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Journal du 28 novembre 2000
Défense de l'aide
juridictionnelle et de l'accès au droit
Les avocats dieppois déclenchent
une grève des plaidoiries
| Depuis ce matin mardi et jusquà
vendredi, jour dune manifestation nationale à Paris où le barreau de Dieppe sera
largement représenté, les avocats locaux observent un mouvement de grève des
plaidoiries. Les consultations gratuites sont également suspendues. Vendredi sera une
journée justice morte avec la fermeture de tous les cabinets. La
manifestation de vendredi dernier était un avertissement mais il na pas eu de
suite, cest pourquoi lassemblée générale du Barreau, organisée jeudi soir,
a décidé dintensifier son action de protestation et de suivre les mouvements
déjà lancés à Rouen et Evreux, en loccurrence la grève des plaidoiries du 28
novembre 9 heures au 1er décembre inclus», nous a déclaré François Catarsi,
Bâtonnier du barreau Dieppois.
Le mouvement portera sur toutes les audiences de toutes les juridictions, y
compris la Cour dAppel, ainsi que sur les conférences de mise en état de
procédure. Les avocats de garde seront relevés. Concernant les commissions doffice
et de laide juridictionnelle, le Bâtonnier continuera de procéder aux
désignations tout en mentionnant «sous réserve du mouvement de grève en cours.» La
grève portera également sur les consultations gratuites qui seront toutes suspendues
pour la durée du mouvement de grève. Avant chaque audience, comme cet après-midi pour
la session hebdomadaire du tribunal correctionnel, le Bâtonnier ou un membre du Conseil
de lOrdre solliciteront du tribunal le report des affaires en exposant la motivation
de leur mouvement dans lintérêt des justiciables.
Les avocats dieppois ont également décidé de participer massivement à la
journée nationale daction du 1er décembre à Paris destinée à demander des
mesures durgence. Ce jour-là, tous les cabinets davocats, de même que la
Maison de lAvocat, seront fermés. Plusieurs milliers de «robes noires» sont
attendues dans la capitale pour une manifestation peu courante devant le ministère de la
Justice place Vendôme.
Contre une justice à deux
vitesses
Comme nous lavons déjà exprimé dans ces colonnes
dans notre édition du mardi 21 novembre, lobjet de cette grogne des prétoires
concerne laide juridictionnelle qui na plus été revalorisée depuis près de
10 ans. «Ce système daide juridictionnelle a pour vocation de permettre
laccès au droit aux plus démunis. Il nest plus admissible que lEtat
fasse supporter par la profession davocat la charge effective de ce système qui
place les avocats dans une situation économique qui nest plus tenable. Le point de
rupture est aujourdhui atteint, voire dépassé alors que les missions de service
public saccroissent sans cesse (prisons, première heure de garde à vue ...)»
«Il est essentiel en effet daccroître le domaine de la défense des
libertés. Il y a extrême urgence à en tirer les conséquences pratiques sur un plan
financier pour que chaque justiciable ait les mêmes chances dêtre défendu et
renoncer ainsi à une justice à deux vitesses», insiste le Bâtonnier Catarsi.
Par ailleurs, les avocats sattaquent au dossier de la TVA, taxe injuste
pour les particuliers qui ne la récupèrent pas. Pour plus déquité, la profession
réclame aujourdhui lapplication dun taux unique à 5,5 %.
Une nouvelle assemblée générale est prévue pour lundi 4 décembre à 9
heures à la Maison de lAvocat pour faire le point sur la réaction des pouvoirs
publics après la mobilisation du 1er décembre. Les avocats dieppois, à linstar de
leurs collègues du pays tout entier, décideront alors des suites éventuelles à donner
à leur action.
P.R. |
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