Journal du 15 septembre 2000

La tête dans les nuages

En Martinique, une tradition pascale
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Toute la semaine, le festival international du cerf-volant se poursuit. Mercredi, ce sont les enfants des centres aérés qui ont pu profiter du vent pour faire voler les cerfs-volants tandis que les autres jours, ce sont les petits écoliers qui ont profité du festival pour répertorier tous les pays et les cultures du monde. Apprendre en levant les yeux vers le ciel, les enfants dieppois ont la tête dans les nuages et personne ne le leur reproche…

Entrés en concurrence avec les cerfs-volants pilotables et toutes les formes d’ailes que le festival présente, le cerf-volant de fabrication traditionnelle en Martinique perd de son importance : «J’anime des ateliers pour fabriquer des cerfs-volants dans les écoles, dans les centres aérés ou lors de fêtes locales avec les enfants» précise Désiré Cyrille Chapin qui participe pour la 4e fois au festival dieppois.

«Le cerf-volant, c’est une tradition qui remonte très loin puisqu’elle date de la colonisation. Je ne saurais pas dire pourquoi mais traditionnellement, on fait voler des cerfs-volants uniquement à la période de Pâques, en mars, avril voire mai» explique Désiré Cyrille. Sur l’île, il pratique mais aussi fabrique des cerfs-volants en ramassant les feuilles de bois canon, d’arbre à pain, d’amandier ou de raisinier. «Je ne ramasse que les feuilles dont les cambrures ne sont pas trop prononcées parce que cela perturbe la feuille en vol», explique Désiré Cyrille, «Il faut ensuite la nettoyer, l’aplatir et y placer une baguette pour accrocher le fil qui risquerait de couper la feuille. Ce ne sont pas des cerfs-volants qui montent très haut mais cela permet aux enfants de les voir voler. Ils semblent fragiles mais sont finalement résistants puisqu’ils résistent à des vents de 30-35 km/h».

Des sculptures de plumes et de vent

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Johan Hallin est un artiste du vent à Gotland, en Suède. D’abord sculpteur de récupération, il a essayé de faire voler ses œuvres. «J’aime beaucoup me promener sur la plage et ramasser tout ce que je trouve pour mes sculptures. Il y a trois ans, j’ai essayé de les faire voler. Mon premier cerf-volant était très simple : deux plumes dans un sens et deux dans l’autre. Le cerf-volant m’intéressait de plus en plus, aussi un ami m’a invité à un festival du cerf-volant, le plus grand festival de Suède. Pour y aller, j’ai fabriqué une sculpture du ciel plus grande avec plusieurs plumes».

A partir de ce moment, Johan commence à être célèbre, on l’invite dans différents festivals, un de ses cerfs-volants de plumes est photographié et reproduit en affiche. Cette année, pour la première fois, il est à Dieppe et le mélange des pays et des formes de cerfs-volants l’intéresse particulièrement : «Je rencontre différentes personnes du monde qui amènent des cerfs-volants très particuliers. Les miens sont d’inspiration indienne, ce sont des cerfs-volants ethniques» explique l’artiste qui précise : «Ces cerfs-volants en plumes ne sont pas communs. Ils volent comme un aéroplane. Mais pour le faire voler, il faut être patient, essayer et essayer sans jamais abandonner».

A Dieppe, il a amené une nouvelle structure et sur la pelouse, il tente de lui faire prendre le vent : «J’utilise une canne à pêche parce que cela permet de jouer avec le cerf-volant, de ne pas faire de gestes brusques et parce que c’est plus facile pour avoir du fil».

Pour ses sculptures de plumes et de vent, ce sont les cygnes et les canards qui fournissent la matière première : «Ils font des plumes chaque année et se débarrassent des anciennes. Je les ramasse donc pour les unir avec du fil et leur redonner le vent».

En Suède, le cerf-volant ne fait pas l’unanimité. Pourtant, Johan, le sculpteur de plumes et de vent s’est donné pour mission de le faire aimer.


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