| Toute la semaine, le festival
international du cerf-volant se poursuit. Mercredi, ce sont les enfants des centres
aérés qui ont pu profiter du vent pour faire voler les cerfs-volants tandis que les
autres jours, ce sont les petits écoliers qui ont profité du festival pour répertorier
tous les pays et les cultures du monde. Apprendre en levant les yeux vers le ciel, les
enfants dieppois ont la tête dans les nuages et personne ne le leur reproche
Entrés
en concurrence avec les cerfs-volants pilotables et toutes les formes dailes que le
festival présente, le cerf-volant de fabrication traditionnelle en Martinique perd de son
importance : «Janime des ateliers pour fabriquer des cerfs-volants dans les
écoles, dans les centres aérés ou lors de fêtes locales avec les enfants» précise
Désiré Cyrille Chapin qui participe pour la 4e fois au festival dieppois.
«Le cerf-volant, cest une tradition qui remonte très loin
puisquelle date de la colonisation. Je ne saurais pas dire pourquoi mais
traditionnellement, on fait voler des cerfs-volants uniquement à la période de Pâques,
en mars, avril voire mai» explique Désiré Cyrille. Sur lîle, il pratique mais
aussi fabrique des cerfs-volants en ramassant les feuilles de bois canon, darbre à
pain, damandier ou de raisinier. «Je ne ramasse que les feuilles dont les cambrures
ne sont pas trop prononcées parce que cela perturbe la feuille en vol», explique
Désiré Cyrille, «Il faut ensuite la nettoyer, laplatir et y placer une baguette
pour accrocher le fil qui risquerait de couper la feuille. Ce ne sont pas des
cerfs-volants qui montent très haut mais cela permet aux enfants de les voir voler. Ils
semblent fragiles mais sont finalement résistants puisquils résistent à des vents
de 30-35 km/h».
Des
sculptures de plumes et de vent

Johan Hallin est un artiste du vent à Gotland, en Suède. Dabord
sculpteur de récupération, il a essayé de faire voler ses uvres. «Jaime
beaucoup me promener sur la plage et ramasser tout ce que je trouve pour mes sculptures.
Il y a trois ans, jai essayé de les faire voler. Mon premier cerf-volant était
très simple : deux plumes dans un sens et deux dans lautre. Le cerf-volant
mintéressait de plus en plus, aussi un ami ma invité à un festival du
cerf-volant, le plus grand festival de Suède. Pour y aller, jai fabriqué une
sculpture du ciel plus grande avec plusieurs plumes».
A partir de ce moment, Johan commence à être célèbre, on linvite dans
différents festivals, un de ses cerfs-volants de plumes est photographié et reproduit en
affiche. Cette année, pour la première fois, il est à Dieppe et le mélange des pays et
des formes de cerfs-volants lintéresse particulièrement : «Je rencontre
différentes personnes du monde qui amènent des cerfs-volants très particuliers. Les
miens sont dinspiration indienne, ce sont des cerfs-volants ethniques» explique
lartiste qui précise : «Ces cerfs-volants en plumes ne sont pas communs. Ils
volent comme un aéroplane. Mais pour le faire voler, il faut être patient, essayer et
essayer sans jamais abandonner».
A Dieppe, il a amené une nouvelle structure et sur la pelouse, il tente de lui
faire prendre le vent : «Jutilise une canne à pêche parce que cela permet de
jouer avec le cerf-volant, de ne pas faire de gestes brusques et parce que cest plus
facile pour avoir du fil».
Pour ses sculptures de plumes et de vent, ce sont les cygnes et les canards qui
fournissent la matière première : «Ils font des plumes chaque année et se
débarrassent des anciennes. Je les ramasse donc pour les unir avec du fil et leur
redonner le vent».
En Suède, le cerf-volant ne fait pas lunanimité. Pourtant, Johan, le
sculpteur de plumes et de vent sest donné pour mission de le faire aimer. |