|
Journal du 20 octobre 2000
Trois associations
se mobilisent
La rocade de Dieppe sous le feu des
critiques
| Samedi, trois associations, la
Fédération des motards en colère 76, lautomobile club de louest et «Arnaud
et les victimes de la 338», ont décidé de se mobiliser pour préserver la vie des
innocents sur les routes. Demain, à Dieppe, cest la rocade et lavenue de
Bréauté qui seront sous le feu des critiques. Samedi dernier,
ils étaient à Caen, demain, ils seront à Dieppe. Leur objectif : attirer
lattention des pouvoirs publics sur la nécessité de repenser la sécurité de
certains axes routiers pour «préserver la vie dinnocents contre cette attitude des
pouvoirs publics qui sapparente à un homicide par négligence». Si les mots sont
durs, cest que, pour les adhérents, des solutions existent : «Mon fils est
décédé en 1997 sur la 338 à Rouen, puis 7 autres jeunes et une familles de 5 personnes
sont morts sur la même route. Avec lassociation, nous nous sommes battus pour
obtenir linstallation dun muret central. Depuis quil existe, il ny
a plus de morts» explique Colette Bessin, présidente de lassociation «Arnaud et
les victimes de la 338».
Sur la rocade de Dieppe, le problème est le même : «Dans la descente, il
existe un dévers. Quand un conducteur perd le contrôle à cause de la pluie, de la
vitesse
, il va chercher les gens qui sont sur la voie montante. Quand des vies sont
perdues, il existe toujours des solutions qui peuvent être appliquées à un coup
moindre» indique la présidente.
Des morts et toujours
pas de solutions
En août 1997, trois personnes avaient trouvé la mort
avenue de Bréauté. En 1999, un accident opposant une moto et une voiture avait fait un
blessé et depuis le début de lannée, deux accidents ont mis en cause des
voitures : le 4 janvier, on comptait un blessé léger et le 20 janvier, une personne
décédait et une autre était blessée. En février, la maman dune des victimes de
laccident de 1997 lançait un cri dalarme pour quune solution soit
trouvée : «Peut-être attend-on dautres victimes. Il faut que cela cesse»
(les Infos du mardi 15 février). Des contrôles de vitesse effectués par la suite sur la
zone ont, peut-être, permis de réduire le nombre daccidents mais pour les
différentes associations engagées dans laction, ceux-ci ne suffisent pas. Motards
et automobilistes demandent, en effet, à ce que des solutions techniques soient trouvées
pour que la route nemporte plus les vies. Un avis qui nest pas partagé par
tout le monde.
Muret central, rails de sécurité, aucune solution na vraiment convaincu
la commission REAGIR (Réagir par des Enquêtes sur les Accidents Graves et les
Initiatives pour y Remédier). La commission denquête administrative chargée de
déterminer les causes dun accident et de trouver des solutions dépend de la
préfecture.
Juste après laccident daoût 1997, elle sétait réunie mais
navait pas trouvé de solutions techniques appropriées, partant du principe
quun muret central nempêchait pas la mort de lautomobiliste. Ce ne
serait donc que dans le cadre dun réaménagement de lentrée de Dieppe
quune solution pourrait être envisagée.
A la préfecture, le dossier de la rocade-est de Dieppe na jamais été
oublié et même si le programme REAGIR na pas été convoqué à chaque accident,
la réflexion ne sest jamais vraiment arrêtée. Nouvellement affectée, Cécile
Féral, coordinatrice départementale de la sécurité routière à la préfecture,
découvre un dossier qui nest pas encore clos mais qui est sur la bonne voie :
«La Direction Départementale de lEquipement a fait une étude
daccidentologie sur cette rocade. Le problème a donc été soulevé et est en voie
de règlement». En analysant les causes des accidents, la DDE peut, en effet, proposer
les solutions possibles en ce qui concerne les infrastructures de cette voie.
Après plusieurs manifestations, les associations espèrent influencer les élus
et les techniciens. Samedi, les adhérents souhaitent mobiliser les personnes qui se
sentent concernées par la sécurité sur les routes afin de trouver des solutions sur les
routes que la fédération des motards en colère appelle «les couloirs de la mort».
Enquête
Sandra BEAUFILS |
| Le député-maire souhaite
la mobilisation de la commission «REAGIR»
La commission REAGIR placée sous la responsabilité de la
préfecture regroupe le maire, un officier des sapeurs-pompiers, un représentant de
léquipement (DDE pour lEtat ou DDI pour le département), les services de
police ou de gendarmerie et quelques personnalités agréées comme des assureurs ou des
auto-écoles. Elle est réunie après un accident grave lorsque la préfecture
lestime nécessaire. A Dieppe, la commission na pas été réunie depuis 1997,
date du dernier gros accident mortel de la rocade.
Christian Cuvilliez, député-maire de Dieppe, insiste pourtant : «Relancé
par les différentes associations, jai écrit 5 fois à la préfecture pour demander
la réunion de cette commission. Je nai jamais eu de réponse». Samedi, les
élus recevront les manifestants : «Je suis plutôt daccord avec cette
manifestation parce que, dans ce cas despèce (la rocade de Dieppe), la
manifestation vise à bouger une commission qui ne réagit plus».
Une étude est pourtant en cours à la direction régionale de
léquipement pour améliorer la circulation sur cette route : «Il
sagit de trouver des solutions notamment en prolongeant la glissière de sécurité
ou en travaillant sur les peintures au sol. En bas de la rocade, en effet, la peinture est
glissante et nest pas suffisante» explique le député-maire qui regrette que
ses analyses ne restent que des études : «Il ny a rien de concret à venir».
La préfecture est pourtant plus positive en précisant que le problème de
la rocade-est de Dieppe na jamais été oublié et que des solutions sont à venir.
|
Archives 1998 Archives 1999 Archives 2000 Recherche
Accueil
|