En revanche, il est vrai que nous sommes en discussion avec les communistes à propos de la répartition des sièges. Les bases de cette discussion, qui se situe à l’échelon fédéral, ne sont d’ailleurs pas d’un rapport de 19 communistes pour 11 socialistes, mais plus intéressantes pour nous. L’accord vise à obtenir un meilleur équilibrage et celui-ci sera respecté.»

Concernant l’affaire en elle-même, Jean Beaufils qui soutient la politique d’aide globale apportée par la ville aux organisations syndicales, «depuis 15 ans, personne n’avait trouvé à y redire...», s’étonne pourtant d’avoir découvert qu’il pouvait exister des différences de traitement entre les organisations. «Les choses vont évidemment devoir être remises à plat et personnellement, je serais favorable au fait que l’on éclaire et que l’on chauffe la Bourse du Travail dans son intégralité pour tous ceux qui s’y trouvent.»

Philippe Stalin n’ira pas seul

Du côté de la CGT également on s’organise. Au delà des réunions officielles de la commission exécutive du syndicat, une distribution de tracts a été organisée samedi matin sur le marché avec un appel à se rassembler vendredi dès 8h30 devant le tribunal de Grande Instance, juste avant que Philippe Stalin, désigné par la commission exécutive de l’Union locale, ne se retrouve dans le bureau du juge d’Instruction Antoine Le Vaillant de Charny pour une audition qui cette fois, devrait se dérouler normalement puisque le mouvement de grève des avocats devrait avoir cessé.

Sous le titre «Défendons nos droits», le syndicat appelle à la mobilisation pour exiger «l’arrêt de toutes poursuites judiciaires, pour permettre à ceux qui agissent pour le bien-être des salariés et leurs familles de continuer leur action.»

P. R.


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