Journal du 5 septembre 2000

Frédéric Pouillaude, délégué général
du 11e Festival international de cerf-volant :

"Le Festival doit appartenir aux Dieppois"

Après Max Gaillard (durant les neuf premières éditions) et son fils Serge (lors de l'édition 1998), le Festival International de Cerf-Volant de Dieppe s'est doté d'un nouveau délégué général pour son vingtième anniversaire. En charge du Festival de Berck, Frédéric Pouillaude est maintenant aux commandes de la manifestation dieppoise. Il nous expose ici sa vision humaniste du Festival, les nouveautés de l'édition 2000 et insiste enfin sur sa volonté de « voir les Dieppois s'identifier au Festival ».

- Frédéric Pouillaude, vous êtes le nouveau délégué général du Festival International de Cerf-Volant de Dieppe. Peut-on mieux vous connaître ?

- J'ai longtemps travaillé dans le secteur du tourisme, notamment comme chargé du développement touristique d'une ville qui rencontrait des problèmes d'image. Il fallait chercher un moyen pour communiquer une nouvelle image et nous avons choisi de créer un événement. Comme la première photographie aérienne avait été prise à Berck à la fin du XIXe siècle, nous avons organisé une manifestation commémorative de cet événement. Ainsi est né le premier Festival de Cerf-Volant de Berck-sur-Mer en 1989. Il a acquis, au fil des années, une notoriété aussi importante que celui de Dieppe.

- Quelles sont les principales différences entre les deux manifestations?

- D'abord, Berck est un Festival annuel alors que Dieppe se déroule tous les deux ans. Ensuite, Berck ouvre la saison touristique en avril tandis que le Festival de Dieppe la clôture en septembre. Sur une plage longue de 7 kilomètres, le Festival de Berck constitue avant tout un grand spectacle. A Dieppe, l'accent est plutôt mis sur la présence de délégations internationales, la création et le côté artistique du cerf-volant.

- Comment avez-vous vécu, en tant qu'organisateur, la rivalité qui est née après la création du Festival de Berck ?

- Ce n'est jamais plaisant de voir une manifestation identique naître sur une plage voisine. En ce sens, j'ai compris la réaction des responsables du Festival dieppois. J'ai connu moi aussi la même chose lorsque j'ai vu que Le Touquet se mettait également au cerf-volant. Aujourd'hui, les animosités se sont estompées entre Berck et Dieppe. D'ailleurs, ce sont les deux seules manifestations importantes qui existent en France à travers le cerf-volant.

- Votre arrivée à la tête du Festival de Dieppe a pu surprendre. Comment l'expliquez-vous?

- L'organisateur du Festival de Berck qui vient organiser celui de Dieppe a pu effectivement surprendre. Nous intervenons dans le cadre de la société Image de Vent. Les deux événements de Berck et Dieppe sont complémentaires et nous pourrions opérer un rapprochement dans les années à venir. Nous avons été sollicités par la ville de Dieppe et Max Gaillard. Ils ont pensé que nous avions une assez bonne connaissance du monde du cerf-volant pour organiser cette onzième édition.

« Le cerf-volant est accessible à tous »

- Comment vous est venue la passion pour le cerf-volant ?

- Je suis un passionné d'aéronautique et je suis tombé dans le cerf-volant avec la manifestation de Berck. Désormais, je suis un fou de cerf-volant, un objet qui fut après tout au départ de l'aéronautique. Le cerf-volant est accessible à tous et c'est ce qui fait son charme. Il se pratique avec le vent comme chef d'orchestre et marie la technique et le côté artistique.

- Quels sont vos moyens pour ce 11e Festival de Dieppe ?

- Nous travaillons sur la manifestation depuis le mois d'avril. Nous avons déployé d'importants moyens de communication en interne. Aussi, trois personnes basées aux Tourelles et quatre autres personnes de notre société - deux à temps plein et deux à temps partiel - préparent le Festival. Nous travaillons en étroite collaboration avec tous les services municipaux et avec les commerçants. Le Festival doit appartenir avant tout aux Dieppois. Ils doivent s'identifier dans cet événement afin d'en être les meilleurs porte-parole. Sur le terrain, nous serons environ une vingtaine pour coordonner la manifestation.

