Journal du 28 novembre 2000

La Ville à l'écoute des handicapés
Des feux tricolores "parlants"
pour plus de sécurité

Le collectif des handicapés dieppois, l’association des déficients visuels de Dieppe et les élus ont inauguré lundi après-midi les quatre premiers carrefours de la ville équipés de dispositifs sonores destinés à rassurer les non-voyants. D’ici à 2003, toute la ville en sera équipée.

Attention, le feu piéton du boulevard du Général-de-Gaulle est rouge...» Le message qui semble tout droit venu d’une voix mystérieuse est destiné aux malvoyants de manière à leur assurer davantage de sécurité lorsqu’ils pratiquent rues et carrefours de la cité. La Ville vient en effet de répondre à une demande du collectif des handicapés dieppois et plus particulièrement de l’Association d’Entraide aux Déficients Visuels Dieppois (A.E.D.V.D.) en procédant à l’installation d’une première tranche de feux tricolores «parlants». Vladyslas Dudek, adjoint à l’environnement, et le collectif des handicapés ont inauguré lundi après-midi les quatre premiers carrefours équipés. Douze autres le seront en 2001 et les derniers en 2002. A l’aube de 2003, tous les carrefours de la ville dotés de feux tricolores seront ainsi équipés de systèmes sonores.

«C’est essentiel quand le trafic est moins important»

Le principe de l’équipement est simple puisque chaque mal-voyant de la ville s’est vu remettre un boîtier de télécommande électronique qu’il suffit de déclencher à l’approche du carrefour. Une cellule installée sur le feu détecte le signal et délivre alors son message qui se répètera tant que le feu ne change pas de couleur. Pour une meilleure compréhension, les messages, en fonction qu’ils indiquent un feu vert ou un feu rouge, ont même été différenciés, une voix masculine pour dire que le feu piéton est vert et une voix féminine pour prévenir du danger.

Dès vendredi, Jean-Pierre Scellier, président de l’association des déficients visuels et Gérard Dumouchel, non-voyant, ont pu tester le système mis en place au carrefour de l’avenue du Général-De-Gaulle, de la rue Claude-Groulard, du boulevard du Maréchal-Joffre et de la rue Victor-Hugo. «C’est très efficace...» commente M. Dumouchel qui a suscité la curiosité des passants en testant son boîtier de télécommande. «C’est un confort pour les gens qui circulent dans la rue, y compris avec des chiens-guides. C’est bien plus sécurisant, surtout à certains moments de la journée, notamment lorsque le trafic est moins important, en début de matinée ou dans la soirée, lorsque le bruit des voitures est moins prononcé. Il est alors plus difficile de discerner à l’oreille qui doit passer à ce moment-là.»

100.000 francs pour quatre carrefours

Et tout ça pour un investissement relativement modique puisque la première tranche d’aménagement n’aura finalement coûté que 100.000 francs à la Ville. «Lorsque nous avons commencé à réfléchir à ces équipements, les sociétés spécialisées nous réclamaient 300.000 francs par carrefour...» se rappelle l’adjoint. «Aujourd’hui, la facture est bien plus abordable car pour 100.000 francs, nous avons quatre carrefours.»

Au-delà de cette inauguration, l’installation de ces feux «parlants» est l’occasion de souligner l’harmonie dans laquelle le collectif des handicapés dieppois travaille avec la Ville. C’est aux handicapés eux-mêmes de déterminer des priorités d’actions que la Ville prendra en charge. C’est ainsi, par exemple, qu’avait été installé le sas d’entrée de la mairie destiné aux fauteuils roulants. Le collectif organise également régulièrement diverses réunions d’informations avec l’ensemble des services administratifs comme par exemple les services de police ou les bailleurs sociaux.

Quant à l’association des déficients visuels, le principe de son action repose sur l’entraide et le service. «Nous organisons également des cours de braille et venons par exemple de faire l’acquisition d’un tandem», indique Jean-Pierre Scellier.

Après Rouen et Le Havre, équipées partiellement de feux tricolores «parlants», la Ville de Dieppe est la troisième cité du département à s’être engagée dans une action essentielle pour la sécurité de ses habitants non-voyants.

P. R.

La première tranche des installations de carrefours aménagés concerne les carrefours suivants :
- Carrefour Clémenceau/gare et Normandie Sussex avec deux passages pour piétons concernés.
- Carrefour rue Duquesne et boulevard de Verdun avec quatre passages pour piétons aménagés.
- Carrefour Grande-Rue du Pollet/rue Joseph-Brunel avec deux passages piétons aménagés.
- Carrefour de l’avenue Claude-Groulard/boulevard du général de Gaulle/Rue Victor-Hugo/boulevard du Maréchal-Joffre et de la rue Desmarets avec six passages piétons aménagés.


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