| «Le premier contrat de ville (1994-1999) a
permis la construction déquipements. Maintenant, il faut les faire vivre» indique
Christian Cuvilliez, député-maire de Dieppe. Le second contrat de ville cuvée 2000-2006
a été signé, hier, en mairie. Il prend, logiquement, la suite de lancien contrat.
Une nouveauté, pourtant, intervient : «Dans la politique du contrat de ville, une
réorientation forte est faite vers le renouvellement urbain. La politique nous incite à
faire des projets de quartier reliés au niveau des villes dans une logique de
développement dagglomération et à accentuer linsertion par
léconomique. Il sagit de faire redescendre les objectifs sur le terrain»
indique Thérèse Charrieau, chef de projet du contrat de ville. Lintervention du
contrat est donc globale et doit répondre à des objectifs de vie : «Nous devons
travailler harmonieusement sur les bâtiments, les voies de désenclavement... ainsi que
sur les populations qui vivent dans ces quartiers pour que lintervention publique ne
laisse pas de côté un champ» précise Thérèse Charrieau. Si la signature a eu lieu
hier, la réflexion dure depuis un an. Certes, le processus peut paraître lourd «mais
notre choix est dassocier le maximum de monde et de partenaires pour que chacun
sapproprie les équipements» précise Sébastien Giard, directeur du cabinet.Le nécessaire dialogue
Et pour sapproprier les équipements, rien de mieux
que le dialogue. Cest le but des réunions de quartier imposées par lEtat. Et
même si la signature a eu lieu hier, les réunions sont encore utiles. «Ces réunions
nont pas pour but de donner un avis sur des choses déjà décidées. Le contrat est
évolutif. Si certains projets sont mis en place pour 7 ans, dautres ne durent
quun an. La réflexion peut donc le faire évoluer» indique le député-maire.
«Le contrat doit être en phase avec les gens, indique Sébastien Giard. Pour
que leurs attentes daujourdhui soient les opérations de demain». Outil
supplémentaire de la politique de la ville, le contrat de ville vient renforcer des
méthodes et ne fait pas la révolution. Les grands objectifs de la municipalité ne sont
pas modifiés et «les réunions de quartier imposées par lEtat poursuivent
différents cycles de réunion mis en place en 98-99 puis les réunions thématiques»
explique Sébastien Giard. Les grandes décisions définies dans le contrat trouveront une
application réelle dans les quartiers. Ce sont donc tous les habitants ou, au moins, le
maximum de personnes que la ville souhaite associer.
Sandra Beaufils
Un projet global
«portant, en germe,
la communauté de communes»
Le contrat de ville, cadre par lequel lEtat, les
collectivités locales et leurs partenaires sengagent à mettre en oeuvre, de façon
concertée, des politiques territorialisées de développement solidaire et de
renouvellement urbains a été signé, hier, par Charles Revet, président du conseil
général, Alain Le Vern, président du conseil régional, Pascal Sanjuan, sous-préfet à
la ville, Christian Cuvilliez, député-maire de Dieppe et Jean-Claude Servais-Picord,
président de la Caf de Dieppe. Insertion par lhabitat, par léconomique, lien
social et citoyennenté en sont les thèmes prioritaires.
Si la ville doit participer à hauteur de 50 % du coût des actions, lEtat
participe également (1 150 000 F par an) ainsi que le conseil régional (5 000 000 pour 7
ans). Quant au conseil général, il finance des opérations de restructuration urbaine
relatives à laménagement despaces extérieurs. En ce qui concerne la Caf,
elle poursuit sa politique contractuelle engagée avec la ville dans le domaine de
lenfance, la famille, le lien social et lactivité des centres sociaux.
Logement social, renouvellement urbain, projet de quartier, aménagement, ce
sont tous les quartiers de Dieppe qui sont concernés par les actions globales du contrat.
A Neuville, par exemple, cest tout laménagement de la place Henri-Dunant qui
est discuté, aux Bruyères, il sagit de poursuivre le projet des pavillons. Au
Val-Druel, cest le projet de quartier qui est à monter. En centre-ville,
lOPAH est à poursuivre. A Dieppe sud, laménagement déjà bien commencé
avec lANPE, les ASSEDIC... est également à continuer. Mais cest aussi une
dimension intercommunale que peut prendre le contrat de ville : «Pour cette nouvelle
génération de contrat de ville, nous abandonnons le saupoudrage pour une politique plus
cohérente» explique Alain Le Vern qui «salue la naissance prochaine de la communauté
dagglomération ou au moins, la souhaite parce quil faut une politique globale
sur lensemble du territoire de lagglomération».
Une idée reprise par Pascal Sanjuan: «Le contrat de ville porte en lui les
germes de lintercommunalité. Le concept dagglomération dieppoise nest
pas un concept. Elle se traduit déjà dans certains domaines pour ce contrat de ville».
Celui-ci profitait de la signature officielle de la seconde génération des contrats pour
annoncer la mise en place dun nouveau dispositif Adulte Relais : «Il sagit de
faire bénéficier les personnes de plus de 30 ans dun emploi dans une association
de quartier. Sorte de suite des emplois-jeunes, ce dispositif permet daider
financièrement 30 emplois cette année et 100 postes sont disponibles en 2001-2002». |