| Les responsables locaux et régionaux
de la CFDT restés muets jusquà présent à propos de laffaire de la mise en
examen de la CGT pour «détournement de fonds publics» ont fini par sexprimer pour
expliquer pourquoi leur organisation nétait pas inquiétée. Ils sen prennent
également à la mairie qui ne traiterait pas tous les syndicats de la même façon. Restée
muette jusquà présent, «par solidarité syndicale», la section locale de la CFDT
a décidé de sexprimer après avoir entendu et lu nombre dinformations
concernant laffaire de la mise en examen de lunion locale CGT, sa voisine
den face à la Bourse du Travail. Sylvain Bienaimé, secrétaire du syndicat pour la
région dieppoise et Alain Lebouteiller, secrétaire général des syndicats CFDT pour la
Haute-Normandie, ne pouvaient laisser passer sans réagir certaines déclarations venues
de la mairie, et finalement marquer leur différence. «Tout dabord, nous devons
dire que la section locale de la CFDT a elle aussi été auditionnée par les inspecteurs
du SRPJ de Rouen qui agissaient pour un mandat de détournement de fonds publics. On nous
a demandé de produire nos facture EDF et de chauffage, ce que nous avons fait...»
insiste le représentant local.
«On ne nous fait pas cadeau de
nos factures...»
Et de sempresser dajouter que la CFDT paie bel
et bien ses factures. «Nous avons un compteur séparé et nous payons notre note comme
nimporte quel usager. Nous payons également la taxe dhabitation...» Le
message est clair, et les représentants de la CFDT tiennent à le faire savoir, si la
ville prend en charge les frais délectricité des locaux de la CGT, ce qui motive
aujourdhui sa mise en examen, ce nest pas le cas de la section CFDT qui
sassume pleinement. «Cest sûrement la raison pour laquelle nous navons
pas été mis en examen. Nous ne pouvons pas laisser dire à monsieur le maire que la
Bourse du Travail coûte un peu plus de 7000 francs délectricité par an pour la
CGT et les autres syndicats. Soit il ne connaît pas bien la situation, soit les factures
sont payées deux fois car pour notre part, nous recevons nos propres factures directement
dEDF et nous les honorons avec nos deniers. Certes nous sommes logés gratuitement
par la ville mais nous supportons en revanche la totalité de nos charges de
fonctionnement» insiste Sylvain Bienaimé.
«Nous ne profitons pas non plus des services dune femme de ménage de la
ville. Chez nous, cest un travail collectif et bénévole, les utilisateurs du local
étant invités à le rendre aussi net que lorsquils lont pris. Nous ne
bénéficions daucun cadeau, voilà sûrement pourquoi les autorités judiciaires
nont pas jugé utile de nous mettre en examen. Nous nous devions de nous expliquer
ainsi, en premier lieu pour rassurer nos militants qui étaient en droit de se poser des
questions.»
Pas tous logés à la même
enseigne
Quant au coût engendré par la décharge professionnelle de
Sylvain Bienaimé, employé dAlpine Renault, cest le représentant régional
qui précise «quun accord a été signé avec son employeur. Les quelques heures
qui lui sont libérées pour accomplir sa mission de délégation syndicale sont
remboursées par lUnion régionale à lentreprise sur ses fonds propres.»
Pour les représentants de la CFDT, il est légitime que le maire de Dieppe
tente de se défendre «mais quil cesse de dire que toutes les organisations
syndicales sont logées à la même enseigne. Nous comptons bien lui exprimer notre
mécontentement oralement en lui demandant darrêter. Sil devait persévérer
dans cette voie nous pourrions alors envisager de réagir en conséquence.» Sous-entendu
dengager une procédure pour dénonciation calomnieuse. Cette mise au point des
responsables de la CFDT ne sera sûrement pas de nature à réchauffer les relations
«tendues» qui semblent prévaloir aujourdhui entre les deux organisations. On
comprend mieux également pourquoi le juge dinstruction met tant dinsistance
à entendre le secrétaire général de lUL CGT.
P. R.
Mise en examen de lunion locale CGT
Un coup pour rien !
Philippe Stalin qui annonçait dans un premier temps
quil ne se rendrait pas à la convocation du juge dinstruction mercredi
dernier a changé son fusil dépaule. Il y est bien allé mais na répondu à
aucune question, prétextant quil ne le ferait quen présence de son avocat,
en grève depuis le début de la semaine.
Alors quil nous avait annoncé quil ne se rendrait pas au Palais de
Justice pour répondre à la convocation du juge (lire notre édition de mardi), arguant
du fait que la loi ly autorisait puisquil ne pouvait se faire accompagner de
son avocat, en grève depuis le début de la semaine, Philippe Stalin a finalement pris la
décision de se présenter devant le bureau du juge Le Vaillant de Charny mercredi à 9
heures précises.
En revanche, le secrétaire général de lunion locale CGT a refusé de
répondre aux questions qui lui étaient posées. «Je me suis contenté de dire que je ne
répondrais quen présence de mon avocat,» révélait-il à la sortie dune
audition qui naura duré que cinq minutes en tout et pour tout.
«Jai finalement décidé de me rendre à la convocation après que le
juge se soit manifesté auprès de mon avocat pour lui signifer que jencourais des
poursuites si toutefois je ny allais pas. Il pouvait menvoyer la force
publique et minfliger des amendes. Or, la CGT na pas dargent à perdre
ainsi, cest pourquoi jai obéi et me suis présenté à la convocation...»
Pour une audition purement formelle puisque Philippe Stalin na pas répondu aux
questions.
Un coup pour rien donc qui aura cependant permis au juge dinstruction de
réaffirmer son autorité en faisant se déplacer Philippe Stalin qui initialement ne le
souhaitait pas compte-tenu du mouvement de grève des avocats, et lavait
dailleurs signifié par écrit quelques jours auparavant. «Je devrais maintenant
recevoir une nouvelle convocation sans doute pour la semaine prochaine» fait remarquer le
représentant de lUL CGT. Suite au prochain épisode...
P. R. |