- Les soutiens qui vous sont alloués par les collectivités et les partenaires privés sont-ils suffisants ?

- Oui, d'autant que nous sentons une réelle mobilisation des collectivités et de l'Etat dans le cadre du développement touristique. Les partenaires privés sont également nom-breux: beaucoup avaient prévu leur budget sponsoring avant que nous les appelions. Nous tablons sur un budget global de 2,4 millions de francs, dont les deux tiers proviennent de subventions (Ndlr : la ville de Dieppe verse notamment 1 million de francs). C'est un budget qui permet d'envisager de belles choses, notamment l'invitation de 200 personnes venues du monde entier et la participation de 1.500 cerfs-volistes. Par exemple, nous aidons davantage les participants du Guatemala que ceux du Japon ou des Etats-Unis.

« Susciter un échange avec le public »

- Quels moyens de communication avez-vous utilisé pour faire connaître le Festival ?

- Il y a Internet, avec un site réalisé par la ville de Dieppe qui est voué à évoluer et qui va bouger durant le Festival. L'événement sera retransmis en direct grâce à une caméra et au service communication de la municipalité. Il y aura un journal quotidien gratuit qui sera publié sur le Festival dans toute la ville. Ce journal doit créer des liens avec les Dieppois. Enfin, une importante campagne d'affichage fut réalisée partout en Haute-Normandie mais aussi dans le métro parisien et sur les lignes SNCF. Notre partenariat régional et national avec Radio France doit également générer des retombées, au même titre que les émissions télévisées.

- Après une dixième édition relevée en 1998, que peut-on attendre du Festival de l'an 2000 ?

- Le Festival fête cette année son vingtième anniversaire. Le grand O-Dako avait constitué l'attraction en 1998. Cette fois, c'est le Sumpango - un cerf-volant du Guatemala - qui attirera tous les regards. Il y aura sur place un cerf-volant de 12 mètres de diamètre et six autres de 8 mètres de diamètre. L'innovation par rapport au O-Dako, c'est qu'ils seront présents à Dieppe durant tout le Festival. Ils seront montés sur place, ce qui doit susciter un échange entre le public et les Guatémaltèques.

- Quelles sont les particularités de ce Sumpango ?

- C'est un cerf-volant différent dans sa conception technique puisqu'il est constitué à partir de bambou, fil de fer, voile, colle et corde. Par exemple, 200 litres de colle sont nécessaires. Ce Sumpango sort pour la première fois du Guatemala. Là-bas, il vole à La Toussaint. Fabriqué sur les tombes, il vole au-dessus d'elles pour rendre hommage aux morts. Il est brûlé à la fin de la fête. A Dieppe, le Sumpango représentera une certaine forme de religion et portera l'identité indienne.

« Un message de paix et d'universalité »

- Qu'attendez-vous encore de ce Festival ?

- Les 33 délégations doivent présenter un message de paix et d'universalité. Je pense notamment à la Corée, à l'Indonésie ou au Guatemala qui sont en quête de paix. Un « arbre à souhaits » permettra au public d'envoyer ses messages de paix dans le ciel. C'est le côté humaniste auquel je suis très sensible. Mieux vaut apprendre et comprendre les autres que les combattre dans des guerres qui ont fait de trop nombreux morts durant le XXe siècle.

- En 1996, fort d'un budget de 3,5 millions de francs suite à une dotation européenne, Max Gaillard avait parlé de Festival de la perfection. Comment définiriez-vous le Festival de l'an 2000 ?

- Je n'ai pas la prétention d'organiser le Festival de la perfection. Ce Festival doit être celui du partage et de la convivialité.

- Peut-on espérer des nouveautés pour les années à venir ?

- Si la manifestation se déroulera certainement encore tous les deux ans et restera gratuite, il faudra instaurer une certaine continuité. Nous allons devoir trouver des actions pour faire vivre davantage le cerf-volant sur la ville. Ce sera une bonne manière de maintenir la manifestation dans les esprits et de sensibiliser les Dieppois.

