| Sept ans après, le talent et
lhumour dIlie Nastase et Mansour Bahrami ont de nouveau irradié de bonheur le
gymnase de Belleville-sur-Mer. Les huit cents personnes présentes nont pas
regretté leur déplacement, impressionnées par le niveau de jeu intact des tennismen
professionnels mais aussi par la démonstration handisport proposée en fauteuils
roulants. Pari gagné pour les membres du tennis club de
Belleville-Puys réunis autour dEric Broussin, le président, et Marie-Laure
Calderin, à lorigine du projet : Nastase et Bahrami ont attiré presque deux fois
plus de monde que lors de leur précédente venue. On affichait donc pratiquement complet
lorsque pénétrèrent sur le court Thierry Thoranval et Emmanuel Bourgot pour une
démonstration de tennis handisport de haute volée. Après quelques coups
déchauffement, les deux joueurs trouvèrent leurs marques et effectuèrent des
échanges rapides et précis qui déclenchèrent des applaudissements fournis de la part
dun public conquis. Invités à participer, Frédéric Noël, responsable local de
lassociation des paralysés de France, et Hassan Daoudi, un autre handicapé, se
rendirent vite compte de la difficulté à évaluer la vitesse de la balle tout en se
déplaçant en fauteuil roulant. Cependant, les deux néophytes réussirent tout de même
à renvoyer quelques balles et même à marquer un ou deux points.
Les enfants ravis
Pas de temps mort dans laprès-midi puisque la
démonstration handisport à peine achevée, Ilie Nastase et Mansour Bahrami entraient à
leur tour sur le court pour le tennis clinic avec les enfants. Les candidats pour renvoyer
la balle à leurs idoles furent très nombreux et malgré la différence dâge,
Nastase et Bahrami eurent très souvent le dernier mot, usant damortis et
deffets rétro pour faire courir leurs jeunes adversaires. Les enfants ne se
contentèrent pas de quelques échanges ; la plupart dentre eux gardèrent des
balles pour les faire dédicacer et garder une trace de cet instant de bonheur.
«Allez papy»
Après un court entracte, Ilie Nastase et Mansour Bahrami
revinrent toujours aussi décontractés pour disputer un match-exhibition rempli à la
fois de coups tout en puissance mais aussi en finesse et où les tennismen commentèrent
les échanges avec humour et ironie. On entendit ainsi tour à tour Bahrami puis Nastase
prendre des nouvelles de la forme de leur partenaire par un simple «Allez papy,
cest bientôt fini», déchaînant les rires de spectateurs qui nhésitèrent
pas à déclencher une ola dans tout le gymnase.
Pour lanecdote, on retiendra que Nastase, malgré ses 54 ans,
lemporta 6/3 3/6 7/5 sur Bahrami, son cadet de huit ans, et les deux joueurs eurent
du mal à quitter le court, ayant la gentillesse de signer de multiples autographes et de
dire seulement «à une prochaine fois à Belleville» à un public qui nen
demandait pas tant.
Philippe BEAUFILS
Impressionnés et prêts à
recommencer
Premier joueur invité à découvrir le tennis handisport, Frédéric Noël, responsable de lAPF à
Dieppe, fut enchanté par son essai : «Ce nest pas facile et au début, on veut
taper dans la balle dès le premier rebond et on est surpris par la vitesse. Je suis quand
même très content davoir marqué un point contre un vrai joueur. Les membres de
lAPF qui étaient présents ont beaucoup apprécié et espèrent que cette
démonstration ne sera pas sans lendemain». Frédéric Noël fut ensuite suivi dans son
essai par Hassan Daoudi qui fut six fois champion de France dhaltérophilie
handisport et vice-champion dEurope : «Je suis venu spécialement dYvetot
pour découvrir le tennis et cest bien. Cest très physique mais aussi très
intéressant».
Ce fut ensuite au tour des enfants de venir essayer et pas contre nimporte quel adversaire puisque le
tennis clinic les opposa à Nastase et Bahrami, habitués à ce genre de jeux, comme
lexplique lIranien : «On fait ça partout à travers le monde et toujours
avec le même bonheur. Nous jouons avant tout dans les petites villes ou villages qui
nont pas de grands clubs de tennis. On samuse avec les enfants et en même
temps, on essaie de les conseiller sur les bons gestes. En dehors de ça, nous participons
à des tournois seniors et nous serons bientôt à Vienne puis à Singapour».
Licencié au club local, Maximilien, neuf ans, était heureux davoir joué avec Bahrami : «Il est très
sympa même quand il joue et ça ma fait drôle dêtre en face de lui.
Maintenant je vais lui demander un autographe». Un avis similaire pour Laëtitia, 16 ans : «Jai demandé à
être ramasseuse de balles pour participer activement à cette journée. Jai eu un
peu le trac lorsque jai commencé à jouer avec Bahrami et ça na pas duré
assez longtemps mais il faut quun maximum denfants en profitent». Enfin, Camille fait partie des espoirs du club de
Belleville à seulement 13 ans : «On na pas tous les jours la chance de jouer avec
des grands champions comme eux que lon peut juste voir à la télé dhabitude.
Jai essayé de mappliquer pour bien jouer mais ce nest pas facile car
ils nous font rire». |