Journal du 6 octobre 2000

Devant 800 personnes sous le charme
Chaud le show Nastase - Bahrami

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Mansour Bahrami a même signé des autographes
sur des balles de tennis.

Sept ans après, le talent et l’humour d’Ilie Nastase et Mansour Bahrami ont de nouveau irradié de bonheur le gymnase de Belleville-sur-Mer. Les huit cents personnes présentes n’ont pas regretté leur déplacement, impressionnées par le niveau de jeu intact des tennismen professionnels mais aussi par la démonstration handisport proposée en fauteuils roulants.

Pari gagné pour les membres du tennis club de Belleville-Puys réunis autour d’Eric Broussin, le président, et Marie-Laure Calderin, à l’origine du projet : Nastase et Bahrami ont attiré presque deux fois plus de monde que lors de leur précédente venue. On affichait donc pratiquement complet lorsque pénétrèrent sur le court Thierry Thoranval et Emmanuel Bourgot pour une démonstration de tennis handisport de haute volée. Après quelques coups d’échauffement, les deux joueurs trouvèrent leurs marques et effectuèrent des échanges rapides et précis qui déclenchèrent des applaudissements fournis de la part d’un public conquis. Invités à participer, Frédéric Noël, responsable local de l’association des paralysés de France, et Hassan Daoudi, un autre handicapé, se rendirent vite compte de la difficulté à évaluer la vitesse de la balle tout en se déplaçant en fauteuil roulant. Cependant, les deux néophytes réussirent tout de même à renvoyer quelques balles et même à marquer un ou deux points.

Les enfants ravis

Pas de temps mort dans l’après-midi puisque la démonstration handisport à peine achevée, Ilie Nastase et Mansour Bahrami entraient à leur tour sur le court pour le tennis clinic avec les enfants. Les candidats pour renvoyer la balle à leurs idoles furent très nombreux et malgré la différence d’âge, Nastase et Bahrami eurent très souvent le dernier mot, usant d’amortis et d’effets rétro pour faire courir leurs jeunes adversaires. Les enfants ne se contentèrent pas de quelques échanges ; la plupart d’entre eux gardèrent des balles pour les faire dédicacer et garder une trace de cet instant de bonheur.

«Allez papy»

Après un court entracte, Ilie Nastase et Mansour Bahrami revinrent toujours aussi décontractés pour disputer un match-exhibition rempli à la fois de coups tout en puissance mais aussi en finesse et où les tennismen commentèrent les échanges avec humour et ironie. On entendit ainsi tour à tour Bahrami puis Nastase prendre des nouvelles de la forme de leur partenaire par un simple «Allez papy, c’est bientôt fini», déchaînant les rires de spectateurs qui n’hésitèrent pas à déclencher une ola dans tout le gymnase.

Pour l’anecdote, on retiendra que Nastase, malgré ses 54 ans, l’emporta 6/3 3/6 7/5 sur Bahrami, son cadet de huit ans, et les deux joueurs eurent du mal à quitter le court, ayant la gentillesse de signer de multiples autographes et de dire seulement «à une prochaine fois à Belleville» à un public qui n’en demandait pas tant.

Philippe BEAUFILS

Impressionnés et prêts à recommencer

Premier joueur invité à découvrir le tennis handisport, Frédéric Noël, responsable de l’APF à Dieppe, fut enchanté par son essai : «Ce n’est pas facile et au début, on veut taper dans la balle dès le premier rebond et on est surpris par la vitesse. Je suis quand même très content d’avoir marqué un point contre un vrai joueur. Les membres de l’APF qui étaient présents ont beaucoup apprécié et espèrent que cette démonstration ne sera pas sans lendemain». Frédéric Noël fut ensuite suivi dans son essai par Hassan Daoudi qui fut six fois champion de France d’haltérophilie handisport et vice-champion d’Europe : «Je suis venu spécialement d’Yvetot pour découvrir le tennis et c’est bien. C’est très physique mais aussi très intéressant».

Ce fut ensuite au tour des enfants de venir essayer et pas contre n’importe quel adversaire puisque le tennis clinic les opposa à Nastase et Bahrami, habitués à ce genre de jeux, comme l’explique l’Iranien : «On fait ça partout à travers le monde et toujours avec le même bonheur. Nous jouons avant tout dans les petites villes ou villages qui n’ont pas de grands clubs de tennis. On s’amuse avec les enfants et en même temps, on essaie de les conseiller sur les bons gestes. En dehors de ça, nous participons à des tournois seniors et nous serons bientôt à Vienne puis à Singapour».

Licencié au club local, Maximilien, neuf ans, était heureux d’avoir joué avec Bahrami : «Il est très sympa même quand il joue et ça m’a fait drôle d’être en face de lui. Maintenant je vais lui demander un autographe». Un avis similaire pour Laëtitia, 16 ans : «J’ai demandé à être ramasseuse de balles pour participer activement à cette journée. J’ai eu un peu le trac lorsque j’ai commencé à jouer avec Bahrami et ça n’a pas duré assez longtemps mais il faut qu’un maximum d’enfants en profitent». Enfin, Camille fait partie des espoirs du club de Belleville à seulement 13 ans : «On n’a pas tous les jours la chance de jouer avec des grands champions comme eux que l’on peut juste voir à la télé d’habitude. J’ai essayé de m’appliquer pour bien jouer mais ce n’est pas facile car ils nous font rire».


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