Journal du 27 octobre 2000

Il porte sur la période 2000 - 2006
Le second contrat de ville signé

«Le premier contrat de ville (1994-1999) a permis la construction d’équipements. Maintenant, il faut les faire vivre» indique Christian Cuvilliez, député-maire de Dieppe. Le second contrat de ville cuvée 2000-2006 a été signé, hier, en mairie. Il prend, logiquement, la suite de l’ancien contrat. Une nouveauté, pourtant, intervient : «Dans la politique du contrat de ville, une réorientation forte est faite vers le renouvellement urbain. La politique nous incite à faire des projets de quartier reliés au niveau des villes dans une logique de développement d’agglomération et à accentuer l’insertion par l’économique. Il s’agit de faire redescendre les objectifs sur le terrain» indique Thérèse Charrieau, chef de projet du contrat de ville. L’intervention du contrat est donc globale et doit répondre à des objectifs de vie : «Nous devons travailler harmonieusement sur les bâtiments, les voies de désenclavement... ainsi que sur les populations qui vivent dans ces quartiers pour que l’intervention publique ne laisse pas de côté un champ» précise Thérèse Charrieau. Si la signature a eu lieu hier, la réflexion dure depuis un an. Certes, le processus peut paraître lourd «mais notre choix est d’associer le maximum de monde et de partenaires pour que chacun s’approprie les équipements» précise Sébastien Giard, directeur du cabinet.

Le nécessaire dialogue

Et pour s’approprier les équipements, rien de mieux que le dialogue. C’est le but des réunions de quartier imposées par l’Etat. Et même si la signature a eu lieu hier, les réunions sont encore utiles. «Ces réunions n’ont pas pour but de donner un avis sur des choses déjà décidées. Le contrat est évolutif. Si certains projets sont mis en place pour 7 ans, d’autres ne durent qu’un an. La réflexion peut donc le faire évoluer» indique le député-maire.

«Le contrat doit être en phase avec les gens, indique Sébastien Giard. Pour que leurs attentes d’aujourd’hui soient les opérations de demain». Outil supplémentaire de la politique de la ville, le contrat de ville vient renforcer des méthodes et ne fait pas la révolution. Les grands objectifs de la municipalité ne sont pas modifiés et «les réunions de quartier imposées par l’Etat poursuivent différents cycles de réunion mis en place en 98-99 puis les réunions thématiques» explique Sébastien Giard. Les grandes décisions définies dans le contrat trouveront une application réelle dans les quartiers. Ce sont donc tous les habitants ou, au moins, le maximum de personnes que la ville souhaite associer.

Sandra Beaufils

Un projet global «portant, en germe,
la communauté de communes»

Le contrat de ville, cadre par lequel l’Etat, les collectivités locales et leurs partenaires s’engagent à mettre en oeuvre, de façon concertée, des politiques territorialisées de développement solidaire et de renouvellement urbains a été signé, hier, par Charles Revet, président du conseil général, Alain Le Vern, président du conseil régional, Pascal Sanjuan, sous-préfet à la ville, Christian Cuvilliez, député-maire de Dieppe et Jean-Claude Servais-Picord, président de la Caf de Dieppe. Insertion par l’habitat, par l’économique, lien social et citoyennenté en sont les thèmes prioritaires.

Si la ville doit participer à hauteur de 50 % du coût des actions, l’Etat participe également (1 150 000 F par an) ainsi que le conseil régional (5 000 000 pour 7 ans). Quant au conseil général, il finance des opérations de restructuration urbaine relatives à l’aménagement d’espaces extérieurs. En ce qui concerne la Caf, elle poursuit sa politique contractuelle engagée avec la ville dans le domaine de l’enfance, la famille, le lien social et l’activité des centres sociaux.

Logement social, renouvellement urbain, projet de quartier, aménagement, ce sont tous les quartiers de Dieppe qui sont concernés par les actions globales du contrat. A Neuville, par exemple, c’est tout l’aménagement de la place Henri-Dunant qui est discuté, aux Bruyères, il s’agit de poursuivre le projet des pavillons. Au Val-Druel, c’est le projet de quartier qui est à monter. En centre-ville, l’OPAH est à poursuivre. A Dieppe sud, l’aménagement déjà bien commencé avec l’ANPE, les ASSEDIC... est également à continuer. Mais c’est aussi une dimension intercommunale que peut prendre le contrat de ville : «Pour cette nouvelle génération de contrat de ville, nous abandonnons le saupoudrage pour une politique plus cohérente» explique Alain Le Vern qui «salue la naissance prochaine de la communauté d’agglomération ou au moins, la souhaite parce qu’il faut une politique globale sur l’ensemble du territoire de l’agglomération».

Une idée reprise par Pascal Sanjuan: «Le contrat de ville porte en lui les germes de l’intercommunalité. Le concept d’agglomération dieppoise n’est pas un concept. Elle se traduit déjà dans certains domaines pour ce contrat de ville». Celui-ci profitait de la signature officielle de la seconde génération des contrats pour annoncer la mise en place d’un nouveau dispositif Adulte Relais : «Il s’agit de faire bénéficier les personnes de plus de 30 ans d’un emploi dans une association de quartier. Sorte de suite des emplois-jeunes, ce dispositif permet d’aider financièrement 30 emplois cette année et 100 postes sont disponibles en 2001-2002».


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