Journal du 7 novembre 2000

Peur de la "vache folle"
La Normande bannit le boeuf
de ses 27000 repas quotidiens

Pour répondre à l’inquiétude de ses clients, la société de Saint-Nicolas-d’Aliermont qui prépare 27000 repas tous les jours pour des cantines et des restaurants collectifs, a décidé de bannir le boeuf de ses menus depuis hier lundi. Volaille, porc et poisson remplaceront la viande bovine en attendant d’en savoir plus.

«C’est une mesure provisoire mais nous nous devions de répondre aux interrogations et aux inquiétudes de nos clients...» explique Philippe Delabeau, directeur de la Société La Normande de Saint-Nicolas-d’Aliermont, qui chaque jour, fournit de 26 à 27.000 repas aux collectivités et notamment à des cantines scolaires. La récente découverte dans l’Eure d’une affaire de vente de viande issue d’une bête atteinte de la maladie de la vache folle et la décision ministérielle d’interdire la vente de certaines pièces de boeuf a évidemment renforcé l’inquiétude des consommateurs et donc des clients de La Normande. «Dans la seule matinée de lundi, nous avons dû recevoir une centaine de coups de téléphone de clients nous demandant de ne plus servir de plats de viandes de boeuf.»

L’entreprise a donc tout bonnement décidé d’éliminer le boeuf de ses menus. «Mais encore une fois, il ne s’agit que d’une mesure provisoire car vous savez comme moi que chaque jour apporte de nouvelles informations à propos de l’épidémie.» La mesure décidée par La Normande répond finalement au principe de précaution qui prévaut à l’échelle de l’Etat. Elle confirme également le souci de l’entreprise de travailler dans la transparence la plus totale qui s’était déjà révélée lors d’une épidémie de listéria. L’entreprise avait alors renforcé ses mesures de contrôle et d’hygiène et multiplié ses analyses microbiologiques (cf Les Infos du 29 février 2000)

Cette décision a bien évidemment bouleversé le plan de travail de l’entreprise car «du jour au lendemain il faut organiser de nouveaux menus. Nous allons nous rabattre sur la volaille, le porc et le poisson.» conclut le directeur.

L’Assiette Dieppoise
attend des explications

A Dieppe, L’assiette Dieppoise qui se charge des cantines et des services de restauration collective de la ville, on nous précisait lundi peu avant midi que des explications avaient été demandées au fournisseur, en l’occurrence les Abattoirs du Neubourg, le même d’ailleurs que La Normande. C’est en fonction des garanties obtenues sur la traçabilité, que la décision était prise de conserver la viande de boeuf aux menus de la semaine.

Le syndrome de la vache folle semble décidément gagner du terrain. Certains restaurants privés ayant pour leur part commencé à retirer quelques morceaux spécifiques de leurs cartes. La côte de boeuf est notamment la plus visée après l’interdiction formelle de servir des T-Bone.

Le Ministère aurait d’ailleurs envisagé, pendant un temps, d’élargir cette interdiction aux côtes avant de revenir en arrière. Là encore, c’est au nom du principe de précaution que les côtes de boeuf pourraient être écartées.

Rappelons cependant que le prion vecteur de la maladie de la vache folle se concentre dans les parties osseuses de la viande mais jamais dans les muscles.

Philippe RIFFLET


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