- Quelle affluence attendez-vous entre le 9 et le 17 septembre ?

- Généralement, ce sont 300.000 à 400.000 visiteurs qui viennent sur le Festival. Nous en attendons au moins autant cette année. Nous aurons une idée assez précise puisque nous allons procéder à un comptage précis grâce à des enquêteurs. L'idéal, c'est d'avoir une affluence importante et régulière durant toute la manifestation.

ETAT CIVIL
Frédéric Pouillaude

Né le 29 octobre 1961 à Auchel (Pas-de-Calais)
Délégué général du 11e Festival International de Cerf-Volant
Ancien président de la Fédération Française de Cerf-Volant de 1991 à 1995.

L’ARCHE DES ENFANTS

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Sur une longueur de plus de 2 kilomètres de long avec 2500 cerfs-volants reliés les uns aux autres, l’Arche des enfants sera la plus grande arche volante ayant jamais existé. Chaque enfant de Dieppe, en école primaire, a eu la charge de décorer un des éléments de l’Arche. L’ensemble formera un long ruban qui portera haut dans le ciel les textes et les dessins des enfants. A la fin de la manifestation chaque enfant pourra récupérer son cerf-volant. Un événement qu’ils reconnaîtront comme le leur.

Cette arche pourra être, en fonction des conditions climatiques, située sur la plage à marée basse et appartiendra au paysage maritime; elle volera durant tout le festival en multiples modules (1 par école) et sera comme une immense porte dessinée par les enfants de Dieppe, ouverte sur la ville et sur le monde.

Au-delà du symbole, les enfants de Dieppe sont les artisans d’une porte ouverte vers un horizon sans limite (la mer), les artisans du millénaire à venir.

Il est d’autres points de motivation et d’intérêt autour de cette réalisation : concevoir et définir par classe une unité de message.

Le programme

1er week-end

Samedi 9 septembre

- 15 h inauguration
Sur les aires de démonstration :
- 9 h-12 h vol libre.
- 14 h-18 h vols commentés des cerfs-volants des délégations, combats de Rokkakus, lâchers de bonbons.
- 18 h envol des cerfs-volants artistiques.
Sur les aires de statiques :
- 14 h-18 h vol libre des différentes délégations.
Nage tractée, fly-surf, traction, char à cerf-volant.
Démonstrations de cerf-volant acrobatique avec les meilleures équipes mondiales (Free-Style, quatre-lignes, traction) :
Overdrive (champions de France 2000), Decorators (spécialistes mondiaux de ballets quatre lignes)
Meli-Melo (team dieppois), les jumeaux Grez (ex Keops), etc.
Vol du Mega Team.

Dimanche 10 septembre

Programme identique au samedi sur les aires de vol.
Vers 17 h envol des six géants de Sumpango-Guatemala.

Toute la semaine

- Rencontres sur le village du cerf-volant
- Envols des créations des précé-dents concours
- Démonstrations de fabrication des délégations
- Envols des cerfs-volants des « Ateliers création »
- Ateliers de fabrication de cerfs-volants
- Envols des cerfs-volants « Tague ton Rokkaku »
- Envol de l’Arche des enfants
- Ecole de pilotage
- L’Arbre à souhaits
- Exposition philatélique sur le cerf-volant
- Initiation à la photographie aérienne
- Démonstrations de cerf-volant de combat
- Les couloirs du vent.

2e week-end

Samedi 16 septembre

Journée du patrimoine. Découverte du front de mer et rencontre avec les délégations du Festival.

Aire des démonstrations
- 14 h-18 h concours de création de cerfs-volants, sur le thème : « Les métamorphoses».
Prix spécial « Créateur en résidence».
- Vers 22 h vol de nuit.

Dimanche 17 septembre

Aire des statiques
- 14 h vol du gagnant du « Coup de Coeur » cerf-volant club de France.
- 18 h vols d’au revoir de toutes les délégations.
- 18 h proclamation des résultats du concours de création, vol des lauréats, et cérémonie de clôture.
- Dans l’après-midi envol des six géants de Sumpango-Guatemala.

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