Journal du 28 novembre 2000

Football : Coupe de France, 7e tour
Dieppe : 5 / Saint-Leu : 2

Comme des poissons dans l'eau

Dieppe / Saint-Leu : 5 / 2 (2 / 1 à la pause).
Rencontre disputée samedi après-midi au stade Delaune de Saint-Denis devant environ 1500 spectateurs.
Terrain gras quasi impraticable sur la fin de la rencontre, pluie à verse pendant toute la première mi-temps.
Arbitres : Pascal Garibian, Alain Augu & Didier Bernadet.
Dieppe : Boudet, D. Tannai, Duthuit, Bargone, Moreira (cap), Moba puis Lange, S. Tannai, Biville, Baticle, Mortoire, Demouchy puis Trenchand, Blaizel.
Saint-Leu : Ledoyen, Lacolly, O. Sethos puis Boniface, Certat, Cayambo, D. Sethos, Brennus, Debertin puis Drula, Dendouma, Rafian, Randrianaivo, Zette.
Buts pour Dieppe : Baticle (15e, 30e, ), Demouchy (55e) et Mortoire.
Pour Saint-Leu : Randrianaivo (15e) et Certat.

Aucun carton.

Tous s’attendaient à un match difficile, André Auzoux le premier, sans doute. Des Marsouins on ne savait rien, si ce n’est qu’ils étaient très rapides, très adroits, mais peut-être faibles en défense. D’entrée, le coach dieppois met ainsi le paquet sur le bloc, monté très haut. Avec le vent dans le dos, seuls Michaël Baticle et Sébastien Tannai jouent réellement aux avant-postes. Malgré des airs brouillons qui ne laissent pas vraiment transparaître de construction à la métropolitaine, les Réunionnais compensent par une grande habileté d’autant plus dangereuse qu’ils sont rapides. Au quart d’heure de jeu, le meneur réunionnais Haden Rafion lance Olivier Sethos qui déborde côté droit pour Harry Randrianaivo qui trompe Sébastien Boudet. Pour André Auzoux, la réaction dieppoise après ce premier but sera l’un des tournants du match : “On savait que le temps, la météo autant que le chrono jouaient en notre faveur. Je pense qu’on ne se serait pas inquiété. Mais il est vrai que cette réaction immédiate nous fait du bien.” Dès la remise en jeu, Sébastien Tannai laisse à peine le temps aux Marsouins de se replacer et frappe. Le ballon est cependant repoussé par la barre, mais Batigoal suit et inscrit de la tête son premier but de la rencontre.

La pluie tombe de plus en plus. Le terrain déjà saturé ne peut plus rien avaler. S’ils ne sont pas encore tétanisés, les Réunionnais commencent à avoir les jambes lourdes. Peu après la demi-heure, Dieppe obtient un coup franc à la limite de la surface. La frappe de Sébastien Demouchy, qui lobe le mur réunionnais, est repoussée des deux poings par le jeune Emmanuel Ledoyen (18 ans seulement). Le ballon rebondit sur le poteau et Batigoal une nouvelle fois pousse la sphère au fond des filets. Malgré la météo calamiteuse, Dieppois et Marsouins multiplient les occasions les plus chaudes. Peu avant la pause, c’est Sébastien Demouchy, qui écrase son tir et fait rouler son ballon le long du poteau opposé.

Dans les vestiaires, l’entraîneur-joueur réunionnais Djamal Bendouma remonte ses joueurs: “C’est un match à notre portée. On est plus rapide et on peut les tuer.” De la même manière, André Auzoux motive ses joueurs.

Peu avant l’heure de jeu, Sébastien Demouchy obtient quasiment le même coup franc qu’en première période, celui qui avait permis à Mickaël Baticle d’égaliser. Cette fois l’attaquant ne laisse le soin à personne de marquer. D’une frappe parfaite, en pleine lucarne, “La Mouche” permet aux Dieppois de mener 3 / 1. Dix minutes plus tard, les demi-millier de Diepopis barriolés de bleu et de blanc scandent le nom de Boudet. Le gardien n’avait eu d’autre solution en effet que se jeter dans les pieds de Rafion, seul dans la surface. Cette fois, pourtant, le roi des pénos part trop tôt et, d’une balle molle qui ne colle pas à son physique impressionnant, Jean-Patrice Certat réduit la marque.

Dès lors, c’est l’euphorie. “Dans un match comme celui-là t’as pas envie de défendre”, commentera Sébastien Tannai en rentrant aux vestiaires. C’est sûr que face aux Marsouins, qui ne font qu’attaquer, en défense individuelle, même les défenseurs ont leur chance d’inscrire un but.

Les Dieppois manquent pourtant de réalisme tandis que le terrain se dégrade. Les Réunionnais n’en peuvent plus, ils ne sont habitués ni à un terrain aussi gras, ni à un ballon aussi glissant. A une dizaine de minutes de la fin de la rencontre, alors que Batigoal est cerné par l’adversaire, Sébastien Tannai choisit Jonathan Mortoire esseulé qui permet aux Dieppois de prendre un avantage certain. Dans les arrêts de jeu, Michaël Baticle, bien servi par les frères Tannai signera le triplé pour un score final de cinq buts à deux qui ne reflète cependant que les dernières minutes de la rencontre.

Alexis Thomassin

Sur le terrain et dans les gradins

La fête du ballon rond

A gauche, près de six cents supporters, le visage grimé, arborent fièrement des perruques turquoises, des écharpes bleu pâle et des maillots marines. Les grosses caisses battent la mesure. Grâce aux cars de la mairie et à celui de supporters, on chante la Marseillaise dieppoise, on déploie le drapeau immense. C’est la fête. A droite, les gradins ont un air exotique. Sombreros, percussions africaines, banderoles écrites en réunionnais animent le petit millier de spectateurs réunionnais. L’ambiance est bon enfant et à quelques mètres du Stade de France, c’est une mini coupe du monde qui semble se jouer entre les Harengs normands et les Marsouins venus du sud de l’Afrique.

Avant même le début du match, le kop grossi des autres Dieppois exige le KO des Réunionnais. Les supporters des Marsouins ne se laissent pas abattre si facilement. Aux grosses caisses dieppoises, les Rouges répondent par des sifflets et des sortes de tambourins. A leur entrée sur le terrain, les joueurs de Saint-Leu offrent un présent aux Dieppois. Une attention à laquelle les Harengs répondront à l’occasion d’une petite réception organisée à l’issue de la partie. Le spectacle est autant sur la pelouse, glacée, que dans les tribunes survoltées. La guéguerre des supporters ne s’éternise pas. Chacun supporte ses hommes sans insulter l’autre. C’est la fête ! D’autant plus que l’arbitre de D1 Pascal Gariban est irréprochable. Le match est terminé. Les Marsouins applaudissent les Dieppois, joueurs et supporters. Devant le kop, puis devant les Rouges, les hommes d’André Auzoux font la ola. C’est la fête.

Si les Dieppois sont contraints à une demi-heure de récup’, les Marsouins répondent à Patrick Montel de France 2/3. Un djembé poursuit la fête...

A.TH.


Archives 1998   Archives 1999   Archives 2000   Recherche    Accueil