| Pour répondre à linquiétude
de ses clients, la société de Saint-Nicolas-dAliermont qui prépare 27000 repas
tous les jours pour des cantines et des restaurants collectifs, a décidé de bannir le
boeuf de ses menus depuis hier lundi. Volaille, porc et poisson remplaceront la viande
bovine en attendant den savoir plus. «Cest une
mesure provisoire mais nous nous devions de répondre aux interrogations et aux
inquiétudes de nos clients...» explique Philippe Delabeau, directeur de la Société La
Normande de Saint-Nicolas-dAliermont, qui chaque jour, fournit de 26 à 27.000 repas
aux collectivités et notamment à des cantines scolaires. La récente découverte dans
lEure dune affaire de vente de viande issue dune bête atteinte de la
maladie de la vache folle et la décision ministérielle dinterdire la vente de
certaines pièces de boeuf a évidemment renforcé linquiétude des consommateurs et
donc des clients de La Normande. «Dans la seule matinée de lundi, nous avons dû
recevoir une centaine de coups de téléphone de clients nous demandant de ne plus servir
de plats de viandes de boeuf.»
Lentreprise a donc tout bonnement décidé déliminer le boeuf de
ses menus. «Mais encore une fois, il ne sagit que dune mesure provisoire car
vous savez comme moi que chaque jour apporte de nouvelles informations à propos de
lépidémie.» La mesure décidée par La Normande répond finalement au principe
de précaution qui prévaut à léchelle de lEtat. Elle confirme
également le souci de lentreprise de travailler dans la transparence la plus totale
qui sétait déjà révélée lors dune épidémie de listéria.
Lentreprise avait alors renforcé ses mesures de contrôle et dhygiène et
multiplié ses analyses microbiologiques (cf Les Infos du 29 février 2000)
Cette décision a bien évidemment bouleversé le plan de travail de
lentreprise car «du jour au lendemain il faut organiser de nouveaux menus. Nous
allons nous rabattre sur la volaille, le porc et le poisson.» conclut le directeur.
LAssiette Dieppoise
attend des explications
A Dieppe, Lassiette Dieppoise qui se charge des
cantines et des services de restauration collective de la ville, on nous précisait lundi
peu avant midi que des explications avaient été demandées au fournisseur, en
loccurrence les Abattoirs du Neubourg, le même dailleurs que La Normande.
Cest en fonction des garanties obtenues sur la traçabilité, que la décision
était prise de conserver la viande de boeuf aux menus de la semaine.
Le syndrome de la vache folle semble décidément gagner du terrain. Certains
restaurants privés ayant pour leur part commencé à retirer quelques morceaux
spécifiques de leurs cartes. La côte de boeuf est notamment la plus visée après
linterdiction formelle de servir des T-Bone.
Le Ministère aurait dailleurs envisagé, pendant un temps,
délargir cette interdiction aux côtes avant de revenir en arrière. Là encore,
cest au nom du principe de précaution que les côtes de boeuf pourraient être
écartées.
Rappelons cependant que le prion vecteur de la maladie de la vache folle se
concentre dans les parties osseuses de la viande mais jamais dans les muscles.
Philippe RIFFLET |